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Bénédiction et foi

Par Michel Mazzalongo Verset : Galates 3.6-22 Publié : Wed. May 18
Dans cette leçon, Paul établit l'argument principal de sa lettre aux Galates : les bienfaits spirituels ont toujours été obtenus par un système de foi et non par un système de mérite.

Jusqu'ici dans sa lettre aux Galates, le point-clé de Paul est que les bénédictions du salut sont obtenues par un système de foi et non de loi. Il affirme que c'est l'association avec Jésus basée sur la foi en Lui qui permet de partager les nombreux bienfaits qui accompagnent le salut qu'Il offre. On pourrait comparer cette association à quelqu'un de pauvre qui épouse quelqu'un de riche. Ils partagent les biens par le mariage et non par mérite. Dans cet exemple, le baptême est la cérémonie où la personne pauvre (le pécheur) est unie à celle qui est riche (le Christ).

Au chapitre précédent, Paul a mentionné deux des bienfaits qui sont obtenus par la foi et comment les garder: le bienfait de la justice et celui de l'Esprit qui vit dans le chrétien. Ils sont obtenus par la foi et non par les œuvres de la Loi et des traditions comme le prétendaient les judaïsants.

Paul mentionne aussi qu'on maintient ces bénédictions de la même manière qu'on les obtient, c'est-à-dire par la foi. On demeure juste devant Dieu parce qu'on continue à croire en Jésus et non pas parce qu'on arrive à tout faire correctement une fois qu'on est chrétien.

Paul parle à la fois aux Juifs et aux Gentils. En 3.6, il mentionne une autre bénédiction reçue par la foi à laquelle ses lecteurs juifs s'identifient plus que leurs frères païens. C'était la promesse d'Abraham, une autre bénédiction reçue exclusivement par la foi en Christ. Aux versets 6-29, Paul explique non seulement que la promesse d'Abraham vient par la foi en Christ, mais aussi que les païens la reçoivent de la même manière.

Avant d'examiner le texte, révisons ce à quoi Paul fait référence quand il mentionne la promesse d'Abraham. Dieu avait promis :

  1. Qu'Abraham recevrait la protection contre ses ennemis.
  2. Qu'une grande nation serait issue de lui.
  3. Qu'il aurait un pays.
  4. Qu'il recevrait des bienfaits pour lui-même et que toutes les nations seraient bénies à travers lui.

Avec le temps, Jésus a résumé ces promesses comme l'assurance qu'ils étaient le peuple choisi de Dieu, que leur pays demeurerait leur et que Dieu les protégerait.

Paul explique que l'essence de la promesse était qu'Abraham et ses descendants étaient bénis et préservés pour que Jésus serait ultimement issu d'eux et que tous les bienfaits spirituels promis Lui seraient alors donnés!

Ces bienfaits seraient alors accessibles à tous à travers un système de foi. C'était là le plan de Dieu en distribuant les bénédictions spirituelles du ciel selon Sa promesse à Abraham.

Les bénédictions ont toujours été basées sur la foi

6 Comme Abraham crut à Dieu, et que cela lui fut imputé à justice, 7 reconnaissez donc que ce sont ceux qui ont la foi qui sont fils d'Abraham.

Paul commence par démontrer que le principe selon lequel Dieu a toujours opéré était un système de foi. Même avec Abraham, Dieu a imputé la justice basée sur sa foi. Il ne s'agissait pas d'un nouveau système mais accomplissait plutôt celui qui avait toujours été en place. Les fils d'Abraham étaient tous ceux qui parvenaient aussi à la justice de la même manière, soit à travers le système de la foi.

8 Aussi l'Écriture, prévoyant que Dieu justifierait les païens par la foi, a d'avance annoncé cette bonne nouvelle à Abraham: Toutes les nations seront bénies en toi! 9 de sorte que ceux qui croient sont bénis avec Abraham le croyant.

Le cœur du message de l'évangile, la bonne nouvelle, n'est pas que Jésus est Seigneur mais qu'à travers le Seigneur Jésus, le salut est offert à l'homme basé sur la foi (autrement il ne pourrait l'obtenir).

Étant le premier à entendre et à croire ce message, Abraham serait :

  1. Lui-même béni avec la justice.
  2. Le père spirituel de tous ceux qui répondraient de la même manière. Ainsi, toutes les nations auraient accès aux bienfaits du salut parce qu'ils seraient offerts à travers un système de foi.

Paul repousse l'argument des judaïsants (qu'il faut d'abord être circoncis et suivre les coutumes et les lois juives avant de devenir disciple de Jésus) en disant que seulement par son évangile quelqu'un pourrait-il vraiment devenir un « fils d'Abraham ».

10 Car tous ceux qui s'attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction; car il est écrit: Maudit est quiconque n'observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. 11 Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident, puisqu'il est dit: Le juste vivra par la foi.12 Or, la loi ne procède pas de la foi; mais elle dit: Celui qui mettra ces choses en pratique vivra par elles. 13 Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois, - 14 afin que la bénédiction d'Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus Christ, et que nous reçussions par la foi l'Esprit qui avait été promis.

Il contraste le système du salut par l'observance de la Loi.

Verset 10: La Loi était donnée pour révéler le péché et condamner les pécheurs. Quiconque essayait de se justifier par l'observance de la Loi devait l'observer parfaitement. Il n'y avait pas de miséricorde et, le moindre manque menait à la condamnation.

Versets 11-12: Les Écritures (la Loi et les prophètes) enseignaient que la justice venait par le système de la foi et non par le système d'observance de la Loi. L'évangile qu'il prêchait ne violait donc pas la théologie juive.

Verset 13: Dans la mentalité juive, le fait que le Sauveur était crucifié était un obstacle à la foi. La mort de Jésus, surtout sur la croix, ne présentait pas l'image d'un Sauveur glorieux à laquelle ils s'attendaient et semblait aussi violer les Écritures concernant celui qui était exécuté.

Paul explique que la malédiction de la Loi était le fait que les péchés de chacun étaient révélés et par conséquent condamnés par cette même Loi. Malgré cette connaissance, la Loi ne donnait à personne l'habileté de cesser de pécher ni de faire appel à la miséricorde ou au pardon de Dieu. Jésus est venu et a annulé la malédiction de trois manières :

  1. Il a vécu une vie parfaite, accomplissant ainsi les exigences de la Loi une fois pour toutes.
  2. Il a offert Sa vie pour payer la dette morale due par tous les hommes à cause du péché. Cela remplissait les exigences de la Loi. Une vie parfaite rachetait une vie imparfaite, et puisque celle du Christ était à la fois de nature divine et de nature humaine, la qualité de Son sacrifice était telle qu'Il pouvait payer pour les péchés de tous les hommes et non pas d'un seul.
  3. Il a promis de donner le Saint Esprit à tous les hommes pour leur aider à cesser de pécher.

Paul explique que la malédiction que le Christ a portée pour nous était Sa mort sur la croix. Mourir ainsi (exécuté comme un criminel) était une chose honteuse pour un Juif, mais c'était notre honte, la malédiction que nous méritions qu'Il a portée malgré Son innocence. L'Apôtre l'explique pour aider les Juifs à saisir que la malédiction, bien que honteuse, était la nôtre et non la Sienne.

Verset 14: Une fois la malédiction enlevée, tous pouvaient désormais être bénis. Les Juifs avaient accès à la justice parce que la Loi qui les condamnait avait été satisfaite. Les païens avaient accès à la justice parce que la Loi qui les avait limités avait été annulée.

15 Frères (je parle à la manière des hommes), une disposition en bonne forme, bien que faite par un homme, n'est annulée par personne, et personne n'y ajoute.

Après avoir établi l'idée que le salut par un système de foi a toujours été la manière dont Dieu traitait l'homme, Paul commence une nouvelle idée.

Il explique un principe de Loi qui leur est familier:

  • Que lorsqu'une alliance (une entente) est faite et ratifiée on ne peut la défaire ni la modifier par la suite (comme un testament).
  • Cela ne peut être fait avec les lois des hommes et définitivement pas avec les lois de Dieu non plus.
16 Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa postérité. Il n'est pas dit: et aux postérités, comme s'il s'agissait de plusieurs, mais en tant qu'il s'agit d'une seule: et à ta postérité, c'est-à-dire, à Christ.

Paul fait son point au verset suivant. La promesse, ou l'alliance, avait été faite par Dieu à Abraham. Cette alliance était établie. La base de cette promesse était qu'un descendant d'Abraham recevrait les bénédictions promises (Genèse 22.18), ce descendant d'Abraham était Jésus Christ. Les bénédictions n'étaient pas seulement pour les Juifs en tant que nation choisie, mais plutôt pour Jésus Christ qui serait issu de cette nation.

17 Voici ce que j'entends: une disposition, que Dieu a confirmée antérieurement, ne peut pas être annulée, et ainsi la promesse rendue vaine, par la loi survenue quatre cents trente ans plus tard.

Quatre siècles après Abraham, Moïse a mené le peuple hors d'Égypte, et Dieu lui a donné la Loi. Cela n'a pas changé l'alliance originale faite avec Abraham. Le Christ demeurait Celui qui recevrait les bénédictions et le système de foi demeurait la manière par laquelle tous y auraient accès. La Loi ne modifiait pas cette entente.

18 Car si l'héritage venait de la loi, il ne viendrait plus de la promesse; or, c'est par la promesse que Dieu a fait à Abraham ce don de sa grâce.

Les bienfaits étaient promis originalement et reçus par la foi, mais si le système changeait, alors il se produirait deux choses:

  1. On aurait ajouté à la promesse originale de Dieu, la modifiant.
  2. Il n'y aurait plus de dons basés sur la promesse, ils devraient désormais être gagnés, mérités.
19 Pourquoi donc la loi? Elle a été donnée ensuite à cause des transgressions, jusqu'à ce que vînt la postérité à qui la promesse avait été faite; elle a été promulguée par des anges, au moyen d'un médiateur.

Paul répond maintenant à une question qui pourrait être posée naturellement à cette jonction : « Pourquoi la Loi avait-elle été donnée? » En guise de réponse, il explique que Dieu avait donné la Loi par des anges, au moyen d'un médiateur, Moïse, pour différentes raisons:

  1. À cause des transgressions
    • Pour révéler le péché
    • Pour révéler la condamnation due au péché
    • Pour atténuer le mal (divorce, nourriture, etc.)
  2. Pour préparer les hommes pour le Christ (le descendant)
    • Pour révéler la manière selon laquelle Dieu traite le péché par l'expiation et le système sacrificiel. L'expiation pour le péché exige la mort.
20 Or, le médiateur n'est pas médiateur d'un seul, tandis que Dieu est un seul.

La Loi n'a aucunement remplacé ni modifié la promesse, et la manière dont elle a été donnée le prouve. La promesse avait été donnée directement par Dieu à Abraham, seul à seul, comme une alliance. La Loi avait été donnée au peuple par un médiateur, Moïse, qui l'a reçue de Dieu parmi des milliers d'anges (Deutéronome 33.2). La Loi n'était pas un ajout ni une limitation de la promesse, mais plutôt une mesure divine et temporaire dont le but a été accompli quand le Christ est venu.

21 La loi est-elle donc contre les promesses de Dieu? Loin de là! S'il eût été donné une loi qui pût procurer la vie, la justice viendrait réellement de la loi. 22 Mais l'Écriture a tout renfermé sous le péché, afin que ce qui avait été promis fût donné par la foi en Jésus Christ à ceux qui croient.

Même si la Loi ne modifie ni n'annule la promesse originale à Abraham, Paul ajoute aussitôt qu'elle ne va pas à l'encontre du dessein de Dieu ni ne le contredit. Il mentionne simplement ce à quoi elle n'était pas destinée, c'est-à-dire à rendre les hommes justes. Elle avait été donnée pour préparer les hommes à comprendre leur propre nature pécheresse et comment Dieu allait en traiter à travers le Christ puis offrir un système de justice par un système de foi tel que promis originalement à Abraham. D'abord la promesse, puis la Loi pour préparer les hommes pour la promesse, puis l'accomplissement de la promesse en Christ.

Après avoir expliqué que le système de foi est en accord avec les Écritures puis avoir donné la raison et le but de la Loi, Paul résume comment ils travaillent conjointement pour nous amener au Christ et le résultat qui en découle.

23 Avant que la foi vînt, nous étions enfermés sous la garde de la loi, en vue de la foi qui devait être révélée. 24 Ainsi la loi a été comme un pédagogue pour nous conduire à Christ, afin que nous fussions justifiés par la foi. 25 La foi étant venue, nous ne sommes plus sous ce pédagogue.

Paul utilise le mot « foi » de deux manières différentes : la foi en tant que croyance, et la foi comme la foi unique, l'évangile, la révélation de la promesse.

Verset 23: Avant que Jésus ne vienne, la Loi servait de retenue, pour guider ou atténuer jusqu'à ce que l'évangile soit révélé.

Verset 24: Les pédagogues, ou tuteurs étaient habituellement des esclaves bien éduqués, responsables du soin et de l'éducation de riches jeunes garçons romains et grecs. Ils avaient reçu des parents l'autorité nécessaire pour discipliner et éduquer l'enfant. Une fois que l'enfant atteignait la maturité, il était libéré du tuteur et libre de recevoir son héritage.

Paul fait cette analogie en référence à la Loi et à son rôle pour former et discipliner le peuple de Dieu jusqu'à ce qu'il soit mûr et prêt pour l'héritage promis par le Père. Dieu a utilisé la Loi pour préparer les hommes à recevoir les promesses par la foi en Jésus Christ.

Verset 25: Maintenant que la foi (l'évangile) est venue, c'est le signe que le tuteur (la Loi) n'est plus nécessaire. Elle a servi sa raison d'être.

26 Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus Christ; 27 vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. 28 Il n'y a plus ni Juif ni Grec, il n'y a plus ni esclave ni libre, il n'y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus Christ. 29 Et si vous êtes à Christ, vous êtes donc la postérité d'Abraham, héritiers selon la promesse.

Verset 26: Le principe en résumé. L'essence de la promesse était que tous deviendraient fils de Dieu et tous hériteraient les bénédictions promises. La promesse est obtenue par le système de foi original révélée à Abraham. L'évangile révèle Celui qui a démontré une foi parfaite, obtenu tous les bienfaits pour nous et en qui notre foi doit demeurer : Jésus.

Verset 27: L'expression de la foi est expliquée. Abraham avait exprimé sa foi par la circoncision et aussi en allant jusqu'à offrir son fils Isaac. Il n'était pas parfait et il péchait mais son intention était de demeurer fidèle. Notre expression de foi commence avec le baptême et continue en nous offrant nous-mêmes comme sacrifices vivants en service et en pureté (Romains 12.1-2).

La foi biblique est composée de trois éléments : la confiance, l'obéissance et la reconnaissance. La foi biblique est souvent comprise de manière bien incomplète et considérée seulement comme la reconnaissance du fait que Jésus est le Fils de Dieu mais elle doit indiscutablement contenir les éléments de confiance et d'obéissance.

La foi d'Abraham en est le modèle :

  1. Il faisait confiance à Dieu pour lui suffire.
  2. Il reconnaissait la présence de Dieu.
  3. Il obéissait aux directives de Dieu, avec l'intention d'obéir parfaitement. (Dieu seul connaît l'effort du cœur et donc Lui seul peut juger.) Abraham n'était pas sans péché mais il s'efforçait d'obéir et Dieu l'a considéré juste.

Verset 28: Le résultat du système de la foi. L'unité des croyants à travers Jésus Christ. Les chrétiens demeurent des hommes et des femmes, mais à travers ce système de foi ils peuvent tous avoir une relation avec Dieu et les uns avec les autres à un niveau spirituel qui n'était pas possible auparavant. Cela ne libère pas les esclaves, ne donne pas autorité aux femmes dans l'église ni n'élimine les différences culturelles – nous demeurons ceux que nous étions et gardons nos rôles. Toutefois, cela révèle qu'aux yeux de Dieu tous ceux qui sont unis au Christ ont la même valeur et reçoivent Ses bénédictions.

Verset 29: Le dessein du plan de Dieu. Dieu remplit Sa promesse originale à Abraham : toutes les nations sont bénies à travers Son descendant, Jésus Christ. Pour les Juifs qui connaissaient les Écritures, la révélation n'était pas que les païens seraient sauvés (répétée souvent par les prophètes), mais qu'eux, les Juifs, seraient unis aux païens en un seul peuple en Christ.

Sommaire

Dans ce long passage, Paul a pour objectif de montrer que la promesse faite à Abraham (dans tous ses aspects) était obtenue par un système de foi tout comme tous les autres bienfaits spirituels (l'adoption, la justice, les bénédictions). Le système de la foi a toujours été la manière par laquelle Dieu transférait des bienfaits à l'homme. Dans ce contexte, il explique trois choses :

  • Le système de foi est en accord avec les Écritures, c'est ce que Dieu exigeait d'Abraham et de quiconque venait à Lui, Juif ou païen.
  • Il explique la portée et le but de la Loi. Pourquoi Dieu l'a donnée et ce qu'elle pouvait et ne pouvait pas faire.
    • Elle pouvait préparer l'homme pour le Christ.
    • Elle ne pouvait rendre les hommes droits.
  • Il résume comment la Loi a travaillé pour amener l'homme au Christ et pour le résultat du système de foi qui a produit:
    • L'unité en Christ pour tous, indifféremment de la culture, du genre ou de la classe.
    • Elle ne pouvait pas changer le système de foi de Dieu.
    • La droiture personnelle.