La demande audacieuse d'une mère

Dans Matthieu 20.20-22, nous lisons une demande sincère mais mal orientée faite par la mère de Jacques et Jean, les fils de Zébédée. S'inclinant devant Jésus, elle demanda que ses fils soient assis à sa droite et à sa gauche dans son royaume – des positions de la plus haute honneur. Cet acte apparemment audacieux ouvre une fenêtre sur l'interaction entre les normes culturelles, l'ambition familiale et la méprise spirituelle.
D'un point de vue culturel, son action n'est pas entièrement inappropriée. Dans la société d'honneur et de honte de la Judée du premier siècle, il était courant que les membres de la famille – en particulier les mères – cherchent à faire avancer leurs enfants. Plaider en faveur de ses fils était souvent considéré comme une démonstration d'amour et de loyauté. De plus, il est possible que cette femme, traditionnellement identifiée comme Salomé, fût un parent de Jésus et ait pu penser que ses liens familiaux justifiaient sa demande.
Cependant, sa demande reflète aussi une méprise sur la mission de Jésus. Malgré sa révérence et sa foi en son règne à venir, elle, comme beaucoup d'autres, supposait que Jésus établirait bientôt un royaume politique. Ses fils avaient tout quitté pour le suivre, et peut-être croyait-elle qu'ils méritaient une place importante lorsque ce royaume viendrait. Pourtant, elle n'a pas compris que le chemin vers la gloire de Jésus passait par la souffrance et la croix, et non par le statut et l'exaltation.
D'un point de vue disciplinaire, la demande révèle à la fois la foi et l'ambition. D'une part, elle démontre une croyance en la royauté de Jésus. D'autre part, elle révèle un état d'esprit mondain – qui cherchait la grandeur par la proximité du pouvoir plutôt que par l'humilité et le service. La réponse de Jésus fut douce mais pénétrante : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. » Il déplaça l'attention des positions d'honneur vers une volonté de souffrir : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »
Il est intéressant de noter que l'Évangile de Marc montre Jacques et Jean eux-mêmes faisant cette demande, ce qui suggère que leur mère n'était peut-être que la porte-parole de leur ambition commune. Jésus s'adresse finalement directement aux deux frères, indiquant que leur désir n'était pas seulement un rêve de leur mère, mais aussi le leur.
Qu'en est-il de Zébédée, leur père ? Dans une société patriarcale, il pourrait sembler étrange que ce ne soit pas lui qui plaide leur cause. Mais les Écritures ne donnent aucune indication que Zébédée était un disciple. Il est resté en arrière, gérant l'entreprise de pêche, tandis que sa femme suivait Jésus et soutenait son ministère (voir Matthieu 27.56 ; Marc 15.40). C'est peut-être sa proximité spirituelle avec Jésus qui l'a encouragée à parler, même si sa compréhension était incomplète.
En fin de compte, Jésus ne les a ni réprimandés ni humiliés. Il les a redirigés. Il a enseigné que la grandeur dans Son royaume ne s'obtient pas par favoritisme ou liens familiaux, mais par la souffrance, l'humilité et le service.
- Que révèle ce passage sur la tendance humaine à rechercher un statut, même dans un contexte spirituel ?
- Comment la réponse de Jésus aide-t-elle à remodeler notre compréhension du leadership et de l'honneur dans le Royaume de Dieu ?
- Quel rôle la foi et l'incompréhension jouent-elles souvent ensemble dans notre cheminement de disciple ?
- ChatGPT (OpenAI)
- L'Évangile selon Matthieu, R.T. France, Commentaire NICNT
- Le Commentaire sur le contexte biblique IVP : Nouveau Testament, Craig Keener
- Matthieu : Un commentaire, Frederick Dale Bruner

