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Jésus face à Jérusalem

3e partie

Par Michel Mazzalongo Verset : Luc 14.7-17.10 Publié : Thu. December 14
Dans cette section, Jésus utilise plusieurs paraboles en réponse à ceux qui doutent son autorité et sa mission; c'est aussi un moyen d'enseigner à ses disciples la réalité invisible du royaume de Dieu.

Nous voici dans la troisième de quatre sections qui examinent les événements prenant place alors que Jésus est en route vers Jérusalem. Jusqu'ici Son ministère a été surtout en Galilée, près de chez Lui à Capernaüm, mais le temps de Son rejet ultime et de Sa crucifixion sont proches et Il se rend à Jérusalem pour faire face à l'hostilité grandissante de la part des chefs religieux, visible dans leurs efforts de Le dénoncer pour avoir fait des guérisons le jour du sabbat.

On voit ici une série d'épisodes où Jésus utilise des paraboles et de l'enseignement traditionnel pour instruire le peuple au sujet du royaume et de différents sujets dont plusieurs ne se trouvent que dans le récit de Luc.

Paraboles du souper et des conviés – Luc 14.7-24

Comme beaucoup de socialisation de l'époque avait lieu autour d'un repas, Jésus donne trois paraboles: une qui concerne les invités, une qui concerne l'hôte du repas et une qui concerne le repas lui-même.

La parabole des conviés

Ces trois paraboles représentent différents aspects du royaume de Dieu. Ailleurs (par ex. la parabole des talents en Matthieu 25.14-30) le message principal est que le royaume est proche ou que le retour du roi aurait lieu à un temps inconnu et qu'il faut par conséquent être prêt (fidèle, productif, pur, etc.). Dans ces paraboles Jésus Se concentre sur l'attitude de l'hôte et des conviés.

7Il adressa ensuite une parabole aux conviés, en voyant qu'ils choisissaient les premières places; et il leur dit: 8Lorsque tu seras invité par quelqu'un à des noces, ne te mets pas à la première place, de peur qu'il n'y ait parmi les invités une personne plus considérable que toi, 9et que celui qui vous a invités l'un et l'autre ne vienne te dire: Cède la place à cette personne-là. Tu aurais alors la honte d'aller occuper la dernière place. 10Mais, lorsque tu seras invité, va te mettre à la dernière place, afin que, quand celui qui t'a invité viendra, il te dise: Mon ami, monte plus haut. Alors cela te fera honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi. 11Car quiconque s'élève sera abaissé, et quiconque s'abaisse sera élevé.
- Luc 14.7-11

Cette parabole vient de ce que Jésus observe alors que les invités se disputent les places d'honneur au festin. L'histoire s'explique clairement et son message est familier: dans le royaume, les humbles sont élevés et les orgueilleux sont rabaissés (Matthieu 23.12). C'est aussi une dénonciation des chefs religieux qui à l'opposé des gens ordinaires, étaient trop fiers pour recevoir Jésus, même avec le témoignage de Ses miracles.

Cette parabole est unique à Luc.

Instructions à l'hôte (14.12-15)

En guise de suivi, Jésus s'adresse non seulement à son hôte, mais à tous ceux qui pratiquent l'hospitalité.

12Il dit aussi à celui qui l'avait invité: Lorsque tu donnes à dîner ou à souper, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni des voisins riches, de peur qu'ils ne t'invitent à leur tour et qu'on ne te rende la pareille. 13Mais, lorsque tu donnes un festin, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles. 14Et tu seras heureux de ce qu'ils ne peuvent pas te rendre la pareille; car elle te sera rendue à la résurrection des justes.
- Luc 14.12-14

La manière dont les conviés se bousculent pour avoir une position d'honneur suggère qu'ils ne faisaient pas partie des pauvres et désavantagés. L'hospitalité est une marque de quelqu'un qui fait partie du royaume, toutefois l'hospitalité du royaume est différente du fait qu'elle vise à servir les autres et non à se servir elle-même. Les différentes attitudes reflètent de différents buts.

  1. Une attitude égocentrique utilise l'hospitalité de manière à avancer sa propre position sociale.
  2. Celui qui sert les autres en étant hospitalier le fait pour avancer la croissance du royaume de Dieu ici-bas et recevra une bénédiction pour ses efforts.
Un de ceux qui étaient à table, après avoir entendu ces paroles, dit à Jésus: Heureux celui qui prendra son repas dans le royaume de Dieu!
- Luc 14.15

Ce commentaire sert d'"Amen" aux paroles de Jésus et transitionne à la troisième parabole du royaume qui utilise un repas. La question de qui sera digne de participer au festin y est sous-entendue.

La parabole du souper (14.16-24)

Cette parabole résume la situation alors que Jésus S'approche de Jérusalem et de ce qui L'y attend. Dans la parabole:

  • L'hôte est Dieu.
  • Le souper est le message de l'évangile qui mène au royaume.
  • Le serviteur envoyé pour inviter est Jésus.
  • Les conviés sont les Juifs, en particulier les chefs religieux.
  • Les pauvres, les estropiés, les aveugles et les boiteux sont les gens ordinaires parmi le peuple juif.
  • Ceux qui sont sur les chemins et le long des haies sont les païens.

Dans cette parabole Jésus résume Son ministère jusqu'à ce moment, la réponse initiale reçue et son résultat éventuel.

1. Son ministère jusqu'ici et la réponse qu'Il reçoit

Jésus a prêché et fait des miracles pour prouver qu'Il est le Messie et que le royaume de Dieu est arrivé. Les chefs religieux, qui auraient dû être les premiers à le comprendre et à l'accepter, ne l'ont pas fait. Leur réponse était semblable à celle des conviés qui trouvaient toutes sortes d'excuses pour éviter le repas. De la même manière, ces hommes ont trouvé toutes sortes de manières pour discréditer, attaquer et finalement faire arrêter et exécuter Jésus.

2. Le résultat

Ceux qui suivent Jésus font partie du peuple ordinaire et le repas (le message) aux Juifs est répandu avec succès parmi les non-Juifs.

Jésus avertit les gens qui refusent de croire (comme les premiers invités) qu'ils ne profiteront pas des récompenses du royaume. La foi sera toujours requise pour faire l'expérience (pour goûter) du royaume de Dieu..

Conditions à remplir pour être disciple de Jésus – Luc 14.25-35

Ces paraboles mènent à une discussion au sujet de ce qui est nécessaire pour être disciple (une discussion mentionnée aussi en Matthieu et en Marc). Jésus ne laisse aucun doute que les disciples doivent renoncer à tout ce qu'ils possèdent, non pas pour pratiquer l'humilité ou le perfectionnement spirituel, mais pour apprendre la leçon de confiance en Lui. Dans son commentaire, R.C.H. Lenski dit que Jésus exige de Ses disciples qu'ils abandonnent leur dépendance de leurs possessions pour leur salut ou pour faire l'oeuvre de Dieu en établissant le royaume.

Ce passage est souvent utilisé pour dire qu'il faut "compter le coût" avant de s'engager à suivre Jésus. C'est là une leçon naturelle à tirer de ces mots mais ce n'est toutefois pas le point qu'Il fait ici. Avant de devenir un disciple, il faut considérer que tout ce que l'on possède n'est pas suffisant pour payer nos péchés; il faut dépendre complètement de Jésus. De plus, on ne peut devenir des disciples fidèles et porter du fruit par ce que l'on a (les talents, l'expérience, etc.). Il faut des dons spirituels et l'aide que seul Jésus peut fournir pour réussir et porter fruit dans le ministère.

Ainsi donc, quiconque d'entre vous ne renonce pas à tout ce qu'il possède ne peut être mon disciple.
- Luc 14.33

Il n'est pas nécessaire de devenir pauvre pour être un disciple, il faut abandonner son autonomie.

34Le sel est une bonne chose; mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l'assaisonnera-t-on? 35Il n'est bon ni pour la terre, ni pour le fumier; on le jette dehors. Que celui qui a des oreilles pour entendre entende.
- Luc 14.34-35

Jésus conclut en comparant les disciples au sel. Le sel est inutile s'il perd sa saveur. De la même manière, les disciples sont inutiles s'ils cessent d'agir en disciples. Le Seigneur avertit de considérer d'abord le coût (abandonner son autonomie), puis d'établir la durée du service en tant que disciple (pour la vie). La raison d'être du sel est sa saveur, et la raison d'être des disciples est la fidélité. Si le sel perd sa saveur, il perd sa valeur et de la même manière, un disciple infidèle perd sa valeur essentielle en Christ.

Paraboles de ce qui est perdu et retrouvé – Luc 15.1-32

La brebis égarée et la pièce de monnaie perdue (15.1-10)

1Tous les publicains et les gens de mauvaise vie s'approchaient de Jésus pour l'entendre. 2Et les pharisiens et les scribes murmuraient, disant: Cet homme accueille des gens de mauvaise vie, et mange avec eux. 3Mais il leur dit cette parabole:
- Luc 15.1-3

Luc change ici la scène et prépare la présentation de trois paraboles au sujet de choses perdues et retrouvées. Celles-ci sont données en réponse à la critique qu'Il recevait des chefs religieux parce qu'Il servait les pécheurs et les collecteurs d'impôts (des gens de mauvaise vie) par Ses enseignements (qu'ils recherchaient), mais Il mangeait aussi avec eux comme avec les pharisiens de temps en temps. Les chefs religieux considéraient ces gens comme perdus. Jésus, par contre, prêchait l'évangile à ces gens et les côtoyait.

Le deux premières paraboles (celle de la brebis égarée et celle de la monnaie perdue) sont des exemples du désir humain naturel de rechercher les choses précieuses égarées et de la joie qui résulte de les retrouver. Chaque parabole a une fin joyeuse. Chacune explique pourquoi Jésus prenait la peine de toucher ces "perdus" (qui sont ignorés comme sans valeur par les chefs religieux). Aux yeux de Dieu, ceux qui sont perdus sont encore précieux et l'effort de les retrouver est valable.

Jésus parle comme quelqu'un qui est témoin de ce qui prend place au ciel (ce qu'Il dit ici n'est pas une citation d'un prophète de l'Ancien Testament, c'est une révélation d'un témoin céleste).

7De même, je vous le dis, il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent, que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de repentance. 8Ou quelle femme, si elle a dix drachmes, et qu'elle en perde une, n'allume une lampe, ne balaie la maison, et ne cherche avec soin, jusqu'à ce qu'elle la retrouve? 9Lorsqu'elle l'a retrouvée, elle appelle ses amies et ses voisines, et dit: Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé la drachme que j'avais perdue. 10De même, je vous le dis, il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent.
- Luc 15.7-10

Jésus leur enseigne la raison pour laquelle Il les sert tous (y compris ceux qui sont perdus). Chaque âme est précieuse pour Dieu et vaut la peine d'être recherchée et sauvée! Les chefs religieux plaçaient une valeur différente sur chaque individu selon les critères terrestres tels la famille, l'éducation, la position, la richesse et la culture (c'est-à-dire que les Juifs avaient la plus grande valeur et les non-Juifs la moindre). La parabole de Jésus enseigne que chaque âme a la même valeur (parce que chaque âme est créée à l'image de Dieu et non de l'homme - Genèse 1.26).

Le fils perdu (15.11-32)

Après deux paraboles au sujet d'objets perdus, Jésus intensifie son imagerie sur les objets trouvés et raconte l'histoire du fils perdu. Dans cette parabole, Il inclue des personnages qui représentent chacun de ceux qui sont présents: Lui-même, ceux qui sont bannis, les chefs religieux et comment chacun joue un rôle dans ce scénario.

11Il dit encore: Un homme avait deux fils. 12Le plus jeune dit à son père: Mon père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son bien. 13Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout ramassé, partit pour un pays éloigné, où il dissipa son bien en vivant dans la débauche. 14Lorsqu'il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans le besoin. 15Il alla se mettre au service d'un des habitants du pays, qui l'envoya dans ses champs garder les pourceaux. 16Il aurait bien voulu se rassasier des carouges que mangeaient les pourceaux, mais personne ne lui en donnait. 17Étant rentré en lui-même, il se dit: Combien de mercenaires chez mon père ont du pain en abondance, et moi, ici, je meurs de faim! 18Je me lèverai, j'irai vers mon père, et je lui dirai: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, 19je ne suis plus digne d'être appelé ton fils; traite-moi comme l'un de tes mercenaires. 20Et il se leva, et alla vers son père. Comme il était encore loin, son père le vit et fut ému de compassion, il courut se jeter à son cou et le baisa. 21Le fils lui dit: Mon père, j'ai péché contre le ciel et contre toi, je ne suis plus digne d'être appelé ton fils. 22Mais le père dit à ses serviteurs: Apportez vite la plus belle robe, et l'en revêtez; mettez-lui un anneau au doigt, et des souliers aux pieds. 23Amenez le veau gras, et tuez-le. Mangeons et réjouissons-nous; 24car mon fils que voici était mort, et il est revenu à la vie; il était perdu, et il est retrouvé. Et ils commencèrent à se réjouir.
- Luc 15.11-24

La parabole de l'enfant prodigue n'apparaît que dans l'évangile de Luc et elle est probablement l'une des mieux connues. Dans cette histoire, ce qui est "perdu" est l'âme du jeune homme. Il passe d'acceptable et sécure chez son père à perdu par son péché et sa propre folie. Ici, on ne le cherche pas parce qu'à la différence des objets (la brebis et la pièce de monnaie), il a libre choix. Les choix qu'il fait le mènent à la perdition et ce sont aussi ses choix qui le ramèneront.

Le père représente le Père céleste, présent en Jésus. Tout comme Jésus servait et côtoyait les perdus, le père attend le retour de son fils et le reprend dans la famille quand il revient. Ce que le jeune fils avait perdu lui est redonné et le père s'en réjouit.

25Or, le fils aîné était dans les champs. Lorsqu'il revint et approcha de la maison, il entendit la musique et les danses. 26Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c'était. 27Ce serviteur lui dit: Ton frère est de retour, et, parce qu'il l'a retrouvé en bonne santé, ton père a tué le veau gras. 28Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d'entrer. 29Mais il répondit à son père: Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je me réjouisse avec mes amis. 30Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c'est pour lui que tu as tué le veau gras! 31Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi; 32mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé.
- Luc 15.25-32

Le fils aîné personnifie les chefs juifs. Comme le veut la tradition, ils sont légalistes, ils travaillent pour leur récompense, mais ils n'ont pas la foi intérieure ni l'amour pour Dieu qui produiraient une attitude bonne et gracieuse envers les autres.

La parabole décrit exactement les deux fils, les deux groupes devant Jésus: les perdus qui recherchent la réconciliation et les chefs religieux qui refusent de reconnaître leur besoin. Les deux fils étaient "perdus" pour différentes raisons:

  • Un pour la dissipation et l'immoralité.
  • L'autre pour son orgueil pharisaïque.

La triste réalité est que seulement l'un des fils a éventuellement été retrouvé.

La parabole de l'économe infidèle (16.1-18)

Bien que les paraboles présentent des histoires et des personnages différents, elles ont un dénominateur commun: la condamnation des attitudes et des actions des pharisiens et des autres chefs religieux juifs. La parabole de l'économe infidèle n'y fait pas exception. Elle décrit un économe (un gérant) qui doit rendre compte de son administration et qui perd son emploi pour avoir triché son maître. Avant de partir, il réduit les montants dus à son employeur pour retenir la faveur des clients après son congédiement. Jésus n'approuve pas de sa conduite mais Il remarque que les actions du gérant pour sauver sa peau sont astucieuses. Le Seigneur présente un parallèle pour les disciples.

Et moi, je vous dis: Faites-vous des amis avec les richesses injustes, pour qu'ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels, quand elles viendront à vous manquer.
- Luc 16.9

De la même manière, les disciples devraient utiliser les biens matériels pour se faire "des amis" ou des convertis parmi les pauvres et ceux qui sont rejetés pour que quand les biens terrestres ne sont plus utiles (à la mort), ils soient accueillis au ciel à cause de la manière dont ils ont utilisé leurs richesses ici-bas pour gagner des âmes. Les convertis faits ici par l'utilisation sage des ressources physiques les accueilleront au ciel et les remercieront de les avoir gagnés au Christ.

Cette parabole mène naturellement à une réprimande au sujet de l'utilisation des richesses terrestres. Elle montre un impie astucieux et égocentrique. Jésus instruit ici les disciples quant à la bonne attitude envers les biens matériels. Il ajoute aussi un avertissement quant à l'impossibilité d'essayer de poursuivre également Dieu et les richesses parce qu'ils sont opposés.

Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l'un et aimera l'autre; ou il s'attachera à l'un et méprisera l'autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
- Luc 16.13

Les pharisiens rejettent alors Jésus et ce qu'Il a dit des richesses mondaines. Il a décrit parfaitement leur attitude envers l'argent. En réponse à leur moquerie, Il les réprimande:

15Jésus leur dit: Vous, vous cherchez à paraître justes devant les hommes, mais Dieu connaît vos coeurs; car ce qui est élevé parmi les hommes est une abomination devant Dieu. 16La loi et les prophètes ont subsisté jusqu'à Jean; depuis lors, le royaume de Dieu est annoncé, et chacun use de violence pour y entrer. 17Il est plus facile que le ciel et la terre passent, qu'il ne l'est qu'un seul trait de lettre de la loi vienne à tomber. 18Quiconque répudie sa femme et en épouse une autre commet un adultère, et quiconque épouse une femme répudiée par son mari commet un adultère.
- Luc 16.15-18
  1. Il les traite d'hypocrites qui déguisent leur avarice derrière leur apparence religieuse.
  2. Il leur rappelle que le temps du salut est arrivé et que bien qu'ils n'entreront pas dans le royaume, d'autres y entreront (les bannis).
  3. Ils contournaient la loi et la diluaient pour prétendre à une vertu personnelle basée sur l'obéissance. Par exemple, ils divorçaient leurs femmes sans raison valable et se prétendaient innocents de toute faute parce qu'ils remplissaient les critères établis par Moïse en leur donnant une lettre de divorce. Autrement dit, ils se disaient innocents parce qu'ils avaient suivi les bonnes procédures pour le divorce!

Jésus leur rappelle qu'ils n'ont ni le pouvoir ni l'autorité de changer ou de diluer la loi parce que, contrairement au monde matériel, elle n'est jamais erronée et elle ne change jamais. Il applique alors la loi à leurs divorces illégitimes. Ainsi, Il les condamne et démontre la puissance de la parole de Dieu. Luc ne donne pas ici d'enseignement en profondeur concernant le mariage et le divorce (comme en Matthieu 5.31-32; Matthieu 19.3-9; Marc 10.1-12). Il fait une simple et rapide réprimande de ces chefs religieux pour leur mépris du mariage (ils divorçaient sans raison et remariaient parfois les femmes l'un de l'autre - Lenski, p. 843-845).

La parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare (16.19-17.10)

Après une pause pendant laquelle Il s'adresse aux pharisiens directement (v. 14-18), le Seigneur raconte une deuxième parabole qui traite de la richesse et des dangers qui s'y attachent. Cette fois il ne s'agit pas de l'utilisation malhonnête des biens pour le gain personnel (comme le serviteur infidèle) mais de l'amour et de la dépendance de la richesse qui mènent à l'avarice et à l'égoïsme.

Un homme riche ignore un homme pauvre et malade qui est à sa porte. Ils meurent tous les deux et le pauvre va au ciel alors que le riche va en enfer. S'ensuit un dialogue où l'homme riche supplie pour du soulagement et demande d'avertir ses frères quant à la souffrance dont il fait l'expérience. Ses demandes sont refusées. Cette parabole offre plusieurs leçons:

  • L'homme riche n'est pas condamné pour ses biens mais pour son égoïsme et son manque de foi.
  • Après la mort il y a soit de la vie et de la joie, ou de la souffrance. Certains pensent qu'il s'agit ici d'une leçon sur l'après-vie et d'autres n'y voient qu'une parabole; d'une manière ou d'une autre, les leçons sont les mêmes.
  • La foi exprimée dans l'amour est ce qui sauve. L'homme riche voulait qu'un ange avertisse sa famille et on lui dit que s'ils ne croient pas en Moïse (le témoin envoyé par Dieu pour prêcher, diriger et prévenir les Juifs), ils ne croiront pas non plus en un témoin supplémentaire, même s'Il est ressuscité des morts. C'était vrai pour la plupart des Juifs quand les apôtres ont commencé à prêcher Jésus et Sa résurrection.

Le Seigneur finit Son enseignement par les paraboles avec un avertissement et des instructions à Ses disciples.

1Jésus dit à ses disciples: Il est impossible qu'il n'arrive pas des scandales; mais malheur à celui par qui ils arrivent! 2Il vaudrait mieux pour lui qu'on mît à son cou une pierre de moulin et qu'on le jetât dans la mer, que s'il scandalisait un de ces petits.
- Luc 17:1-2

L'avertissement

La seule chose pire que de n'avoir pas de foi personnelle est d'empêcher les autres de venir à la foi. Les chefs religieux en étaient coupables.

Les instructions

Jésus termine Son enseignement avec des avertissements à Ses disciples de ce en quoi consiste leurs vies de disciples:

  1. De l'amour: Leur amour sera démontré de la manière dont ils se traiteront les uns les autres (avec grâce et miséricorde).
  2. De la foi: Si l'on a une foi profonde, on croit et vit avec la compréhension qu'avec Dieu, tout est possible.
  3. De l'humilité: Un disciple reconnait que la position la plus vraie et la plus bénie dans la vie est celle de serviteur de Dieu.

Ces attitudes contrastaient fortement avec le caractère et la pratique des chefs religieux qui se moquaient de Jésus et Le rejetaient, et qui avaient ainsi gagné Sa condamnation.

Leçon

La vraie leçon à tirer de cette variété de paraboles et d'enseignements est la suivante: la clé au sens du texte est habituellement inclue dans le texte lui-même. Dans cette section, il n'y a que quatre groupes principaux: Jésus, les rejetés, les disciples et les chefs religieux. Toutes les conclusions, les leçons et les applications doivent d'abord être liées à l'un d'entre eux avant que toute autre leçon ne puisse être tirée avec exactitude et dans le bon contexte.

Passage à lire : Luc 17.11-18.30

Questions à discuter

  1. Dans la société d'aujourd'hui, qui pensez-vous sont les équivalents des personnages bibliques suivants? Pourquoi pensez-vous que ces gens correspondent à leur description?
    • Jésus
    • Les chefs religieux
    • Parias (personnes méprisées) / Pécheurs
    • Disciples
  2. Dans la parabole du fils prodigue, pensez-vous que la colère du frère aîné est justifiée? Pourquoi? Pourquoi pas?
    • Si vous étiez le père, que diriez-vous au frère aîné pour qu'il vienne au festin?