Aidez-nous à continuer de produire plus de contenu biblique. Supporter
Après avoir réuni ses femmes et ses enfants et avoir quitté Laban, Jacob fait face à la confrontation dangereuse avec son frère Ésaü qui avait juré de le tuer à cause de sa tromperie sur la question de la bénédiction d'Isaac.
12 minutes de lecture
Langues

Dans la leçon précédente j'ai décrit l'épisode où Jacob a quitté le foyer de son beau-père pour retourner chez lui. Il était arrivé chez Laban après s'être enfui de son frère Ésaü qui avait menacé de le tuer.

Laban l'avait manipulé et triché pendant vingt ans. Maintenant il se sauvait de cette situation avec ses femmes et ses enfants pour retourner vers une situation incertaine.

Il a fait face à Laban qui avait été averti par Dieu de ne pas lui faire de mal, et il l'a confronté concernant le passé. Ils ont fait une alliance de paix et Laban est retourné chez lui sans faire de mal à Jacob.

Maintenant Jacob doit faire face à son pire ennemi, son frère Ésaü alors qu'il retourne à la Terre Promise. Il retourne parce que Dieu le lui a dit, et non par nostalgie ni mal du pays. Retourner signifiait risquer la mort.

La protection de Dieu Lui est révélée – 32:1-2

1Jacob poursuivit son chemin; et des anges de Dieu le rencontrèrent. 2En les voyant, Jacob dit: C'est le camp de Dieu! Et il donna à ce lieu le nom de Mahanaïm.

Jacob est seul et plutôt impuissant avec son petit groupe de femmes et d'enfants. Sa foi est démontrée par son obéissance en retournant chez lui. Il s'agit de la Terre Promise, son héritage, mais à quoi cela servirait-il s'ils étaient tous tués?

Dieu ouvre les yeux de son coeur et lui fait voir deux anges (Mahanaïm signifie "deux hôtes") qui sont là pour le protéger. Il en tire courage pour le voyage une fois qu'il voit, littéralement, ceux qui voyagent avec lui.

Son nouveau courage lui aide à agir non pas avec bravade ou fierté mais plutôt avec humilité et douceur (ceux qui sont forts peuvent se permettre d'être doux).

Jacob se prépare à rencontrer Ésaü – v. 3-23

3Jacob envoya devant lui des messagers à Ésaü, son frère, au pays de Séir, dans le territoire d'Édom. 4Il leur donna cet ordre: Voici ce que vous direz à mon seigneur Ésaü: Ainsi parle ton serviteur Jacob: J'ai séjourné chez Laban, et j'y suis resté jusqu'à présent; 5j'ai des boeufs, des ânes, des brebis, des serviteurs et des servantes, et j'envoie l'annoncer à mon seigneur, pour trouver grâce à tes yeux.

6Les messagers revinrent auprès de Jacob, en disant: Nous sommes allés vers ton frère Ésaü; et il marche à ta rencontre, avec quatre cents hommes.7Jacob fut très effrayé, et saisi d'angoisse. Il partagea en deux camps les gens qui étaient avec lui, les brebis, les boeufs et les chameaux;

Jacob ne sait pas à quoi s'attendre alors il envoie des messagers devant lui à l'avance de leur rencontre. Pour éviter qu'Ésaü ne se sente menacé en pensant que Jacob voudrait forcer un avantage politique à cause de la bénédiction reçue, Jacob envoie ses serviteurs s'adresser à lui en l'appelant "mon seigneur Ésaü".

I veut aussi le réassurer qu'il a ses propres richesses et qu'il n'a aucun besoin ni aucun désir de prendre ce qui appartient à Ésaü. Il lui accorde le respect d'un frère aîné et d'un chef de la région en prenant une position inférieure. Les serviteurs le trouvent plus tôt qu'ils ne le pensaient. Ésaü savait que la caravane de Jacob se dirigeait vers lui et il marchait déjà à sa rencontre. Il a entendu les serviteurs mais il n'a peut-être pas confiance en son frère.

Jacob vacille dans sa foi et établit une tactique: il divise la caravane dans l'espoir qu'une partie de celle-ci s'en sorte. Aux versets 9 à 12, Jacob fait appel à Dieu pour lui aider dans une situation qui lui semble impossible.

  1. Il ne peut retourner chez Laban.
  2. Il ne peut demeurer là où il se trouve.
  3. Continuer vers Ésaü peut signifier sa mort.

On note les éléments contenus dans la prière d'un homme désespéré: il fait appel au vrai Dieu.

  • ÉLOHIM = Dieu tout-puissant
  • JÉHOVAH = Dieu fidèle à Ses promesses

Il revise la promesse de Dieu de le protéger.

10Je suis trop petit pour toutes les grâces et pour toute la fidélité dont tu as usé envers ton serviteur; car j'ai passé ce Jourdain avec mon bâton, et maintenant je forme deux camps.

Il reconnaît sa propre situation, c'est à dire qu'il a reçu la bénédiction et la protection à cause de la bonté de Dieu et non par son travail ni sa valeur personnelle.

11Délivre-moi, je te prie, de la main de mon frère, de la main d'Ésaü! car je crains qu'il ne vienne, et qu'il ne me frappe, avec la mère et les enfants.

Il demande spécifiquement la sécurité et la protection.

12Et toi, tu as dit: Je te ferai du bien, et je rendrai ta postérité comme le sable de la mer, si abondant qu'on ne saurait le compter.

Ce verset résume l'idée que la protection de Dieu est nécessaire pour que la promesse soit accomplie.

(V. 13-23) Après sa prière, Jacob entreprend de démontrer concrètement les intentions de son coeur. Il désire la paix et la réconciliation, et la meilleure manière de le montrer est en envoyant un présent à son frère.

Il divise en cinq parts une grande portion de ses animaux. Les serviteurs doivent marcher à l'arrière de chaque troupeau. À mesure qu'Ésaü approchera, il rencontrera une vague d'animaux après l'autre et les serviteurs avec des messages de réconciliation et de bonne volonté.

Jacob est certain que Dieu le protégera mais il exemplifie ainsi l'esprit gracieux de Dieu dans son attitude envers son frère. Certains disent qu'il s'agit d'un pot-de-vin, mais un pot-de-vin est offert quand aucun autre moyen d'entente n'est disponible. Jacob a vu les deux anges; il offre un cadeau pour essayer de regagner son frère dans l'esprit du Christ.

Jacob lutte avec Dieu – v. 24-32

Établissons le contexte pour cette scène. Jacob a envoyé ses serviteurs et ses troupeaux à l'avance. Il a mis ses femmes et ses enfants de l'autre côté de la rivière en préparation à la rencontre avec Ésaü le jour suivant. Il demeure seul avec ses craintes, ses doutes et ses prières. Ce passage décrit sa lutte ou son conflit dans sa prière à Dieu alors qu'il pèse deux forces opposées: la promesse de Dieu de le protéger et de le bénir et l'apparition de son frère qui a juré de le tuer.

24Jacob demeura seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore.

Il est regrettable que «la lutte» évoque aujourd'hui une image du sport ou du show business. Ici, lutter signifie se débattre et en contexte, s'accrocher. Jacob s'accroche à Dieu qui lui apparaît comme un homme.

  • Il ne semble pas s'agir d'un ange parce que Jacob dit: "J'ai vu Dieu face à face" (v. 30).
  • Dieu est apparu, par le passé, comme un homme à Abraham quand Il est venu accompagné de deux anges.
  • Plus tôt Jacob a vu les deux anges (32.1) et maintenant il se débat, il s'accroche et il lutte avec le Seigneur sous la forme d'un homme.

Le fait est qu'il prie pour la délivrance et qu'il s'accroche à Dieu jusqu'à ce qu'il soit sûr que Dieu le délivrera (Osée 12: 3-5).

25Voyant qu'il ne pouvait le vaincre, cet homme le frappa à l'emboîture de la hanche; et l'emboîture de la hanche de Jacob se démit pendant qu'il luttait avec lui.

Jacob n'était pas plus fort mais il s'est accroché à Dieu si fortement en prière que Dieu l'exauce. Son infirmité n'était pas une punition. C'était un signe de son expérience ainsi qu'une démonstration du pouvoir de Dieu. Dieu l'a laissé s'accrocher mais Il était plus puissant.

26Il dit: Laisse-moi aller, car l'aurore se lève. Et Jacob répondit: Je ne te laisserai point aller, que tu ne m'aies béni. 27Il lui dit: Quel est ton nom? Et il répondit: Jacob. 28Il dit encore: ton nom ne sera plus Jacob, mais tu seras appelé Israël; car tu as lutté avec Dieu et avec des hommes, et tu as été vainqueur. 29Jacob l'interrogea, en disant: Fais-moi je te prie, connaître ton nom. Il répondit: Pourquoi demandes-tu mon nom? Et il le bénit là. 30Jacob appela ce lieu du nom de Peniel: car, dit-il, j'ai vu Dieu face à face, et mon âme a été sauvée.

Jacob veut la bénédiction ainsi que l'assurance que Dieu le délivrera et lui accordera ce qu'Il a promis. Pour montrer qu'il l'a reçu, son nom est changé de Jacob (le supplanteur) à Israël (celui qui l'emporte, qui a l'avantage). Israël signifie différentes choses dépendant de la partie du mot qui est accentuée:

  • Un prince avec Dieu
  • Celui qui se bat victorieusement avec Dieu
  • En tant que prince, tu as le pouvoir.

Jacob demande le nom de l'homme mais celui-ci lui demande pourquoi il le demande, il devrait déjà savoir. Il nomme le lieu Peniel qui signifie "la face de Dieu"; cela démontre qu'il savait avec qui il luttait.

31Le soleil se levait, lorsqu'il passa Peniel. Jacob boitait de la hanche. 32C'est pourquoi jusqu'à ce jour, les enfants d'Israël ne mangent point le tendon qui est à l'emboîture de la hanche; car Dieu frappa Jacob à l'emboîture de la hanche, au tendon.

Il est maintenant prêt (bien qu'il soit en fait affaibli par son infirmité) à rencontrer son frère. Une tradition est aussi mentionnée, tradition commencée par les Juifs pour honorer Jacob dans leurs coutumes alimentaires.

La rencontre de Jacob et d'Ésaü – 33:1-20

1Jacob leva les yeux, et regarda; et voici, Ésaü arrivait, avec quatre cents hommes. Il répartit les enfants entre Léa, Rachel, et les deux servantes. 2Il plaça en tête les servantes avec leurs enfants, puis Léa avec ses enfants, et enfin Rachel avec Joseph. 3Lui-même passa devant eux; et il se prosterna en terre sept fois, jusqu'à ce qu'il fût près de son frère.

4
Ésaü courut à sa rencontre; il l'embrassa, se jeta à son cou, et le baisa. Et ils pleurèrent.
5Ésaü, levant les yeux, vit les femmes et les enfants, et il dit: Qui sont ceux que tu as là? Et Jacob répondit: Ce sont les enfants que Dieu a accordés à ton serviteur. 6Les servantes s'approchèrent, elles et leurs enfants, et se prosternèrent; 7Léa et ses enfants s'approchèrent aussi, et se prosternèrent; ensuite Joseph et Rachel s'approchèrent, et se prosternèrent.

À la levée du jour, Jacob voit à distance Ésaü s'approcher d'eux. Il place sa famille en ordre d'importance et de favoritisme personnel avec les servantes et leurs enfants en premier, et Rachel et Joseph en dernier.

C'était la coutume de se prosterner sept fois en s'approchant d'un roi. Jacob le fait pour montrer du respect à Ésaü qui est le chef local. Sa vision spirituelle est telle qu'il sait faire la différence entre la signification spirituelle des promesses et les circonstances immédiates dans lesquelles il se trouve. Il en sait la différence et il l'accepte. Il est l'héritier légitime, celui qui possède la bénédiction, celui qui a lutté avec Dieu, mais pour l'instant il est le frère plus jeune qui revient à la maison pour faire face à son frère aîné qui est le chef local.

La protection de Dieu est démontrée non pas par une puissante victoire militaire mais par le coeur tendre d'Ésaü qui, à sa vue, l'accueille avec joie et amour. Jacob lui présente sa famille et les frères sont réunis.

8Ésaü dit: A quoi destines-tu tout ce camp que j'ai rencontré? Et Jacob répondit: A trouver grâce aux yeux de mon seigneur. 9Ésaü dit: Je suis dans l'abondance, mon frère; garde ce qui est à toi. 10Et Jacob répondit: Non, je te prie, si j'ai trouvé grâce à tes yeux, accepte de ma main mon présent; car c'est pour cela que j'ai regardé ta face comme on regarde la face de Dieu, et tu m'as accueilli favorablement. 11Accepte donc mon présent qui t'a été offert, puisque Dieu m'a comblé de grâces, et que je ne manque de rien. Il insista auprès de lui, et Ésaü accepta.

On voit la confirmation finale de leur réconciliation quand Ésaü accepte les présents de Jacob. Selon la coutume, le fait d'accepter un présent démontrait un vrai signe de paix.

Dans la langue hébraïque Ésaü dit "je suis dans l'abondance" et Jacob répond "Dieu m'a comblé de grâces, et je ne manque de rien", en reconnaissant ainsi Dieu comme la source de ses bienfaits. Dieu avait travaillé dans leurs coeurs à tous les deux pour les rendre gracieux l'un envers l'autre et pour protéger ainsi la promesse que la famille de Jacob devait perpétuer.

12Ésaü dit: Partons, mettons-nous en route; j'irai devant toi. 13Jacob lui répondit: Mon seigneur sait que les enfants sont délicats, et que j'ai des brebis et des vaches qui allaitent; si l'on forçait leur marche un seul jour, tout le troupeau périrait. 14Que mon seigneur prenne les devants sur son serviteur; et moi, je suivrai lentement, au pas du troupeau qui me précédera, et au pas des enfants, jusqu'à ce que j'arrive chez mon seigneur, à Séir.

15
Ésaü dit: Je veux au moins laisser avec toi une partie de mes gens. Et Jacob répondit: Pourquoi cela? Que je trouve seulement grâce aux yeux de mon seigneur!
16Le même jour, Ésaü reprit le chemin de Séir. 17Jacob partit pour Succoth. Il bâtit une maison pour lui, et il fit des cabanes pour ses troupeaux. C'est pourquoi l'on a appelé ce lieu de nom de Succoth.

Maintenant que la réconciliation est complète, Ésaü offre de terminer le voyage avec eux pour aider et protéger la famille.

Jacob décline son offre pour plusieurs raisons:

  1. Les hommes armés deviendraient impatients de la lenteur des femmes, des enfants et des animaux du groupe de Jacob.
  2. Jacob ne veut probablement pas commencer à vivre en association avec Ésaü qui avait des valeurs et un style de vie différents.
  3. Il est convaincu que maintenant qu'Ésaü n'est plus une menace, il n'aura plus à faire face à d'autres dangers. Il est pleinement confiant dans la protection de Dieu.

Il voyage lentement et bâtit un camp semi-permanent à Succoth, des cabanes pour ses troupeaux.

18A son retour de Paddan Aram, Jacob arriva heureusement à la ville de Sichem, dans le pays de Canaan, et il campa devant la ville. 19Il acheta la portion du champ où il avait dressé sa tente, des fils d'Hamor, père de Sichem, pour cent kesita. 20Et là, il éleva un autel, qu'il appela El Élohé Israël.

Le chapitre se termine avec l'arrivée de Jacob dans le pays de Canaan, la terre qui, selon la promesse appartiendra un jour à son peuple. Il achète une portion de terre d'un chef cananéen local.

  • Le lieu même où Abram était d'abord entré il y a longtemps (Genèse 12.6).
  • L'endroit où son fils Joseph sera enterré longtemps après (Josué 24.32).

Il y construit aussi un autel et utilise son nouveau nom pour la première fois en appelant l'autel "El Élohé Israël" (Dieu est le Dieu d'Israël). Il s'agit d'une étape symbolique que dans un pays d'idolâtrie, Jacob établit le premier endroit où la terre et l'autel appartiennent aux croyants du vrai Dieu.

Leçons

1. Si Dieu est avec nous, qui peut être contre nous?

Jacob a appris par expérience que peu importe pour combien de temps ou comment forts ils étaient, ses ennemis ne pouvaient pas prévaloir contre lui parce qu'il était un fils de Dieu. Notre bouclier est la foi, notre force une vie juste et notre arme est la Parole de Dieu.

Dans l'univers de Jacob ou dans notre monde moderne, ceux qui sont du côté de Dieu n'ont rien à craindre parce que comme Jésus l'a dit, une fois qu'ils ont pris notre corps, ils ne peuvent rien de plus. Nos ennemis devraient cependant craindre Dieu qui peut détruire le corps et l'âme.

2. Prier de tout notre cœur, travailler de toutes nos forces

On ne peut substituer la foi au travail. La foi est la croyance que Dieu est fidèle à Sa Parole, mais rien dans Sa Parole ne suggère que la foi peut être substituée à l'effort honnête, au courage, et à la persévérance. Jacob croyait mais il a travaillé ving ans pour son beau-père et offert des présents pour apaiser son frère.

Notre esprit requiert que nous prions comme si tout dépendait de Dieu; notre nature humaine requiert que nous travaillions comme si tout dépendait de nous.

La combinaison des deux produit une âme qui honore Dieu à travers une foi démontrée dans un effort honnête, et non pas seulement en paroles.

3. Quand je suis faible, je suis fort

  • Il a fallu que Jacob perde même sa force physique.
  • Gédéon en a été réduit à se battre contre une armée de milliers avec seulement 300 hommes.
  • Paul a eu une épine dans la chair.
  • Jésus S'est laissé être moqué et tué.

La force de Dieu et notre foi sont parfois mieux montrés quand nous perdons notre gloire, quand il est évident que ce qui est accompli est au-delà de notre force et de notre capacité. Nous devenons forts, comme témoins du Christ, quand c'est clairement Sa force qui opère dans nos vies. Nous abandonnons alors notre orgueil et nous sommes vraiment forts.