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Colossiens 3.22-4.18

Par Michel Mazzalongo Publié : Fri. June 19
Paul continue à décrire le niveau de vie qui découle de l'enseignement de Jésus et ajoute une caractéristique finale de cette conception - une société ordonnée.

Nous avons appris que Paul a écrit cette lettre en réponse aux efforts de faux-enseignants (les judaïsants) de minimiser la place du Christ et de Ses enseignements pour y substituer les leurs. Les Colossiens étaient ainsi attirés loin de leur paix et sécurité en Christ, et tentés de baser leur salut sur l'observance des lois sur le manger, sur la circoncision et sur différents enseignements quant à la position et au pouvoir des anges.

La réponse de Paul est de démontrer que Jésus Christ et Ses enseignements sont la base sur laquelle ils sont sauvés, continuent d'être sauvés et devraient baser leurs vies. Paul continue en expliquant ce que leurs vies devraient être s'ils les basent sur les enseignements du Christ plutôt que sur les enseignements sans substance des judaïsants. Cela a été le sujet de nos dernières leçons, le standard, ou la moralité, qui appartient à la vie chrétienne. Ce standard possède plusieurs caractéristiques :

  1. Une vie sainte (spécialement la pureté sexuelle).
  2. Une nature aimante (qui exprime la vérité).
  3. Un cœur reconnaissant.
  4. Une famille ordonnée (où chacun joue un rôle particulier).

Continuons à décrire ce standard de vie qui découle de l'enseignement de Jésus en y ajoutant la dernière caractéristique que Paul décrit.

Caractéristiques du standard chrétien – 3.22 - 4.1

Une société ordonnée

Paul a mentionné que les chrétiens devaient avoir une famille ordonnée et il poursuit cette idée pour inclure son extension naturelle, soit une société ordonnée sans toutefois donner beaucoup de détails. Il commente simplement sur le rôle et l'attitude des deux positions possibles dans la société de l'époque : celle d'esclave ou celle de maître.

Dans l'Empire romain, il n'y avait que deux classes de gens, ceux qui étaient esclaves et ceux qui étaient libres. Paul n'excuse pas l'esclavage ; il fournit simplement l'enseignement nécessaire pour que les chrétiens vivent correctement et dans l'ordre devant Dieu dans la classe dont ils faisaient partie.

Les esclaves

22 Serviteurs, obéissez en toutes choses à vos maîtres selon la chair, non pas seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais avec simplicité de cœur, dans la crainte du Seigneur. 23 Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes, 24 sachant que vous recevrez du Seigneur l'héritage pour récompense. Servez Christ, le Seigneur. 25 Car celui qui agit injustement recevra selon son injustice, et il n'y a point d'acception de personnes. – v. 22-25

Il dit aux esclaves deux choses qui les guideront dans leurs vies chrétiennes :

1. Obéissez sincèrement - Ne faites pas semblant d'obéir mais faites-le de bon cœur en sachant que le Seigneur connaît les pensées du cœur. Travaillez avec enthousiasme, sans murmures ni relâche, joyeusement comme si vous le faisiez pour Dieu (Jésus) et non pour un homme (le maître). Paul rappelle aux esclaves que Dieu jugera et récompensera leur travail. Leur attitude et leur service ne devrait pas être basé sur le caractère de leur maître ni sur leur rémunération, il devrait être fait pour plaire à Dieu qui donnera la récompense finale, soit la vie éternelle (c'est là l'héritage). Une promesse merveilleuse pour celui qui était destiné à une vie d'esclavage ici-bas.

2. Vous serez jugés - Ils ne devraient pas cacher leur désobéissance et leur paresse derrière l'excuse de l'esclavage. Dieu est impartial et jugera chacun selon son obéissance à Lui, et non selon sa condition d'esclave ou d'homme libre.

Les maîtres (ceux qui sont libres)

Maîtres, accordez à vos serviteurs ce qui est juste et équitable, sachant que vous aussi vous avez un maître dans le ciel. – 4.1

Là encore, Paul ne donne pas toutes les instructions pour la vie des maîtres, seulement ce qui établira le ton pour une relation appropriée avec leurs esclaves aux yeux de Dieu. En tant que maîtres ils ont une responsabilité d'être justes, de voir aux besoins de ceux qui sont à leur charge sans prendre avantage d'eux. Il serait facile de les traiter comme inférieurs parce que les esclaves étaient considérés comme de la propriété, mais Dieu leur rappelle leur rôle d'intendants envers leurs esclaves.

Il les avertit qu'ils sont aussi des esclaves du Maître et que leur attitude devrait être la même que celle que Jésus a envers eux. Ils seront jugés eux aussi.

Paul ne dénonce pas l'esclavage comme quelque chose de mal et il ne tente pas de commencer une révolution. Il guide simplement ces deux classes de gens quant à la manière de vivre dans l'ordre devant Dieu dans la position qu'ils occupent. Dans son épître aux Corinthiens (I Corinthiens 7.21), Paul encourage ceux qui le peuvent à obtenir leur liberté mais il n'encourage pas une rébellion. Cela aurait créé le désordre dans l'Église et dans la société. L'esclavage fut éventuellement vaincu à mesure que le christianisme conquit les différents systèmes sociaux de l'Empire romain.

Paul ajoute ainsi une autre caractéristique au style de vie chrétien, une société ordonnée telle que vue dans la relation entre les esclaves et les hommes libres, ou de nos jours dans la relation entre employeurs et employés.

Les chrétiens s'efforcent de maintenir l'ordre dans leurs relations au travail peu importe leur position en reconnaissant qu'ils servent le Seigneur et qu'ils seront ultimement jugés par Lui et non par l'homme.

Conclusion et salutations

S'ils acceptent le Christ et Ses enseignements comme standard, alors leurs vies refléteront le fait qu'ils vivent selon ce standard. Elles seront, comme Paul l'a montré, saintes, aimantes, reconnaissantes et démontreront de l'ordre au foyer et dans la société.

Au verset suivant (4.2) Paul passera naturellement à la partie finale de sa lettre qui inclut plusieurs mots d'encouragement et l'éloge de différents compagnons d'œuvre.

2 Persévérez dans la prière, veillez-y avec actions de grâces. 3 Priez en même temps pour nous, afin que Dieu nous ouvre une porte pour la parole, en sorte que je puisse annoncer le mystère de Christ, pour lequel je suis dans les chaînes, 4 et le faire connaître comme je dois en parler. – v. 2-4

Il les encourage à persévérer dans les remerciements pour leurs nombreux bienfaits et aussi à prier pour lui. Il est en prison, différents individus cherchent à détruire son œuvre, il y a encore tant à accomplir et il fait face à un procès.

Il leur demande de prier pour lui et pour ses compagnons de travail avec dévotion afin qu'ils puissent prêcher la bonne nouvelle à d'autres qui ne l'ont pas encore entendue. C'est Dieu qui accorde ces occasions. Paul désire continuer son ministère. Il veut aussi avoir la sagesse nécessaire pour se défendre à la cour impériale à Rome.

Son ministère futur dépendrait largement des résultats de sa parution à la cour. Nous savons qu'il a été relâché pour un certain temps (2 ans) comme je l'ai mentionné dans le chapitre d'introduction, il avait passé ce temps en liberté à revisiter et fortifier les églises qu'il avait établies en Crète, à Éphèse, à Corinthe (voir Tite 1.5). Toutefois, au moment où il écrit cette lettre, son futur et le résultat de sa comparution sont incertains et il demande leur intercession pour lui.

5 Conduisez-vous avec sagesse envers ceux du dehors, et rachetez le temps. 6 Que votre parole soit toujours accompagnée de grâce, assaisonnée de sel, afin que vous sachiez comment il faut répondre à chacun. – v. 5-6

Du fait de sa situation avec des païens à la fois en prison et en cour, il transforme sa demande de prière en encouragement aux Colossiens d'être prudents quant à leur manière de communiquer avec des non-chrétiens.

Malgré le fait qu'il était en prison et que sa vie était en danger, il avait réussi à répandre l'évangile à travers la prison à Rome (Philippiens 1.13). Il dit aux Colossiens que par leur bonne conduite (qu'il a expliquée aux chapitres précédents) et leurs paroles pleines de grâce, ils doivent aussi prendre avantage de chaque occasion de répondre à chacun selon leur foi.

Le fait qu'il est en prison pourrait les inciter à garder le silence mais il leur dit que par leur bonne conduite et leurs bonnes paroles ils peuvent toucher des non-chrétiens par le témoignage de leur foi.

7 Tychique, le bien-aimé frère et le fidèle ministre, mon compagnon de service dans le Seigneur, vous communiquera tout ce qui me concerne. 8 Je l'envoie exprès vers vous, pour que vous connaissiez notre situation, et pour qu'il console vos cœurs. 9 Je l'envoie avec Onésime, le fidèle et bien-aimé frère, qui est des vôtres. Ils vous informeront de tout ce qui se passe ici. – v. 7-9

Voici maintenant les salutations et les éloges.

TYCHIQUE

Il était l'un des représentants personnels de Paul et celui qui livrerait les lettres à Colosses et à Éphèse. Il a aussi été envoyé en Crète pour aider à Tite (Tite 3.12) et à Éphèse pour aider à Timothée (II Timothée 4.12). Ici Paul le dit bien-aimé et fidèle, capable de les informer de sa situation avec exactitude. C'était un ministre fiable et utile dans l' Église.

ONÉSIME

Onésime était l'esclave qui s'était sauvé de Colosses et que Paul avait converti en prison. Il retournait chez lui avec Tychique et apportait une lettre de Paul à Philémon son ancien maître.

10 Aristarque, mon compagnon de captivité, vous salue, ainsi que Marc, le cousin de Barnabas, au sujet duquel vous avez reçu des ordres (s'il va chez vous, accueillez-le); 11 Jésus, appelé Justus, vous salue aussi. Ils sont du nombre des circoncis, et les seuls qui aient travaillé avec moi pour le royaume de Dieu, et qui aient été pour moi une consolation. – v. 10-11

Paul mentionne ici trois chrétiens juifs qui travaillaient et avec lui et le servaient pendant qu'il était en captivité à Rome.

ARISTARQUE

Il était un compagnon de Paul depuis longtemps et est mentionné pour la première fois avec l'Apôtre pendant l'émeute de la foule à Éphèse (Actes 19.29). Il accompagne Paul à Jérusalem avec la collecte pour les saints (Actes 20.4) et on le voit encore avec Paul plus tard sur le navire vers Rome (Actes 27.2). Il semble avoir volontairement rejoint Paul comme prisonnier pour servir ses besoins (Colossiens 4.10).

MARC

Marc (parfois Jean ou Jean Marc) est familier. Les Apôtres utilisaient la maison de Marie, sa mère, à Jérusalem (Actes 12.12). Son cousin Barnabas l'a amené à Antioche et il accompagné Paul et Barnabas pendant leur premier voyage missionnaire (Actes 13.5). Il a refusé de les suivre à Pergé et en Pamphylie et est retourné à Jérusalem (Actes 13.13). Cela provoque plus tard une dispute entre Barnabas et Paul quand Barnabas veut l'emmener pour un autre voyage missionnaire (Actes 15.38). Barnabas prend alors Marc avec lui et va travailler à Chypre alors que Paul va en Asie mineure et en Grèce avec Silas. Du fait que Paul le mentionne dans sa lettre aux Colossiens, nous voyons que Marc a été réuni à Paul dans le travail et a gagné sa haute estime.

Après la mort de Paul il est mentionné de nouveau par Pierre (I Pierre 5.13) en tant que son compagnon d'œuvre. Plusieurs érudits pensent que l'évangile de Marc est le récit des expériences personnelles de Pierre écrits par Marc.

JUSTUS

On connaît bien peu à son sujet à part sa mention dans cette lettre.

Paul a passé la majeure partie de cette épître à réfuter les faux-enseignants juifs parmi eux mais il mentionne rapidement trois compagnons juifs chrétiens qui sont fidèles et bien-aimés pour montrer qu'il y a plusieurs frères parmi les Juifs qui sont fidèles et dignes de confiance.

ÉPAPHRAS

12 Épaphras, qui est des vôtres, vous salue : serviteur de Jésus Christ, il ne cesse de combattre pour vous dans ses prières, afin que, parfaits et pleinement persuadés, vous persistiez dans une entière soumission à la volonté de Dieu. 13 Car je lui rends le témoignage qu'il a une grande sollicitude pour vous, pour ceux de Laodicée et pour ceux d'Hiérapolis. – v. 12-13

Ami et compagnon d'œuvre de Paul. Plusieurs érudits croient qu'il était différent d'Épaphrodite mentionné en Philippiens 2.25 et 4.18. Épaphras a travaillé comme évangéliste et aidé à l'établissement des églises à Colosses, Hiérapolis et Laodicée.

Paul dit qu'il est de Colosses et qu'il priait pour eux avec ferveur. Il atteste au fait qu'Épaphras agonisait au sujet de leur foi et les voulait pleinement assurés que Dieu les voulait sauvés et sécures en Christ.

LUC

14 Luc, le médecin bien-aimé, vous salue, ainsi que Démas. – v. 14

Encore une fois, Paul ne fait que mentionner Luc en passant, non pas parce qu'il est sans importance mais plutôt parce qu'il est à la fin de sa lettre et que ses lecteurs connaissent Luc. Un compagnon de Paul et l'auteur de l'Évangile qui porte son nom et du livre des Actes des Apôtres. C'est la seule mention de Luc comme médecin.

DÉMAS

Il y a trois références à Démas. Deux d'entre elles disent qu'il est un compagnon de travail et envoie ses salutations, et la dernière se trouve en II Timothée 4.10 qui révèle qu'il a finalement abandonné Paul et le travail pour retourner à la vie dans le monde. Il était le secrétaire de Paul et un scribe pendant un certain temps avant sa chute.

Les salutations et instructions finales se suivent alors rapidement.

15 Saluez les frères qui sont à Laodicée, et Nymphas, et l'Église qui est dans sa maison. 16 Lorsque cette lettre aura été lue chez vous, faites en sorte qu'elle soit aussi lue dans l'Église des Laodicéens, et que vous lisiez à votre tour celle qui vous arrivera de Laodicée. 17 Et dites à Archippe: Prends garde au ministère que tu as reçu dans le Seigneur, afin de le bien remplir. 18 Je vous salue, moi Paul, de ma propre main. Souvenez-vous de mes liens. Que la grâce soit avec vous ! – v. 15-18

V. 15 - Salutations à l'église de Laodicée et à un groupe plus petit qui se réunit dans la maison d'un des frères.

V. 16 - Paul mentionne une autre lettre (aux Laodiciens) qui avait été écrite et envoyée, et il les instruits d'échanger leurs lettres respectives. Cette lettre aux Laodiciens n'est plus en existence de nos jours.

V. 17 - La seule autre mention d'Archippe se trouve dans la lettre à Philémon (il était probablement le fils de Philémon). Épaphras avait laissé l'église de Colosses (où étaient Archippe et Philémon) afin d'aller à Rome pour servir Paul. Il semble qu'Épaphras ait laissé son ministère aux soins d'Archippe. Paul l'exhorte de ne pas négliger ce ministère mais d'y travailler avec diligence (de la même manière qu'il exhorte Timothée en I Timothée 4.16). En fin de compte, ce ministère lui avait vraiment été donné par le Seigneur et non seulement par Épaphras ou Paul.

Vs. 18 - Paul termine cette lettre dictée à Démas en la signant de sa propre main comme preuve de son authenticité et aussi comme une manière d'envoyer ses propres salutations. Il les encourage à se souvenir de son emprisonnement, de sa signification et de ses raisons : la gloire de Dieu et l'évangile du Christ. Il finit avec une bénédiction que la grâce (ou la faveur) de Dieu soit avec eux.

Avec cette bénédiction, Paul finit la lettre qui affirme le Christ et Ses enseignements comme base primaire ou prééminente sur laquelle

  • La connaissance du vrai Dieu est révélée,
  • La foi du salut est basée, et
  • La direction de la vie chrétienne est établie.