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Jésus face à Jérusalem

2e partie

Par Michel Mazzalongo Verset : Luc 12.1-14.6 Publié : Wed. December 13
Maintenant que Jésus s'approche de Jérusalem, il rencontre une forte opposition de la part des pharisiens et des prêtres qui mettent en question ses enseignements et sa légitimité à enseigner.​

Jésus quitte maintenant la région de la Galilée au nord du pays et Se dirige vers Jérusalem. À mesure qu'Il Se rapproche de la ville sainte où se trouvent le temple et les chefs religieux (les prêtres, les scribes, les pharisiens), Il fait face à une forte opposition envers Lui et envers Ses enseignements. On a vu à la fin du chapitre 11 que les dirigeants juifs complotaient activement pour l'attraper dans ce qu'Il dirait (11.53-54). Il les avait dénoncés parce qu'ils Le rejetaient et Le disaient possédé d'un démon.

Au chapitre 12 Jésus répond à l'opposition en prévenant Ses apôtres contre les plans de ces hommes et Il les avertit que d'être Ses disciples serait difficile et dangereux. Il les rassure toutefois avec plusieurs promesses:

  • Leur message sera éventuellement entendu malgré l'opposition à laquelle ils font face (versets 1-3).
  • La puissance avec laquelle ils parlent et dont ils témoignent est plus grande que celle qui les oppose (versets 4-5).
  • Dieu les considère précieux même si le monde les rejette (versets 6-7).
  • La foi au Christ est le facteur déterminant dans le jugement devant Dieu et non pas le pouvoir ou la position ici-bas (versets 8-9).
  • Ceux qui rejettent la parole de Dieu en disant que Jésus et Sa parole viennent de Satan ne peuvent être pardonnés parce qu'ils rejettent et blasphèment le Seul qui peut les sauver (verset 10).
  • Dieu leur donnera la sagesse nécessaire pour proclamer et défendre leur foi quand ils seront persécutés (versets 11-12).

À ce point, quelqu'un dans la foule interrompt Jésus et Il change la direction de Ses avertissements contre les pharisiens, en avertissements contre les dangers présents dans le monde, qui ne menacent pas seulement leur ministère mais aussi leurs âmes.

La parabole de l'homme riche – Luc 12.13-21

13Quelqu'un dit à Jésus, du milieu de la foule: Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. 14 Jésus lui répondit: O homme, qui m'a établi pour être votre juge, ou pour faire vos partages? 15 Puis il leur dit: Gardez-vous avec soin de toute avarice; car la vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l'abondance.

La question laisse entendre qu'il y a une dispute dans cette famille au sujet de l'argent et celui qui interrompt Jésus veut qu'Il lui serve de médiateur. Le Seigneur refuse de S'impliquer parce qu'Il n'est pas un des juges appointé pour ces problèmes légaux. Il utilise toutefois l'incident pour enseigner à la foule au sujet de l'avarice (qui est l'attachement excessif aux richesses et le désir de les accumuler), ce qui était probablement la cause première du problème en question.

Sa leçon est intégrée dans une parabole.

16 Et il leur dit cette parabole: Les terres d'un homme riche avaient beaucoup rapporté. 17 Et il raisonnait en lui-même, disant: Que ferai-je? car je n'ai pas de place pour serrer ma récolte. 18 Voici, dit-il, ce que je ferai: j'abattrai mes greniers, j'en bâtirai de plus grands, j'y amasserai toute ma récolte et tous mes biens; 19 et je dirai à mon âme: Mon âme, tu as beaucoup de biens en réserve pour plusieurs années; repose-toi, mange, bois, et réjouis-toi. 20 Mais Dieu lui dit: Insensé! cette nuit même ton âme te sera redemandée; et ce que tu as préparé, pour qui cela sera-t-il? 21 Il en est ainsi de celui qui amasse des trésors pour lui-même, et qui n'est pas riche pour Dieu.

L'histoire est simple: un homme riche est béni d'une récolte abondante qui l'enrichit davantage. Ce surplus présente un dilemme: comment tout conserver? L'homme décide d'agrandir ses greniers pour y entreposer tout ce qu'il possède. Pendant qu'il considère comment il jouira de ses richesses, il meurt et ses possessions sont données à d'autres.

L'avarice n'est pas même mentionnée dans cette histoire. L'homme riche n'est pas condamné à cause de ses biens, sa récolte abondante est une bénédiction. Son péché est dans sa décision, ce qu'il a fait ou omit de faire de son surplus, motivée par l'avarice et par un manque de foi.

Ce qu'il n'a pas fait

  • Il n'a pas remercié Dieu.
  • Il n'a pas demandé conseil à Dieu.
  • Il ne Lui a pas donné une portion en remerciement.
  • Il n'a pas considéré partager avec d'autres dans le besoin.

Ce qu'il a fait

  • Il a tout gardé pour lui-même.
  • Il a construit de plus grand greniers.
  • Il a seulement considéré comment jouir lui-même de sa nouvelle richesse.
  • Il a présumé qu'il vivrait assez longtemps pour accomplir ses plans.

L'avarice se voit ici chez quelqu'un qui était déjà riche et qui, en recevant de plus grands biens n'a considéré que l'occasion de maintenir son style de vie. Le véritable danger de l'avarice est qu'elle amène à ne considérer que la vie matérielle (plus de biens signifie plus de sécurité, plus de bonheur ou de succès) avec peu d'égard à l'aspect spirituel de la vie.

Au verset 21 Jésus fait une comparaison:

  1. Celui qui n'amasse des trésors que pour lui-même n'est pas prêt pour la mort et le jugement.
  2. Le "riche pour Dieu," c'est-à-dire celui qui est riche dans le pardon, la vertu, le fruit de l'Esprit, le ministère, etc., est mieux préparé pour la mort et le jugement.

Les béatitudes – Luc 12.22-34

Cette parabole mène naturellement à une discussion plus profonde de ce qu'est une vie vécue pour Dieu. Jésus se détourne de la dispute entre les frères et leur héritage, à laquelle Il a répondu par la parabole de l'homme riche, et S'adresse maintenant à la foule en général. Luc enregistre la répétition de la leçon de Jésus sur les béatitudes qui se trouve en Matthieu (chapitres 5-7) comme la manière de vivre "riche pour Dieu."

34 Car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur.

Tenez-vous prêts – Luc 12.35-13.9

Une fois qu'Il a complété la parabole et sa leçon, Jésus continue avec un avertissement à tous Ses disciples, présents et futurs, qu'ils doivent toujours se tenir prêts.

35Que vos reins soient ceints, et vos lampes allumées. 36 Et vous, soyez semblables à des hommes qui attendent que leur maître revienne des noces, afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera. 37 Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera veillant! Je vous le dis en vérité, il se ceindra, les fera mettre à table, et s'approchera pour les servir. 38 Qu'il arrive à la deuxième ou à la troisième veille, heureux ces serviteurs, s'il les trouve veillant!

Les passages qui suivent décrivent la raison pour laquelle il faut être prêt et comment l'être:

Prêts pour quoi et quand?

39 Sachez-le bien, si le maître de la maison savait à quelle heure le voleur doit venir, il veillerait et ne laisserait pas percer sa maison. 40 Vous aussi, tenez-vous prêts, car le Fils de l'homme viendra à l'heure où vous n'y penserez pas.

La venue du Christ aura lieu à un moment que personne ne connaît. Il vient nous chercher par la mort, comme l'homme riche, ou à la fin du monde pour le jugement. C'est là la raison pour laquelle il faut toujours être prêt.

Prêts pour qui ou pourquoi?

41 Pierre lui dit: Seigneur, est-ce à nous, ou à tous, que tu adresses cette parabole? 42 Et le Seigneur dit: Quel est donc l'économe fidèle et prudent que le maître établira sur ses gens, pour leur donner la nourriture au temps convenable? 43 Heureux ce serviteur, que son maître, à son arrivée, trouvera faisant ainsi! 44 Je vous le dis en vérité, il l'établira sur tous ses biens. 45 Mais, si ce serviteur dit en lui-même: Mon maître tarde à venir; s'il se met à battre les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s'enivrer, 46 le maître de ce serviteur viendra le jour où il ne s'y attend pas et à l'heure qu'il ne connaît pas, il le mettra en pièces, et lui donnera sa part avec les infidèles. 47 Le serviteur qui, ayant connu la volonté de son maître, n'a rien préparé et n'a pas agi selon sa volonté, sera battu d'un grand nombre de coups. 48 Mais celui qui, ne l'ayant pas connue, a fait des choses dignes de châtiment, sera battu de peu de coups. On demandera beaucoup à qui l'on a beaucoup donné, et on exigera davantage de celui à qui l'on a beaucoup confié.

Tous devraient être prêts mais surtout ceux qui savent qu'Il peut revenir à tout moment. Les incroyants continuent leur routine quotidienne inconscients, mais les disciples savent que Jésus reviendra à tout moment pour le jugement et ils sont par conséquent sans excuse. Être prêt est important parce que le jugement amène récompense et punition. Il semble que Jésus fait ici référence aux disciples et spécialement aux enseignants, aux anciens, aux prédicateurs et aux diacres. Ils sont les esclaves qui ont reçu l'instruction et que le Maître a laissés comme intendants de la parole de Dieu et de Son Église. Ils ont reçu beaucoup (des dons spirituels, un appel, des occasions de croissance spirituelle et des bénédictions) et pour cette raison, beaucoup est exigé de leur part. Cette idée est aussi soutenue par Jacques :

Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement.
- Jacques 3.1

Jésus affirme Lui-même qu'il y aura de différents degrés quant aux récompenses et au jugement plus ou moins sévère, (comme Paul l'écrit aussi).

car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'oeuvre de chacun. 14 Si l'oeuvre bâtie par quelqu'un sur le fondement subsiste, il recevra une récompense. 15 Si l'oeuvre de quelqu'un est consumée, il perdra sa récompense; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu.
- 1 Corinthiens 3.13-15

Nous n'avons toutefois aucune description de ce que sont ces différences.

49Je suis venu jeter un feu sur la terre, et qu'ai-je à désirer, s'il est déjà allumé? 50 Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu'il soit accompli! 51 Pensez-vous que je sois venu apporter la paix sur la terre? Non, vous dis-je, mais la division. 52 Car désormais cinq dans une maison seront divisés, trois contre deux, et deux contre trois; 53 le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère.

Ici Jésus rèvèle que la bataille deviendra extrêmement personnelle et, par conséquent, très douloureuse. Le ministère, la foi, l'état de préparation du disciple seront mis au défi par ceux de sa propre maisonnée et ceux qui lui sont les plus chers ici-bas.

54 Il dit encore aux foules: Quand vous voyez un nuage se lever à l'occident, vous dites aussitôt: La pluie vient. Et il arrive ainsi.55 Et quand vous voyez souffler le vent du midi, vous dites: Il fera chaud. Et cela arrive.56 Hypocrites! vous savez discerner l'aspect de la terre et du ciel; comment ne discernez-vous pas ce temps-ci?57 Et pourquoi ne discernez-vous pas de vous-mêmes ce qui est juste?58 Lorsque tu vas avec ton adversaire devant le magistrat, tâche en chemin de te dégager de lui, de peur qu'il ne te traîne devant le juge, que le juge ne te livre à l'officier de justice, et que celui-ci ne te mette en prison.59 Je te le dis, tu ne sortiras pas de là que tu n'aies payé jusqu'à dernière pite.

Le Seigneur confirme Son avertissement en leur rappelant d'observer simplement les signes au sujet desquels Il les a déjà avertis à mesure qu'ils se produiront dans l'avenir (l'opposition, la persécution, la division dans les familles, etc) et d'agir en conséquence en étant toujours prêts!

Prêts comment?

Le Seigneur mentionne deux manières de cultiver cet état de préparation en tout temps.

1. Repentez-vous

1En ce même temps, quelques personnes qui se trouvaient là racontaient à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. 2 Il leur répondit: Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu'ils ont souffert de la sorte? 3 Non, je vous le dis. Mais si vous ne vous repentez, vous périrez tous également. 4 Ou bien, ces dix-huit personnes sur qui est tombée la tour de Siloé et qu'elle a tuées, croyez-vous qu'elles fussent plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem?

La repentance est la première étape nécessaire pour devenir un disciple et un exercice à répéter pour produire la croissance spirituelle qui mène à la maturité. Jésus, s'adressant surtout à la foule, accentue l'exercice spirituel primordial et le plus productif sans lequel il ne peut y avoir ni salut ni croissance spirituelle. Tous doivent se repentir, même les pharisiens.

2. Produisez du fruit

6 Il dit aussi cette parabole: Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint pour y chercher du fruit, et il n'en trouva point.7 Alors il dit au vigneron: Voilà trois ans que je viens chercher du fruit à ce figuier, et je n'en trouve point. Coupe-le: pourquoi occupe-t-il la terre inutilement?8 Le vigneron lui répondit: Seigneur, laisse-le encore cette année; je creuserai tout autour, et j'y mettrai du fumier.9 Peut-être à l'avenir donnera-t-il du fruit; sinon, tu le couperas.

Dans cette parabole, la vigne et l'arbre sont la nation juive, le vigneron est Jésus et le maître est le Père qui porte le jugement. La nation a reçu du soin pendant trois ans à travers la prédication de Jean-Baptiste suivie de celle de Jésus pour produire le fruit de la repentance parce que le royaume est proche.

Les Juifs (spécialement les chefs religieux) ont rejeté Jean et Jésus (tuant le premier et se préparant à tuer l'autre). Le jugement sur la nation est imminent mais Jésus demande plus de temps (Il n'est pas encore mort, ressuscité et n'a pas encore donné le pouvoir à Ses apôtres pour aller prêcher). Ces événements constituent l'année "supplémentaire" pour voir s'il y aura une récolte de repentance et de foi en résultat à ces efforts. Nous savons par l'histoire que la nation, en majorité, n'a pas reçu le Messie et que le jugement de Dieu s'est abattu sur la ville de Jérusalem en 70 après J.-C. quand l'armée romaine l'a assiégée, a tué ses habitants, brûlé la ville et mis le temple en ruines (c'est là ce que "couper l'arbre" représentait dans cette parabole).

Jésus complète donc une section d'enseignement à Ses disciples par l'utilisation de paraboles, les encourageant à être toujours prêts (en portant du bon fruit de repentance et de foi) parce qu'Il reviendra pour juger au moment où ils ne s'y attendront pas. Cet avertissement contient aussi une prophétie de jugement et de punition sur la nation juive pour son manque de foi (70 apr. J.-C.).

Guérison le jour du sabbat – Luc 13.10-14.6

La section suivante contient deux exemples de Jésus qui guérit le jour du sabbat avec plusieurs de Ses enseignements insérés entre les deux guérisons. Il est intéressant de noter que ces deux guérisons ne sont mentionnées que dans les écrits de Luc.

Guérison le jour du sabbat (13.10-17)

10 Jésus enseignait dans une des synagogues, le jour du sabbat. 11 Et voici, il y avait là une femme possédée d'un esprit qui la rendait infirme depuis dix-huit ans; elle était courbée, et ne pouvait pas du tout se redresser. 12 Lorsqu'il la vit, Jésus lui adressa la parole, et lui dit: Femme, tu es délivrée de ton infirmité. 13 Et il lui imposa les mains. A l'instant elle se redressa, et glorifia Dieu.

Cette femme était possédée par un démon. L'infirmité dont elle souffrait depuis 18 ans, sa courbature, était la manifestation de l'attaque du démon sur son corps. Jésus la libère du démon, ce qui soulage le symptôme physique de sa présence. Ayant la foi (elle allait à la synagogue en dépit de sa condition embarrassante), elle éclate en louange à Dieu.

14 Mais le chef de la synagogue, indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour de sabbat, dit à la foule: Il y a six jours pour travailler; venez donc vous faire guérir ces jours-là, et non pas le jour du sabbat.

Le chef de la synagogue ne pouvait nier le miracle (il avait peut-être même été témoin de la souffrance de cette femme au cours de toutes ces années) mais le miracle de Jésus risquait d'agiter la foule et de menacer sa position. Le mot "indigné" démontre la colère qui résulte d'une insulte ou d'un défi. Cette femme avait souffert pendant presque deux décennies et beaucoup de prières avaient peut-être été dites en sa faveur. Jésus arrive et la guérit en un instant à la joie et à la surprise de la congrégation.

Le chef de la synagogue tente de camoufler sa colère et possiblement son envie en citant les règles concernant le travail médical. Les docteurs pouvaient adresser des urgences le jour du sabbat mais ne pouvaient pas traiter de conditions chroniques ce jour-là.

15 Hypocrites! lui répondit le Seigneur, est-ce que chacun de vous, le jour du sabbat, ne détache pas de la crèche son boeuf ou son âne, pour le mener boire? 16 Et cette femme, qui est une fille d'Abraham, et que Satan tenait liée depuis dix-huit ans, ne fallait-il pas la délivrer de cette chaîne le jour du sabbat?

Jésus dénonce l'hypocrisie de leur attitude. Ils pouvaient selon leurs coutumes nourrir leurs animaux le jour du sabbat et Jésus révèle leur double standard... On peut libérer un animal pour boire mais on ne peut libérer une femme de son esclavage!

17Tandis qu'il parlait ainsi, tous ses adversaires étaient confus, et la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qu'il faisait.

Les gens ordinaires voyaient bien les règles hypocrites des pharisiens mais craignaient de les mettre au défi. Ils se réjouissaient parce que quelqu'un les dénonçait enfin, non seulement en paroles mais avec puissance! Luc mentionne l'humiliation des chefs religieux et, comme on le verra, cet incident ajoute à leur haine et les poussera eventuellement à comploter la mort de Jésus.

Enseignement – Luc 13.18-35

Paraboles du grain de sénevé et du levain (13.18-21)

Jésus avait déjà averti d'être prêt parce que le royaume était proche. Ici il donne deux courtes paraboles montrant ce qu'est le royaume:

  • Le grain de sénevé et l'arbre: il croît de manière dynamique et offre un abri énorme.
  • Le levain: sa croissance n'est pas visible mais sa présence affecte tout son entourage.

La porte étroite (13.22-30)

Luc ajoute une autre portion d'enseignement aussi inclus dans les évangiles de Matthieu et de Marc: l'appel à entrer par la porte étroite, qui est Jésus Lui-même. C'est l'invitation continue de Jésus au peuple ( la manière d'entrer par la porte étroite est de croire en Lui). Cet appel répété accomplit deux choses:

  1. Il offre un choix clair à ceux qui voient Ses miracles et entendent Ses enseignements.
  2. Il condamne ceux qui Le rejettent, les chefs religieux en particulier.

La complainte sur Jérusalem (13.31-35)

La tension augmente alors que Jésus approche de Jérusalem et que les chefs religieux tentent de L'en éloigner en L'avertissant qu'Hérode veut Le capturer et Le tuer. Le Seigneur Se contente d'envoyer un message au méchant Roi, lui disant que le plan de Dieu pour Jésus doit être accompli. Il dit aussi à Hérode qu'Il ne craint pas d'être tué près de Jérusalem parce que Jérusalem est la ville où les prophètes vont pour mourrir (c'était là une observation au sujet des nombreux prophètes qui y avaient été mis à mort).

34 Jérusalem, Jérusalem, qui tues les prophètes et qui lapides ceux qui te sont envoyés, combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble sa couvée sous ses ailes, et vous ne l'avez pas voulu! 35 Voici, votre maison vous sera laissée; mais, je vous le dis, vous ne me verrez plus, jusqu'à ce que vous disiez: Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur!

Jésus finit avec une triste lamentation sur la souffrance que la ville et la nation subiront parce qu'elles ont rejeté leur Messie (et plus tard l'histoire le confirme: 70 apr. J.-C.).

Guérison le jour du sabbat (14.1-6)

1Jésus étant entré, un jour de sabbat, dans la maison de l'un des chefs des pharisiens, pour prendre un repas, les pharisiens l'observaient. 2 Et voici, un homme hydropique était devant lui.3 Jésus prit la parole, et dit aux docteurs de la loi et aux pharisiens: Est-il permis, ou non, de faire une guérison le jour du sabbat?4 Ils gardèrent le silence. Alors Jésus avança la main sur cet homme, le guérit, et le renvoya.5 Puis il leur dit: Lequel de vous, si son fils ou son boeuf tombe dans un puits, ne l'en retirera pas aussitôt, le jour du sabbat?6 Et ils ne purent rien répondre à cela.

C'est ici le seul endroit où le terme "hydropique" apparaît dans le Nouveau Testament tout entier. Il s'agissait d'une maladie que l'on appelle maintenant l'oedème, qui était une enflure des jambes, des pieds ou des mains due à une rétention excessive d'eau dans les tissus. C'est le même scénario que pour la première guérison le jour du sabbat sauf que celle-ci a lieu dans une maison privée, et cette fois personne ne Le défie.

Le fait qu'il s'agit ici de la maison d'un pharisien et que tous observent Jésus avec l'homme malade qui s'y trouve suggère qu'il s'agissait d'un piège pour obtenir des évidences contre le Seigneur pour plus tard (on note aussi que l'homme hydropique n'offre aucune louange ni gratitude après avoir été guéri miraculeusement).

Leçons

Jésus est de plus en plus direct dans Ses dénonciations des chefs religieux, et plus catégorique dans Sa demande de fidélité et de fruit chez Ses disciples.

Deux leçons ressortent de cette section:

1. Pas de fruit, pas de vie

Être et demeurer vivant en Christ nécessite du fruit dans la foi, les bonnes oeuvres, une vie pure, le ministère, etc. Dans le christianisme, il n'existe pas de neutralité: le disciple s'éloigne ou se rapproche du Seigneur.

2. La vérité blesse

Les pharisiens se tenaient devant Jésus mais leur envie et leur colère, excitées par Ses enseignements et Ses miracles, les aveuglaient à la vérité qui aurait pu les sauver. Cette même vérité révélée par la parole de Dieu pour nos vies d'aujourd'hui est aussi souvent douloureuse et embarrassante. Toutefois, si on la laisse nous diriger, nous guérir et nous informer, nous deviendrons plus forts et plairons en même temps à Dieu. La croissance spirituelle est parfois inconfortable mais elle en vaut toujours la peine.

Passage à lire : Luc 14.7-17.10

Questions à discuter

  1. Selon vous, quelles leçons un auditoire de gens pauvres pourrait-il tirer de la parabole de l'homme riche (bâtir de plus grands greniers)?
  2. Expliquez comment se repentir et porter du fruit préparent un chrétien au retour de Jésus. 
  3. Décrivez dans vos propres mots le travail d'un ministre qui recevrait de nombreux coups au jugement, et le travail d'un ministre qui n'en recevrait que peu. Que serait la principale différence entre les deux?