Le début de la fin

Thu. October 23
Cette leçon commence l'histoire de Joseph, le fils que Jacob a eu avec Rachel, qui deviendra le pont pour le voyage de la famille et son installation en Égypte pendant 400 ans.
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Au chapitre précédent, nous avons examiné l'incident où Dina a été violée et les événements qui ont suivi alors que les fils de Jacob ont tué les habitants du village où cela s'était passé. Tout cela amène Jacob et sa famille à quitter cette région et à retourner au pays où Isaac, le père de Jacob (maintenant Israël), vit. Il est temps pour eux de se purifier et de retourner au foyer ancestral.

Nous avons aussi regardé brièvement le linéage d'Ésaü et terminé avec la mort d'Isaac et son enterrement par ses fils Ésaü et Jacob qui sont réconciliés.

La section suivante commence avec l'histoire de Joseph, l'avant-dernier fils de Jacob par Rachel, et transitionne à leur voyage en Égypte où le livre de la Genèse se termine.

Un nouvel auteur – 37.1-2a

1Jacob demeura dans le pays de Canaan, où avait séjourné son père. 2aVoici la postérité de Jacob.

Au premier verset, un nouvel auteur, probablement Joseph, entreprend la suite de l'histoire avec les commentaires éditoriaux de Moïse (qui connaissait ces événements).

La première chose qu'il mentionne est que, tout comme son père et son grand-père avant lui, Jacob n'a pas vu l'accomplissement de la promesse et qu'il a vécu en étranger dans le pays qui appartiendra éventuellement à ses descendants.

Les songes de Joseph – v. 2b-11

2bJoseph, âgé de dix-sept ans, faisait paître le troupeau avec ses frères; cet enfant était auprès des fils de Bilha et des fils de Zilpa, femmes de son père. Et Joseph rapportait à leur père leurs mauvais propos. 3Israël aimait Joseph plus que tous ses autres fils, parce qu'il l'avait eu dans sa vieillesse; et il lui fit une tunique de plusieurs couleurs. 4Ses frères virent que leur père l'aimait plus qu'eux tous, et ils le prirent en haine. Ils ne pouvaient lui parler avec amitié.

Joseph était le premier-né de Rachel (la préférée de Jacob) alors que Jacob était déjà avancé en âge.

Jacob favorise cet enfant en lui donnant la charge du troupeau (faire paître le troupeau signifie non seulement lui donner de la nourriture, mais aussi en être responsable). En signe de son autorité et de sa faveur, Jacob fait pour Joseph une tunique spéciale. Le mot hébreu utilisé ici peut signifier couleur ou manches longues. D'une manière ou de l'autre, la tunique symbolise qu'il est le favori.

À cause de cela, les frères de Joseph, qui avaient souvent désappointé leur père par leur actions, détestent Joseph au point où leurs sentiments sont exprimés ouvertement et à haute voix.

L'expression "fils de sa vieillesse" peut aussi signifier "fils sage" ce qui suggère que Joseph est intelligent pour son âge (on voit plus tard qu'il était un bon organisateur et administrateur). Nous avons donc un brillant jeune homme qui devient le favori de son père qui lui assigne des responsabilités supplémentaires, et ses frères qui le détestent à cause de cela.

5Joseph eut un songe, et il le raconta à ses frères, qui le haïrent encore davantage. 6Il leur dit: Écoutez donc ce songe que j'ai eu! 7Nous étions à lier des gerbes au milieu des champs; et voici, ma gerbe se leva et se tint debout, et vos gerbes l'entourèrent et se prosternèrent devant elle. 8Ses frères lui dirent: Est-ce que tu régneras sur nous? est-ce que tu nous gouverneras? Et ils le haïrent encore davantage, à cause de ses songes et à cause de ses paroles.

À ce point, le songe peut être simplement le produit d'un esprit trop ambitieux. On apprend plus tard qu'il venait de Dieu et qu'il est accompli en Égypte. Pour le moment, Joseph l'utilise ainsi que sa signification pour s'élever au-dessus de ses frères aînés et tenter de gagner leur respect, ce qui produit évidemment l'effet contraire. Ils le détestent encore plus à cause de ses paroles.

9Il eut encore un autre songe, et il le raconta à ses frères. Il dit: J'ai eu encore un songe! Et voici, le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. 10Il le raconta à son père et à ses frères. Son père le réprimanda, et lui dit: Que signifie ce songe que tu as eu? Faut-il que nous venions, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner en terre devant toi? 11Ses frères eurent de l'envie contre lui, mais son père garda le souvenir de ces choses.

Le songe suivant est semblable au premier mais cette fois la famille complète en fait partie, y compris son père et sa mère. Jacob, qui avait connu Dieu plus intimement que quiconque de sa génération, réprimande Joseph pour suggérer que lui et les autres se prosterneraient devant lui. Au verset suivant il semble que Jacob en considère la possibilité:

  • Dans ces temps-là Dieu travaillait à travers les songes.
  • Joseph est plus jeune et Dieu l'a choisi plutôt que ses frères aînés.
  • Joseph est de toute évidence plus spirituel et vu qu'il est son favori, Jacob aimerait le voir béni par Dieu.

Les frères avaient peut-être vu un changement dans l'attitude de Jacob: non seulement le détestent-ils mais ils commencent aussi à l'envier. C'est peut-être parce qu'ils soupçonnent que ce qu'il a rêvé est vrai et que Dieu le bénira plus qu'eux de quelque manière.

Joseph en esclavage – v. 12-36

12Les frères de Joseph étant allés à Sichem, pour faire paître le troupeau de leur père, 13Israël dit à Joseph: Tes frères ne font-ils pas paître le troupeau à Sichem? Viens, je veux t'envoyer vers eux. Et il répondit: Me voici! 14Israël lui dit: Va, je te prie, et vois si tes frères sont en bonne santé et si le troupeau est en bon état; et tu m'en rapporteras des nouvelles. Il l'envoya ainsi de la vallée d'Hébron; et Joseph alla à Sichem.

Pour une raison quelconque, les frères retournent à Sichem pour faire paître leur troupeau, l'endroit où certains d'entre eux avaient massacré la ville pour se venger du viol de Dina. Jacob est inquiet à leur sujet parce qu'ils sont en territoire hostile alors il envoie Joseph pour voir si tout va bien.

15Un homme le rencontra, comme il errait dans les champs. Il le questionna, en disant: Que cherches-tu? 16Joseph répondit: Je cherche mes frères; dis-moi, je te prie, où ils font paître leur troupeau. 17Et l'homme dit: Ils sont partis d'ici; car je les ai entendus dire: Allons à Dothan. Joseph alla après ses frères, et il les trouva à Dothan.

Joseph ne les trouve pas à Sichem mais il apprend qu'ils ont parcouru une trentaine de kilomètres vers le nord jusqu'à un endroit appelé Dotham. Ils étaient de mauvaise humeur et ne voulaient pas être chez eux alors ils ont continué vers une pâturage plus loin. Le nom Dotham signifie "deux citernes" ou "deux puits". Il s'agissait d'une région qui avait une bonne réserve d'eau. Apparemment une des citernes était à sec: c'est là qu'ils ont éventuellement jeté Joseph.

18Ils le virent de loin; et, avant qu'il fût près d'eux, ils complotèrent de le faire mourir. 19Ils se dirent l'un à l'autre: Voici le faiseur de songes qui arrive. 20Venez maintenant, tuons-le, et jetons-le dans une des citernes; nous dirons qu'une bête féroce l'a dévoré, et nous verrons ce que deviendront ses songes. 21Ruben entendit cela, et il le délivra de leurs mains. Il dit: Ne lui ôtons pas la vie. 22Ruben leur dit: Ne répandez point de sang; jetez-le dans cette citerne qui est au désert, et ne mettez pas la main sur lui. Il avait dessein de le délivrer de leurs mains pour le faire retourner vers son père.

Le péché n'a pas d'âge ni de culture. Cette scène a lieu il y a au moins 4 000 ans. L'arrogance d'un frère plus jeune crée la jalousie, le ressentiment et la haine dans le coeur de ses frères. Cette haine devient éventuellement une intention de meurtre. Jésus a dit que si l'on nourri la haine dans le coeur, on est déjà coupable devant Dieu d'avoir assassiné notre frère, parce que la première mène naturellement à l'autre si elle n'est pas contrôlée.

Ils ne veulent pas verser son sang à cause de l'avertissement de Dieu contre le sang versé. Ils savent que s'ils le font, Dieu l'exigera d'eux. On note ici leur attitude légaliste en pensant que leur manière de le tuer leur permettrait de contourner le commandement de Dieu. La rationalisation et le déni existaient aussi en ce temps-là.

Il est intéressant que Ruben, qui avait si mal agi avec la concubine de son père, fasse maintenant preuve de leadership en essayant de sauver son frère. Il a beaucoup à gagner par la mort de Joseph parce qu'elle garantit sa position. Il n'est cependant pas violent comme Siméon et Lévi.

Ils décident donc de le jeter dans une des citernes vides où il mourra de faim (Ruben pense bien sûr qu'il pourra revenir le sauver).

23Lorsque Joseph fut arrivé auprès de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique, de la tunique de plusieurs couleurs, qu'il avait sur lui. 24Ils le prirent, et le jetèrent dans la citerne. Cette citerne était vide; il n'y avait point d'eau.

25
Ils s'assirent ensuite pour manger. Ayant levé les yeux, ils virent une caravane d'Ismaélites venant de Galaad; leurs chameaux étaient chargés d'aromates, de baume et de myrrhe, qu'ils transportaient en Égypte.
26Alors Juda dit à ses frères: Que gagnerons-nous à tuer notre frère et à cacher son sang? 27Venez, vendons-le aux Ismaélites, et ne mettons pas la main sur lui, car il est notre frère, notre chair. Et ses frères l'écoutèrent. 28Au passage des marchands madianites, ils tirèrent et firent remonter Joseph hors de la citerne; et ils le vendirent pour vingt sicles d'argent aux Ismaélites, qui l'emmenèrent en Égypte.

Il semble que Ruben est absent pendant que les frères discutent de la situation de Joseph. Une caravane passe près d'eux et maintenant Juda, le quatrième plus vieux, propose un plan qui résout plusieurs problèmes d'un seul coup: vendre Joseph comme esclave à la caravane qui s'en va en Égypte:

  • Ils évitent ainsi de le tuer et d'avoir son sang sur eux.
  • Personne ne pourra le réchapper de la citerne.
  • Ils sont débarrassés de son influence et de sa présence dans la famille.
  • Ils en profitent aussi monétairement.

Ruben n'est pas là, Siméon et Lévi sont des hommes violents, et il en revient à Juda de plaider pour la vie de Joseph. Il ne peut pas s'opposer aux autres par la force alors il conçoit un meilleur plan dans les circonstances actuelles.

Plus tard, en Genèse 42.21, on lit que pendant que tout cela se passait, Joseph suppliait ses frères avec angoisse. Il a 17 ans et ses frères veulent le tuer, le laisser mourir de faim ou le vendre comme esclave et il ne reverra sans doute jamais son pays.

Ils le vendent finalement pour vingt pièces d'argent.

Plus tard, l'estimation d'un jeune mâle sera fixée à vingt pièces d'argent par les prêtres (Lévitique 27.5) et le prix d'un esclave mâle adulte sera de trente pièces d'argent.

29Ruben revint à la citerne; et voici, Joseph n'était plus dans la citerne. Il déchira ses vêtements, 30retourna vers ses frères, et dit: L'enfant n'y est plus! Et moi, où irai-je? 31Ils prirent alors la tunique de Joseph; et, ayant tué un bouc, ils plongèrent la tunique dans le sang. 32Ils envoyèrent à leur père la tunique de plusieurs couleurs, en lui faisant dire: Voici ce que nous avons trouvé! reconnais si c'est la tunique de ton fils, ou non. 33Jacob la reconnut, et dit: C'est la tunique de mon fils! une bête féroce l'a dévoré! Joseph a été mis en pièces!

Ruben revient pour sauver Joseph et est terriblement affligé quand il voit qu'il est disparu. En tant qu'aîné il est responsable et il ne sait pas quoi dire à son père au sujet de Joseph.

Le plan est de ramener la tunique de Joseph toute tachée de sang et de laisser Jacob en tirer ses propres conclusions. Celui-ci est inquiet et ne les questionne pas, pas même du fait que la tunique n'est pas déchirée ni qu'il n'y a aucun signe du corps.

34Et il déchira ses vêtements, il mit un sac sur ses reins, et il porta longtemps le deuil de son fils. 35Tous ses fils et toutes ses filles vinrent pour le consoler; mais il ne voulut recevoir aucune consolation. Il disait: C'est en pleurant que je descendrai vers mon fils au séjour des morts! Et il pleurait son fils. 36Les Madianites le vendirent en Égypte à Potiphar, officier de Pharaon, chef des gardes.

La réaction de Jacob est un chagrin complet et inconsolable:

  • Il a perdu sa Rachel bien-aimée quelques années plus tôt.
  • Maintenant son fils favori a été tué.
  • Il craint aussi pour la promesse parce que sans Joseph il semble qu'aucun de ses fils ne puisse continuer le leadership spirituel de la famille.

Ses fils et ses filles se sont éventuellement inquiété parce qu'il était inconsolable et qu'il avait l'intention de pleurer jusqu'à sa mort quand il pourra être avec son fils perdu. C'était très hypocrite de leur part considérant ce qu'ils avaient fait.

Joseph est éventuellement vendu à Potiphar. Le terme "officier" est le mot hébreu Saris, qui signifie eunuque. Cela peut expliquer la motivation de sa femme d'avoir plus tard des relations avec Joseph. Potiphar était aussi capitaine de la garde, ce qui impliquait le travail horrible d'être le bourreau officiel du roi.

Le chapitre finit avec Joseph qui commence sa nouvelle vie en Égypte alors que le plan de Dieu commence à se dérouler.

Leçons

1. Être prudent quant à la façon dont nous utilisons nos dons spirituels

Joseph était évidemment un fils favorisé et il avait de nombreux talents. Ses songes démontraient que Dieu voulait l'utiliser de manières spéciales. À cause de son jeune âge toutefois, Joseph a laissé cela lui monter à la tête et il est devenu arrogant plutôt que d'être rendu humble par ses dons.

Il aurait dû prier Dieu pour une plus grande compréhension et pour Sa direction, ou encore rechercher l'avis de son père en privé. Il s'est plutôt vanté et a payé cher pour son orgueil.

Dans le Nouveau Testament nous voyons la même sorte d'attitudes dans l'église de Corinthe où certains jeunes chrétiens sont bénis avec de grands dons spirituels mais les utilisent pour se montrer ou pour rivaliser pour la prééminence dans l'église.

Au sujet de tout don dans l'église nous devons nous rappeler :

  • Romains 12: prêcher, enseigner, servir d'une manière ou d'une autre avec une compétence quelconque, une capacité de leadership, des conseils, de la bienveillance ou la capacité de gagner et de donner de l'argent.

que ces dons, ainsi que les dons miraculeux donnés au premier siècle, étaient donnés avec deux buts précis: honorer et servir Dieu et servir les autres.

Parfois notre prière est que Dieu nous révèle nos dons; parfois c'est de nous aider à trouver une manière de les utiliser. Nos dons ne sont toutefois jamais là pour notre propre gloire ou pour notre propre richesse. Par exemple:

  • Mozart avait le don de génie musical mais il l'a utilisé pour lui-même dans une vie gaspillée.
  • Beethoven avait le même génie mais sur chaque feuille de musique il inscrivait: "À Dieu soit la gloire".

2. Nous avons tous besoin de raffinement

Joseph avait le don de prophétie dans l'habileté d'interpréter les songes mais il a fallu que Dieu travaille sur son caractère avant qu'il puisse Lui être utile. Sa souffrance a raffiné son esprit au point où il a fait confiance à Dieu, s'est humilié et a éventuellement pardonné et aimé ses frères.

Son expérience est semblable à la nôtre. Beaucoup de ce qui nous arrive est utilisé par Dieu pour raffiner et purifier notre caractère, et nous préparer au service sur terre ou à la vie au ciel.

S'il n'y avait pas de Dieu, nous pourrions maudire notre chance pour la maladie ou l'adversité, mais parce qu'il y a un Dieu qui sait tout, qui agit et est en charge, nous pouvons avoir confiance que "toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein." Romains 8.28.

3. Parfois il nous faut défendre le bien

Le problème de Ruben était qu'il était doux. Plutôt que de se trouver une femme, il a pris celle qui était la plus proche, la concubine de son père. Plutôt que de résister à ses frères, d'affirmer son autorité en tant qu'aîné et de dénoncer le mal qu'ils faisaient, il a tenté d'élaborer un plan sournois pour sauver Joseph. Son incapacité à s'affirmer lui a coûté sa bénédiction et la chance de se racheter avec son père en sauvant Joseph.

Négocier et faire des compromis diplomatiques est important et nécessaire, mais parfois, surtout quand il s'agit de ce qui est bien selon Dieu, nous devons tracer la ligne et défendre ce qui est bien. À la maison, à l'église et dans la communauté.

Si le peuple même de Dieu ne le fait pas, qui alors?