À partir du douzième chapitre, la Genèse se concentre de nouveau spécifiquement sur un individu. Cette fois les auteurs détaillent la vie d'Abraham, qui est devenu le père de la nation juive, et comment la semence de la promesse a été préservée à travers lui.
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Aux chapitres dix et onze, les narrateurs tracent plusieurs générations de la postérité des fils de Noé. Nous avons examiné les origines nationales possibles dérivées des noms de ces hommes et les noms trouvés dans les premières civilisations:

  • Japheth – Europe, Inde, Moyen-Orient
  • Cham – Afrique, Moyen-Orient, Orient, Amériques du Nord et du Sud;
  • Sem – Moyen-Orient, Juifs.

L'idée-clé est que toutes les civilisations sont issues de ces trois hommes. Le facteur suivant qui a eu une signification profonde sur la société a été la dispersion après la tour de Babel.

  • Dieu leur a dit de remplir la terre.
  • L'homme s'est concentré en un seul endroit et est tombé dans une forme de paganisme.
  • Dieu les a séparés en multipliant leurs langues.
  • Cette multiplication de langues a mis en mouvement les changements géographiques et physiques qui ont eu comme résultat les cultures, la physiologie et les pays différents d'aujourd'hui.

On voit ensuite deux autres auteurs reprendre le récit après Sem qui a écrit l'incident de la tour de Babel.

Térach, un descendant de Sem, fournit un court récit qui inclue la généalogie de Sem jusqu'à lui-même puis jusqu'à Abram, qui deviendra plus tard Abraham.

L'histoire passe maintenant d'une large vision de la société et du monde (après nous avoir donné les détails du commencement du monde et de comment la société est devenue ce qu'elle est) à un gros plan d'un homme et de sa descendance.

Elle demeurera ainsi, un gros plan, jusqu'à la fin, montrant comment Dieu amènera le Sauveur Jésus Christ sur la scène de l'humanité.

Après le récit de Térach, un autre auteur, Isaac, continue à raconter l'histoire d'Abraham. Il commence par nommer les trois fils de Térach et donner un peu de leur histoire.

Genèse 11.27-32:

  • Haran – meurt jeune.
  • Nachor – épouse la fille de son frère qui est mort (sa nièce).
  • Abram – épouse sa demi-soeur Saraï dont il est dit qu'elle est stérile.

On a peu de détails mais il semble que Térach et son fils Abram, la femme d'Abram Saraï, et son petit-fils, Lot, sortent d'Ur pour aller vers Canaan. Ils s'arrêtent à Charran et y demeurent (Charran était probablement construite et établie en mémoire de son fils Haran).

L'histoire de Térach se termine ici. Peut-être a-t-il refusé de continuer, il peut avoir été malade, on n'en sait rien. Tout ce que nous savons est que son voyage original devait l'amener à Canaan et qu'il ne s'y est jamais rendu. Cela établit la scène pour l'appel et la vie d'Abram.

Abram

L'appel – 12.1-9

1L'Éternel dit à Abram: Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. 2Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. 3Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi.

4Abram partit, comme l'Éternel le lui avait dit, et Lot partit avec lui. Abram était âgé de soixante-quinze ans, lorsqu'il sortit de Charan. 5Abram prit Saraï, sa femme, et Lot, fils de son frère, avec tous les biens qu'ils possédaient et les serviteurs qu'ils avaient acquis à Charan. Ils partirent pour aller dans le pays de Canaan, et ils arrivèrent au pays de Canaan. 6Abram parcourut le pays jusqu'au lieu nommé Sichem, jusqu'aux chênes de Moré. Les Cananéens étaient alors dans le pays. 7L'Éternel apparut à Abram, et dit: Je donnerai ce pays à ta postérité. Et Abram bâtit là un autel à l'Éternel, qui lui était apparu. 8Il se transporta de là vers la montagne, à l'orient de Béthel, et il dressa ses tentes, ayant Béthel à l'occident et Aï à l'orient. Il bâtit encore là un autel à l'Éternel, et il invoqua le nom de l'Éternel. 9Abram continua ses marches, en s'avançant vers le midi.

Le Seigneur appelle Abram à quitter Charran et à compléter le voyage jusqu'à Canaan.

En Actes 7.2, Étienne dit que Dieu a appelé Abram alors qu'il vivait en Mésopotamie (Ur). Le Seigneur l'appelle à quitter Charran et les choses qui l'y retiennent: c'est son pays, sa culture, son peuple et sa famille. Il doit tout quitter, mais Dieu lui fait une série de promesses:

  1. Il fera de lui une grande nation.
  2. Il rendra son nom grand.
  3. Il sera une source de bénédiction.
  4. Il le protégera.
  5. Toutes les familles de la terre seront bénies en lui.

Ce sont-là de grands bienfaits mais considérons l'état d'Abram:

  1. Il lui fallait abandonner complètement son foyer, sa famille, sa nation et sa culture pour devenir lui-même une grande nation.
  2. Il lui fallait abandonner la sécurité de ce qui était familier pour aller vers l'inconnu avec la seule promesse de Dieu sans signe visible.

Le voyage vers Canaan était d'environ 650 km avec sa famille et ses serviteurs, son bétail et ses possessions.

Au verset sept, le Seigneur "apparaît" à Abram, c'est la première fois que cela est exprimé de cette manière, que le Seigneur est apparu, et c'était pour ajouter encore une chose à la liste de promesses.

6. Il lui promet que le pays où il vit appartiendra un jour à son peuple.

On voit donc Abram adorer Dieu pour la première fois dans le pays de Canaan. À ce point, Abram vit en nomade, voyageant vers le sud, vers l'Égypte.

Abram en Égypte – 12.10-20

Ce qui a commencé comme un test de foi se termine par une perte de foi et d'efficacité d'Abram et de Saraï.

10Il y eut une famine dans le pays; et Abram descendit en Égypte pour y séjourner, car la famine était grande dans le pays.

Une famine menace leur sécurité et leur bien-être. Abram décide d'y échapper en se rendant en Égypte.

  • Il ne semble pas avoir consulté Dieu à ce sujet ni se fier à aucune de Ses promesses.
  • Dieu a promis de prendre soin d'eux mais quand il est testé, Abram prend les choses en mains.

Se rendre en Égypte semblait une bonne idée, c'était proche, il s'y trouvait de la prospérité, et Abram et Saraï n'avaient ni foyer ni famille à Canaan pour les y retenir. Le problème bien sûr était que:

  1. Dieu lui avait dit d'aller à Canaan et non pas en Égypte.
  2. Dieu avait promis de prendre soin d'eux et une famine ne changeait rien à cette promesse.
  3. L'Égypte était un lieu païen et immoral où il y avait de la nourriture mais aussi beaucoup de tentations.
11Comme il était près d'entrer en Égypte, il dit à Saraï, sa femme: Voici, je sais que tu es une femme belle de figure. 12Quand les Égyptiens te verront, ils diront: C'est sa femme! Et ils me tueront, et te laisseront la vie. 13Dis, je te prie, que tu es ma soeur, afin que je sois bien traité à cause de toi, et que mon âme vive grâce à toi.

Dans ces temps-là, un étranger n'avait aucun droit et une belle femme (surtout étrangère) était une marchandise profitable.

Une fois en Égypte, Abram et Saraï ont vu qu'ils étaient en danger d'y être tués ou réduits à l'esclavage et ils ont donc formulé un plan où ils se sont dits frère et soeur (ce qui était à moitié vrai). Si on la voulait, on négocierait plutôt que de le tuer puisqu'étant sa soeur, elle serait disponible. Ils avaient aussi oublié la promesse de Dieu de les protéger du mal.

14Lorsque Abram fut arrivé en Égypte, les Égyptiens virent que la femme était fort belle. 15Les grands de Pharaon la virent aussi et la vantèrent à Pharaon; et la femme fut emmenée dans la maison de Pharaon. 16Il traita bien Abram à cause d'elle; et Abram reçut des brebis, des boeufs, des ânes, des serviteurs et des servantes, des ânesses, et des chameaux.

Non seulement Saraï a-t-elle été remarquée, elle a été remarquée par les princes qui servaient Pharaon. Ils l'ont louangée (le mot hébreu utilisé pour louange en adoration est utilisé ici pour Saraï). Il semble que sa beauté et son caractère méritaient tant d'éloges qu'elle n'a pas été violée ni prise comme esclave mais que le Pharaon l'a prise dans son harem en vue de la préparer au mariage. Abram était bien traité lui aussi à cause d'elle.

Leur plan fonctionnait bien: ils ont évité la famine, ils ont évité d'être attaqués et ils s'enrichissaient aux mains du roi. Mais il causait aussi certains problèmes: ils se perdaient l'un l'autre, ils mettaient en danger la semence du sauveur et ils perdaient toutes les promesses de Dieu. C'était une perte à long terme pour un gain à court terme.

17Mais l'Éternel frappa de grandes plaies Pharaon et sa maison, au sujet de Saraï, femme d'Abram. 18Alors Pharaon appela Abram, et dit: Qu'est-ce que tu m'as fait? Pourquoi ne m'as-tu pas déclaré que c'est ta femme? 19Pourquoi as-tu dit: C'est ma soeur? Aussi l'ai-je prise pour ma femme. Maintenant, voici ta femme, prends-la, et va-t-en! 20Et Pharaon donna ordre à ses gens de le renvoyer, lui et sa femme, avec tout ce qui lui appartenait.

À ce point, Dieu intervient. On ne sait pas de quoi la famille de Pharaon a souffert ni pendant combien de temps mais il devient clair pour Pharaon que la cause en est Saraï et qu'elle est la femme d'Abram. Il se rend compte aussi que ces gens sont protégés par Dieu, autrement il les aurait tués tous les deux ou certainement Abram, et Saraï serait devenue son esclave. On voit plutôt Pharaon réprimander fortement Abram, lui reprochant non seulement son mensonge mais son manque de foi:

  1. Il est contrarié d'avoir pu être trompé au point de prendre la femme d'un autre homme pour lui-même et d'avoir souffert la colère de Dieu pour cette action.
  2. Il a au moins cru suffisamment au Dieu d'Abram pour l'épargner et le renvoyer. Sa réprimande est particulièrement sévère car à ce stade, il croit en Dieu plus qu'Abram, car il a obéi à Dieu en épargnant ces gens.

En fin de compte, il ne la prend pas pour femme, il permet à Abram de garder tous ses biens et les assure de sa protection pour quitter le pays.

Leçons

Les premières expériences d'Abram dans sa marche avec Dieu nous fournissent des leçons importantes même aujourd'hui.

1.C'est une question de foi, pas de famine

On voit l'immédiat mais Dieu voit tout l'ensemble. Abram ne voyait que le besoin de nourriture et il s'est compromis à cause de cela. Dieu a utilisé la famine pour tester sa foi. Ultimement, Abram sera un modèle de foi et non de survie pendant une famine. La famine était l'outil de Dieu pour tester la foi d'Abram et non pas son ingéniosité à trouver de la nourriture. Pour chaque croyant depuis Abram jusqu'à aujourd'hui et jusqu'au retour de Jésus, c'est toujours une question de foi et non de famine ou de quoi que ce soit d'autre qui nous arrive. Si l'on apprenait à interpréter le bien et le mal dans nos vies comme des questions de foi (comment réagir par la foi), nous traverserions probablement moins de famines et survivrions mieux celles dont nous faisons l'expérience.

2. Une promesse est une promesse

La géographie et les circonstances n'ont pas changé les promesses de Dieu à Abram. Son problème était qu'il ne revendiquait pas Ses promesses par l'adoration et la prière dans ces temps difficiles, choisissant plutôt de prendre les choses en main. Les promesses de Dieu sont certaines, non pas à cause des circonstances favorables mais pour trois raisons:

  • Dieu ne ment jamais, une promesse est une promesse.
  • Avec Dieu rien n'est impossible; Il peut donc toujours accomplir ce qu'Il promet.
  • Sa promesse dépend de Lui et pas de nous. Il a sauvé Abram même après qu'Abram ait échoué au test. Pourquoi? Parce qu'Il l'avait promis.

3. On ne peut partager une foi que l'on n'a pas

Les Égyptiens et Pharaon étaient impressionnés par Abram et Saraï. Ils les ont toutefois renvoyés après que leur mensonge ait été révélé. Imaginons pour un instant à quel point leur témoignage aurait été puissant s'ils s'étaient fiés à Dieu! Peut-être auraient-ils fait de Pharaon et de sa maison des croyants en Dieu. Leur chance de témoigner à un roi puissant a été complètement ruinée par leur propre infidélité.

Nous ne venons pas tous devant des rois mais nos circonstances nous amènent devant beaucoup de gens qui s'intéressent à nous parce qu'ils voient la lumière de notre foi. Nous devons être attentifs à nos actions afin de ne pas contredire la foi que nous professons.