Confrontations finales

Par Michel Mazzalongo Verset : Marc 11:1-12:44 Publié : Wed. November 29
À mesure que la mort de Jésus approche, Marc raconte de diverses confrontations, avec les chefs religieux et de différents groupes de Juifs, qui scelleront pour eux le fait qu'ils Le rejettent en tant que leur Messie.
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Aux chapitres neuf et dix de son livre, Marc a décrit le ministère privé de Jésus à Ses disciples alors qu'Il leur enseigne sur une variété de sujets et les avertit des choses à venir, leur révélant plus parfaitement Sa véritable nature et Sa mission. Aux chapitres onze et douze, Jésus fait encore une fois face aux chefs religieux dans ce qui s'avère Sa confrontation finale avec eux avant Son arrestation et Ses souffrances.

L'entrée triomphale à Jérusalem — 11.1-11

Jusqu'ici, Jésus n'a pas annoncé publiquement qu'Il est le Messie. Il utilise plutôt le terme énigmatique « Fils de l'homme » ou Il dit à Ses Apôtres de ne dire à personne qu'Il est le Fils de Dieu. Toutefois, Il est maintenant prêt à révéler Sa véritable identité aux masses et aussi aux chefs religieux, et Il le fait d'une manière dynamique.

Zacharie prophétise (Zacharie 9.9), concernant la venue du Messie et la manière dont Il amènera la paix et le salut. Il dit que ce sauveur viendra à dos d'âne (sur le petit d'une ânesse sur lequel personne n'est jamais monté). Jésus accomplit cette prophétie devant tout le peuple. La raison et le message en sont pour eux très clairs.

1Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu'ils furent près de Bethphagé et de Béthanie, vers la montagne des oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, 2 en leur disant: Allez au village qui est devant vous; dès que vous y serez entrés, vous trouverez un ânon attaché, sur lequel aucun homme ne s'est encore assis; détachez-le, et amenez-le. 3 Si quelqu'un vous dit: Pourquoi faites-vous cela? répondez: Le Seigneur en a besoin. Et à l'instant il le laissera venir ici. 4 les disciples, étant allés, trouvèrent l'ânon attaché dehors près d'une porte, au contour du chemin, et ils le détachèrent. 5 Quelques-uns de ceux qui étaient là leur dirent: Que faites-vous? pourquoi détachez-vous cet ânon? 6 Ils répondirent comme Jésus l'avait dit. Et on les laissa aller.

Jésus avait fait des préparatifs pour utiliser cet ânon ou Il utilise Sa puissance divine pour déterminer où et comment cet animal sera trouvé.

7Ils amenèrent à Jésus l'ânon, sur lequel ils jetèrent leurs vêtements, et Jésus s'assit dessus. 8 Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur le chemin, et d'autres des branches qu'ils coupèrent dans les champs.

Ils utilisent leurs vêtements pour couvrir Sa monture et des branches pour couvrir le chemin et honorer Jésus.

9 Ceux qui précédaient et ceux qui suivaient Jésus criaient: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur! 10 Béni soit le règne qui vient, le règne de David, notre père! Hosanna dans les lieux très hauts!

Hosanna signifie « accorde le salut » (Psaume 118.25). Le peuple a correctement discerné que le royaume anticipé serait inauguré par un roi et s'adresse à Jésus comme tel. Qu'ils aient compris Sa vraie nature ou non, ils avaient raison de s'adresser à Lui comme à « l'oint du Seigneur », Celui qui allait venir. Jésus montre Sa nature humble en venant sur un ânon et non sur un cheval comme les rois du monde le faisaient normalement.

Matthieu mentionne aussi (Matthieu 21.1-11) qu'il y avait deux ânes, probablement la mère aux côtés de de son petit pour le stabiliser puisqu'il n'avait jamais été monté ni paradé. (Pour un livre pour enfants basé sur cet événement, voir « Arionne, la petite ânesse » - BibleTalkBooks.com)

11 Jésus entra à Jérusalem, dans le temple. Quand il eut tout considéré, comme il était déjà tard, il s'en alla à Béthanie avec les douze.

Les prêtres et les chefs religieux sont manifestement absents de ces événements. Les gens reconnaissent et louent le Seigneur, mais les dirigeants l'ignorent et le rejettent volontairement.

Une fois dans la ville, et puisqu'il est déjà tard, Jésus examine simplement la situation et retourne à Béthanie où Marie, Marthe et Lazare vivent. La scène prépare toutefois ce qui se passera dans les passages qui suivent.

Le figuier

12 Le lendemain, après qu'ils furent sortis de Béthanie, Jésus eut faim. 13 Apercevant de loin un figuier qui avait des feuilles, il alla voir s'il y trouverait quelque chose; et, s'en étant approché, il ne trouva que des feuilles, car ce n'était pas la saison des figues. 14 Prenant alors la parole, il lui dit: Que jamais personne ne mange de ton fruit! Et ses disciples l'entendirent.

... 19 Quand le soir fut venu, Jésus sortit de la ville. 20 Le matin, en passant, les disciples virent le figuier séché jusqu'aux racines. 21 Pierre, se rappelant ce qui s'était passé, dit à Jésus: Rabbi, regarde, le figuier que tu as maudit a séché. 22 Jésus prit la parole, et leur dit: Ayez foi en Dieu. 23 Je vous le dis en vérité, si quelqu'un dit à cette montagne: Ôte-toi de là et jette-toi dans la mer, et s'il ne doute point en son cœur, mais croit que ce qu'il dit arrive, il le verra s'accomplir. 24 C'est pourquoi je vous dis: Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l'avez reçu, et vous le verrez s'accomplir. 25 Et, lorsque vous êtes debout faisant votre prière, si vous avez quelque chose contre quelqu'un, pardonnez, afin que votre Père qui est dans les cieux vous pardonne aussi vos offenses. 26 Mais si vous ne pardonnez pas, votre Père qui est dans les cieux ne vous pardonnera pas non plus vos offenses.

Jésus et les disciples passent la nuit à Béthanie et repartent pour Jérusalem tôt le jour suivant. Jésus voit un figuier. L'arbre a des feuilles et il devrait donc avoir des figues. Une fois près de l'arbre, Jésus voit qu'il ne porte aucun fruit et Il le maudit. Le lendemain, ils retournent au même endroit et remarquent que l'arbre est desséché et mort. À partir de cet épisode, Jésus enseignera à Ses Apôtres une leçon importante sur la foi. Cette histoire dérange certaines gens qui questionnent la raison pour laquelle Jésus a détruit cet arbre. C'est un point valable qui nécessite une explication.

Ce que Jésus avait vu était un figuier feuillu. Ces arbres produisent habituellement trois récoltes : une en juin, une en août et une en décembre. Ils produisent les fruits en premier puis les feuilles poussent annonçant que le fruit est mûr. L'événement mentionné ici a lieu en mars, ce qui est bien avant la première récolte et suggère qu'il resterait peut-être des fruits de la récolte précédente. C'était là de la fausse représentation de la part de l'arbre. Les autres arbres n'avaient pas de feuillage parce qu'il était trop tôt pour la première récolte et que celle de décembre avait disparu. De plus, le fait que cet arbre produisait un feuillage abondant sans porter de fruit signifiait qu'il continuerait à être sans fruit dans le futur et était par conséquent sans valeur en tant que figuier. L'accusation que Jésus avait détruit la propriété de quelqu'un est vaine puisque l'arbre était sur le bord du chemin et n'appartenait à personne (Matthieu écrit que cet arbre était situé près du chemin, Matthieu 21.18-22).

Plus tard quand Marc décrit Jésus chassant les vendeurs du temple, on verra que le figuier sans fruit représente la nation d'Israël et sa réaction à la venue du Messie. La nation avait un feuillage plein, c'est-à-dire une histoire religieuse riche, des cérémonies, un temple ornementé, etc., mais aucun fruit spirituel (sans foi, ni obéissance, ni bonnes œuvres, ni même l'admission que Jésus est le Christ). Quand le Messie est venu parmi la nation pour y chercher du fruit, Il n'en a trouvé aucun. Ce n'était qu'une prétention et pour cette raison Dieu l'a détruite tout comme Jésus a détruit le figuier sans fruit avec une malédiction.

En réponse aux Apôtres quant au figuier et à sa destruction, Jésus leur enseigne une leçon sur la nécessité d'avoir la foi. Pierre demande à Jésus comment le figuier peut s'être desséché si rapidement et Jésus utilise le manque de foi de Pierre (il avait douté de la parole de Jésus au sujet de l'arbre) pour lui enseigner, ainsi qu'aux autres, qu'ils doivent porter continuellement du fruit de leur foi contrairement à l'image du figuier sans fruit.

Les Apôtres allaient avoir besoin d'une grande foi pour surmonter les obstacles à venir dans leur mission. Si toutefois ils demandent avec foi et amour (démontré par leur pardon les uns envers les autres), alors Dieu exaucera leurs prières en accord avec Sa volonté. Leur tâche sera de prêcher l'évangile au monde entier et d'établir l'église dans une génération. Cette mission semblera parfois aussi impossible que de déplacer une montagne. Pour accomplir cette tâche, en dépit des obstacles et des adversaires, il faudra une grande foi. Le miracle du figuier démontre qu'avec la foi en Jésus, ils pourraient accomplir l'impossible.

La purification du temple

15 Ils arrivèrent à Jérusalem, et Jésus entra dans le temple. Il se mit à chasser ceux qui vendaient et qui achetaient dans le temple; il renversa les tables des changeurs, et les sièges des vendeurs de pigeons; 16 et il ne laissait personne transporter aucun objet à travers le temple. 17 Et il enseignait et disait: N'est-il pas écrit: Ma maison sera appelée une maison de prière pour toutes les nations? Mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. 18 Les principaux sacrificateurs et les scribes, l'ayant entendu, cherchèrent les moyens de le faire périr; car ils le craignaient, parce que toute la foule était frappée de sa doctrine.

Les prophètes de l'Ancien Testament avaient décrit le Messie comme Celui qui purifierait le temple (Malachie 3.1-3). Jésus accomplit ici cette prophétie. Les Juifs profanaient le temple de différentes manières. Les sacrifices d'animaux y avaient lieu et la taxe du temple était payée. Pour cela il y avait de nombreux marchands qui vendaient des animaux et échangeaient la monnaie des pèlerins qui venaient d'ailleurs sans apporter d'animaux ou de monnaie. Les kiosques des marchands étaient habituellement situés près des entrées du temple.

Plusieurs parvis entouraient le temple dont l'un était le parvis des nations. Cette section était réservée à ceux qui avaient été convertis au judaïsme. Ils adoraient le Dieu des Juifs mais n'étaient pas descendants d'Abraham et ne pouvaient entrer le parvis réservé aux Juifs, ni le lieu saint auquel seuls les prêtres avaient accès, ni le lieu très saint où seul le haut prêtre entrait une fois par année pour offrir le sacrifice au Jour d'expiation.

Malheureusement, avec le temps les chefs religieux juifs ont permis l'entrée des marchands et des changeurs de monnaie dans la cour des nations pour leur commerce, souillant cette partie du temple et limitant pour les non-Juifs la possibilité d'adorer. Jésus a dit que le temple était une « maison de prière pour toutes les nations. » Il accuse les chefs religieux d'entraver l'adoration des non-Juifs et aussi de profaner le temple en y permettant le commerce malhonnête.

Avec Sa réprimande directe des dirigeants, leur irritation atteint son comble. Il est désormais un homme marqué. Pour le peuple, toutefois, cet acte courageux et zélé était puissant et courageux, particulièrement en défense de la cour des gentils. Marc mentionne qu'après cette scène, Jésus et Ses Apôtres partent et reviendront le jour suivant.

Jésus met les prêtres au défi

27 Ils se rendirent de nouveau à Jérusalem, et, pendant que Jésus se promenait dans le temple, les principaux sacrificateurs, les scribes et les anciens, vinrent à lui, 28 et lui dirent: Par quelle autorité fais-tu ces choses, et qui t'a donné l'autorité de les faire? 29 Jésus leur répondit: Je vous adresserai aussi une question; répondez-moi, et je vous dirai par quelle autorité je fais ces choses. 30 Le baptême de Jean venait-il du ciel, ou des hommes? Répondez-moi. 31 Mais ils raisonnèrent ainsi entre eux: Si nous répondons: Du ciel, il dira: Pourquoi donc n'avez-vous pas cru en lui? 32 Et si nous répondons: Des hommes... Ils craignaient le peuple, car tous tenaient réellement Jean pour un prophète. 33 Alors ils répondirent à Jésus: Nous ne savons. Et Jésus leur dit: Moi non plus, je ne vous dirai pas par quelle autorité je fais ces choses.

1Jésus se mit ensuite à leur parler en paraboles. Un homme planta une vigne. Il l'entoura d'une haie, creusa un pressoir, et bâtit une tour; puis il l'afferma à des vignerons, et quitta le pays. 2 Au temps de la récolte, il envoya un serviteur vers les vignerons, pour recevoir d'eux une part du produit de la vigne. 3 S'étant saisis de lui, ils le battirent, et le renvoyèrent à vide. 4 Il envoya de nouveau vers eux un autre serviteur; ils le frappèrent à la tête, et l'outragèrent. 5 Il en envoya un troisième, qu'ils tuèrent; puis plusieurs autres, qu'ils battirent ou tuèrent. 6 Il avait encore un fils bien-aimé; il l'envoya vers eux le dernier, en disant: Ils auront du respect pour mon fils. 7 Mais ces vignerons dirent entre eux: Voici l'héritier; venez, tuons-le, et l'héritage sera à nous. 8 Et ils se saisirent de lui, le tuèrent, et le jetèrent hors de la vigne. 9 Maintenant, que fera le maître de la vigne? Il viendra, fera périr les vignerons, et il donnera la vigne à d'autres. 10 N'avez-vous pas lu cette parole de l'Écriture: La pierre qu'ont rejetée ceux qui bâtissaient Est devenue la principale de l'angle; 11 C'est par la volonté du Seigneur qu'elle l'est devenue, Et c'est un prodige à nos yeux?

Le lendemain, les prêtres confrontent Jésus avec indignation. Comment peut-Il oser? Qui Lui a donné permission? D'où prend-Il cette autorité? Jésus aurait pu ici faire un miracle pour démontrer Son autorité mais Il choisit de ne pas le faire puisque les chefs religieux juifs étaient prédisposés à ne pas croire peu importe ce qu'Il ferait. Il les force plutôt à choisir de quel côté ils seront. Il demande si le baptême de Jean (c'est-à-dire sa prédication, son appel, son témoignage de Jésus) prenait son autorité de Dieu ou d'un homme? Ils plaident l'ignorance qui neutralise leur autorité morale et va à l'encontre de leur attaque contre Jésus qui ne les honore pas même d'une réponse.

Les ayant réduits au silence, Jésus enseigne alors une parabole qui décrit leur attitude et leur punition éventuelle. Il s'agit d'un vignoble remis par son propriétaire aux soins de vignerons. Quand il envoie des esclaves pour en vérifier le progrès, ceux-ci sont chassés par les vignerons. Le propriétaire envoie finalement son propre fils, ils le tuent pour tenter de garder la vigne pour eux-mêmes. Jésus conclut la parabole en disant que le propriétaire reviendra pour exécuter les vignerons et les remplacer par des nouveaux. Le parallèle entre l'histoire et les prêtres est évident. Ils sont furieux et veulent se saisir de Lui immédiatement mais ne peuvent le faire à cause de la foule.

Jésus met les pharisiens au défi

12 Ils cherchaient à se saisir de lui, mais ils craignaient la foule. Ils avaient compris que c'était pour eux que Jésus avait dit cette parabole. Et ils le quittèrent, et s'en allèrent. 13 Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques-uns des pharisiens et des hérodiens, afin de le surprendre par ses propres paroles. 14 Et ils vinrent lui dire: Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t'inquiètes de personne; car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Devons-nous payer, ou ne pas payer? 15 Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit: Pourquoi me tentez-vous? Apportez-moi un denier, afin que je le voie. 16 Ils en apportèrent un; et Jésus leur demanda: De qui sont cette effigie et cette inscription? De César, lui répondirent-ils. 17 Alors il leur dit: Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans l'étonnement.

L'objectif des pharisiens dans ce dialogue avec Jésus est de Lui tendre un piège où ils pourraient L'accuser de discréditer l'autorité romaine ou Le discréditer devant le peuple. Les hérodiens étaient un parti politique qui supportait le règne du Roi Hérode avec zèle. Ils craignaient que les actions de Jésus ne causent du trouble et mettent la position du Roi en danger dans le gouvernement romain.

La question qu'ils Lui posent semble impossible à répondre. S'Il dit « oui », ils Le dénonceront comme sympathique à un dirigeant païen cruel. S'Il dit « non », ils L'accuseront d'être un rebelle face aux romains et de ne pas payer Ses taxes. Jésus met la question dans la bonne perspective. Dans la hiérarchie de responsabilités, les taxes étaient la responsabilité de l'homme puisque Dieu avait donné au gouvernement le droit de diriger et de collecter des taxes. Dans cet arrangement divin, l'homme (le gouvernement) recevait des taxes, et Dieu recevait l'adoration.

Marc dit que même les pharisiens étaient ébahis, incapables de Le piéger et qu'ils venaient d'entendre un enseignement qu'ils n'avaient jamais considéré auparavant (cet enseignement allégeait même le fardeau de leur culpabilité pour payer des taxes à un roi païen).

Jésus met les sadducéens au défi

18 Les sadducéens, qui disent qu'il n'y a point de résurrection, vinrent auprès de Jésus, et lui firent cette question: 19 Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit: Si le frère de quelqu'un meurt, et laisse une femme, sans avoir d'enfants, son frère épousera sa veuve, et suscitera une postérité à son frère. 20 Or, il y avait sept frères. Le premier se maria, et mourut sans laisser de postérité. 21 Le second prit la veuve pour femme, et mourut sans laisser de postérité. Il en fut de même du troisième, 22 et aucun des sept ne laissa de postérité. Après eux tous, la femme mourut aussi. 23 A la résurrection, duquel d'entre eux sera-t-elle la femme? Car les sept l'ont eue pour femme. 24 Jésus leur répondit: N'êtes-vous pas dans l'erreur, parce que vous ne comprenez ni les Écritures, ni la puissance de Dieu? 25 Car, à la résurrection des morts, les hommes ne prendront point de femmes, ni les femmes de maris, mais ils seront comme les anges dans les cieux. 26 Pour ce qui est de la résurrection des morts, n'avez-vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui dit, à propos du buisson: Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob? 27 Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes grandement dans l'erreur.

Les pharisiens croyaient que le ciel était très semblable à la terre, mais mieux. Les sadducéens par contre se moquaient de cette idée et tentaient de provoquer Jésus contre les pharisiens. Ils ont utilisé cette histoire d'une femme qui épouse successivement sept frères (la loi a dit qu'un frère survivant devait produire un héritier pour son frère mort s'il n'en avait pas). Leur question avait pour but d'humilier les pharisiens : « Au ciel, duquel des frères sera-t-elle l'épouse? » Avec cette question, les sadducéens espéraient aussi que Jésus serait d'accord avec eux (en niant la résurrection de l'homme) ou qu'Il essaierait d'expliquer les idées insensées des pharisiens.

Jésus répond que les deux groupes, les sadducéens et les pharisiens, sont erronés à cause de leur ignorance des Écritures. Il démontre que les Écritures disent que Dieu (au temps présent) est le Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob, c'est-à-dire que s'Il est leur Dieu maintenant, ils sont vivants. La conclusion logique est donc que selon les Écritures, auxquelles ils croyaient et qu'ils étudiaient, la vie existe après la mort. Il démontre aussi Sa connaissance divine en leur disant que ceux qui sont au ciel sont comme des anges et n'ont aucun besoin de se marier.

Il souligne leur ignorance puis démontre Sa propre divinité en révélant ce que seulement quelqu'un venu du ciel pourrait révéler, soit ce que sont vraiment les êtres célestes!

Le plus grand commandement

28 Un des scribes, qui les avait entendus discuter, sachant que Jésus avait bien répondu aux sadducéens, s'approcha, et lui demanda: Quel est le premier de tous les commandements? 29 Jésus répondit: Voici le premier: Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur; 30 et: Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. 31 Voici le second: Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là. 32 Le scribe lui dit: Bien, maître; tu as dit avec vérité que Dieu est unique, et qu'il n'y en a point d'autre que lui, 33 et que l'aimer de tout son cœur, de toute sa pensée, de toute son âme et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même, c'est plus que tous les holocaustes et tous les sacrifices. 34 Jésus, voyant qu'il avait répondu avec intelligence, lui dit: Tu n'es pas loin du royaume de Dieu. Et personne n'osa plus lui proposer des questions.

Jusqu'ici, Jésus a confronté les politiciens (les pharisiens et les hérodiens) et les aristocrates (les sadducéens). Il fait maintenant face aux avocats, les scribes. Il existait 148 commandements positifs et 365 commandements négatifs concernant les affaires de la loi juive. Leurs écrits, enseignements et débats étaient basés sur les mérites relatifs de ceux-ci. Ils demandent à Jésus lequel est le plus grand.

Jésus cite le « Chéma » (une combinaison de Deutéronome 6.45 et Lévitique 19.18) pour synthétiser l'enseignement de l'Ancien Testament. Par cette réponse, Jésus résume tous les commandements sans pourtant en diminuer aucun. Le scribe était si impressionné qu'il l'a répétée comme s'il voulait l'imprégner dans son propre esprit. Ce scribe était sincère et probablement las d'obéir à ces règles. Il était proche du royaume mais pas tout à fait arrivé. Pour être dans le royaume, il lui fallait se rendre compte qu'il ne pouvait être juste par l'observance parfaite de la loi de Dieu mais qu'il lui fallait plutôt rechercher le salut par la foi en Celui que Dieu avait envoyé, Jésus Christ.

Avertissement contre les scribes

35 Jésus, continuant à enseigner dans le temple, dit: Comment les scribes disent-ils que le Christ est fils de David? 36 David lui-même, animé par l'Esprit Saint, a dit: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied. 37 David lui-même l'appelle Seigneur; comment donc est-il son fils? Et une grande foule l'écoutait avec plaisir. 38 Il leur disait dans son enseignement: Gardez-vous des scribes, qui aiment à se promener en robes longues, et à être salués dans les places publiques; 39 qui recherchent les premiers sièges dans les synagogues, et les premières places dans les festins; 40 qui dévorent les maisons des veuves, et qui font pour l'apparence de longues prières. Ils seront jugés plus sévèrement.

Jésus avait échangé avec un scribe éduqué et sincère qui était au moins respectueux même s'il ne croyait pas encore. Il réprimande les scribes qui utilisaient la Parole de Dieu pour contrôler le peuple et s'exalter (ce que les chefs religieux ont fait à travers l'histoire) :

  • Premièrement Il montre qu'ils sont erronés quant à leur compréhension de la Parole. Les scribes enseignaient que le Messie serait simplement un être humain descendant de David. Jésus montre que David lui-même avait écrit que le Messie serait divin, faisant référence à Lui comme « Seigneur, » « Le Seigneur (Dieu) a dit à mon Seigneur (Messie) » (Psaumes 110.1).
  • Deuxièmement, Il révèle leur hypocrisie en agissant pieusement et désirant être honorés pour leur spiritualité alors qu'en réalité, ils trichaient les plus âgés et extorquaient leur argent sous prétexte de les servir.

Jésus dit au peuple que la condamnation et la punition de ces chefs religieux serait sévère parce qu'ils couvraient leur orgueil sous le déguisement d'une religion sincère.

Ce qu'ils ont appris

41 Jésus, s'étant assis vis-à-vis du tronc, regardait comment la foule y mettait de l'argent. Plusieurs riches mettaient beaucoup. 42 Il vint aussi une pauvre veuve, elle y mit deux petites pièces, faisant un quart de sou. 43 Alors Jésus, ayant appelé ses disciples, leur dit: Je vous le dis en vérité, cette pauvre veuve a donné plus qu'aucun de ceux qui ont mis dans le tronc; 44 car tous ont mis de leur superflu, mais elle a mis de son nécessaire, tout ce qu'elle possédait, tout ce qu'elle avait pour vivre.

Les Apôtres étaient témoins de la confrontation et de la condamnation de chaque segment des dirigeants juifs; ce dernier épisode tente de résumer ce qu'ils devraient avoir appris de tout cela.

La cour des femmes contenait 13 réservoirs en forme de trompettes bâtis dans ses murs. Jésus observe les riches qui paradent et se font remarquer quand ils mettent leur offrande dans le tronc (ceux qui donnaient le plus pouvaient être en tête de ligne). La veuve, qui était la dernière, donna deux pièces équivalant à un quart de sou soit la plus petite pièce de monnaie à l'époque. Ce que Jésus a vu toutefois était le cœur. Les riches donnaient une portion pour démontrer leur piété, mais en réalité le montant de leur offrande n'affectait en rien leur style de vie. En contraste, la veuve donnait par foi tout ce qu'elle possédait et ce-faisant augmentait son fardeau financier. Jésus explique que c'est son attitude (sacrifice fait avec foi) qui était acceptable devant Dieu plutôt que le montant, alors que les dons des autres, dont l'attitude était d'impressionner, étaient rejetés.

Les Apôtres allaient faire face à ces mêmes gens dans le futur. Ils seraient jugés et harassés par eux alors Jésus leur montre à l'avance leur hypocrisie et démontre par la veuve qu'Il recherche des disciples sincères et fidèles.

Passage à lire : Marc 13:1-14:72