La sincérité ne suffit pas

Lorsque Pierre commence à prêcher à Corneille et à sa maison, il déclare : « En vérité, je reconnais que Dieu ne fait point acception de personnes, mais qu'en toute nation celui qui le craint et pratique la justice lui est agréable » (Actes 10.34-35). Ce texte a souvent été sorti de son contexte pour soutenir l'idée que Dieu accepte universellement tous ceux qui sont sincères dans leur religion, indépendamment de leur réponse à l'évangile.
Une telle interprétation, cependant, méconnaît à la fois le contexte du passage et le déroulement du sermon de Pierre.
Le contexte de Corneille
Corneille était déjà un homme pieux qui craignait Dieu, faisait des aumônes généreusement et priait continuellement (Actes 10.2). Pourtant, malgré sa dévotion, Dieu envoya Pierre vers lui avec un message qui compléterait sa foi et lui apporterait le salut (Actes 11.14). Si la sincérité seule avait suffi, il n'y aurait pas eu besoin de l'apparition d'un ange, de la vision de Pierre, ni de la prédication de l'évangile.
La signification de la déclaration de Pierre
La déclaration de Pierre dans Actes 10.34-35 n'annonce pas le salut universel. Au contraire, elle corrige l'hypothèse antérieure de Pierre selon laquelle l'évangile était réservé aux Juifs. Ce qu'il a appris à travers sa vision des animaux purs et impurs (Actes 10.9-16) est que Dieu n'exclut pas les Gentils d'entendre et de répondre à l'évangile. Ceux qui « le craignent et pratiquent la justice » sont accueillis – c'est-à-dire invités – à recevoir le message de l'évangile, quelle que soit leur nationalité.
Le suivi immédiat
Il est important de noter que Pierre ne s'arrête pas à l'affirmation de l'impartialité de Dieu. Il proclame immédiatement l'Évangile : « La parole qu'il a envoyée aux fils d'Israël, leur annonçant la paix par Jésus-Christ (il est Seigneur de tous) » (Actes 10.36). L'accueil du Seigneur n'est pas une fin en soi – c'est l'ouverture de la porte pour entendre et obéir à la bonne nouvelle de Jésus. Corneille et sa maison en témoignent lorsqu'ils reçoivent volontiers le message et sont baptisés au nom du Christ (Actes 10.47-48).
Conclusion
Utiliser Actes 10.34-35 comme un texte de preuve pour le pluralisme religieux ou l'acceptation universelle, c'est ignorer le but même du sermon de Pierre : que Jésus-Christ est Seigneur de tous, et que le salut vient par Lui seul. Le passage enseigne l'impartialité de Dieu dans l'annonce de l'Évangile – non la suffisance de la sincérité humaine en dehors de celui-ci.
- Pourquoi la dévotion de Corneille à Dieu n'était-elle pas suffisante pour le salut sans l'Évangile ?
- Comment la déclaration de Pierre dans Actes 10:34-35 affirme-t-elle l'impartialité de Dieu sans enseigner le salut universel ?
- Quelles leçons pouvons-nous tirer de la conversion de Corneille concernant le rôle de la sincérité et de l'obéissance à l'Évangile ?
- ChatGPT, discussion avec M. Mazzalongo, 1er octobre 2025, concernant Actes 10:34-36.
- Everett Ferguson, L’Église du Christ : Une ecclésiologie biblique pour aujourd’hui, Eerdmans, 1996.
- F.F. Bruce, Le Livre des Actes, NICNT, Eerdmans, 1988.
- Kistemaker, Simon J., Exposition des Actes des Apôtres, Baker Academic, 1990.

