Série :   I & II Pierre
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La signification de la grâce

Soumission

Par Michel Mazzalongo Verset : I Pierre 2.1-3.7 Publié : Sun. January 17
Pierre continue à décrire les effets très réels de la grâce sur le caractère du chrétien qui cultive une plus grande soumission.

La soumission n'est pas une idée sociale ou culturelle populaire de nos jours. Par exemple, les États-Unis ont été établis à travers une révolution et ses citoyens sont fiers d'avoir la liberté de dire ou de faire ce qu'ils veulent, quand ils veulent et où ils veulent. La majeure partie de notre divertissement, la comédie en particulier, est de ridiculiser nos leaders. La plupart de nos héros sont des hommes ou des femmes qui défient sans conséquences l'autorité établie.

C'est difficile d'encourager une véritable culture de soumission chrétienne dans ce genre d'environnement. Dans sa première épître, l'Apôtre Pierre dit que l'expérience de la grâce de Dieu créera éventuellement une personne…

  • qui est sécure dans son salut ; et
  • qui change son style de vie pour inclure des habitudes de vie saintes, un plus grand respect pour Dieu, une nouvelle manière d'aimer, une image de soi différente.

Le chrétien n'est plus pécheur, mondain, rebelle, il est désormais un prêtre royal, un être choisi faisant parti d'une nation sainte. De plus, Pierre démontre que la grâce de Dieu rend capable de comprendre et d'accepter qu'une partie importante du caractère chrétien est la capacité de se soumettre.

Pierre montre que la grâce dans la vie de quelqu'un signifie qu'il est capable de se soumettre à toutes les formes d'autorité que Dieu a établies afin que l'ordre demeure dans le monde, dans la famille, et dans le royaume.

Rébellion vs. Soumission

La rébellion est la source de beaucoup de problèmes. Avant qu'Adam ne pèche, il y avait déjà de la rébellion aux cieux. La Bible ne donne pas beaucoup de détails, mais Jude nous dit au verset 6 de sa lettre, que des anges ont refusé les positions que Dieu leur avait assignées et qu'Il les a précipités dans les abîmes. C'est l'un de ces anges rebelles, Lucifer, qui déguisé en serpent, a séduit Ève et provoqué la chute de l'humanité. Le dictionnaire définit la rébellion comme :

  1. Le refus de se soumettre à l'autorité légitime ;
  2. Le défi au contrôle d'un autre ;
  3. La révolte ouverte contre le gouvernement ou contre la loi.

À part des commandements bibliques d'obéir aux lois de Dieu, nous sommes aussi tenus d'obéir à la loi et au gouvernement établis. Pierre fait référence à l'esprit de rébellion qui existe chez les pécheurs qui résistent à toutes sortes d'autorité et désirent secrètement ne faire que ce qu'ils veulent. Il explique que la grâce de Dieu transforme chez ceux qui la reçoivent, leur aversion fondamentale envers toute forme d'autorité en une soumission à toute autorité légitime.

La rébellion signifie le refus, le défi et l'opposition à toutes formes d'autorité. La soumission signifie une nouvelle attitude envers l'autorité.

Soumettre est un terme militaire, « ranger sous sa puissance, son autorité ». Par exemple, un militaire reconnaît ceux qui ont un rang supérieur ou inférieur au sien et sait prendre la position qui lui revient.

La soumission inclue deux actions :

  1. L'admission – l'admission de sa propre position qu'elle soit assignée ou basée sur l'âge, l'habileté, etc. La soumission exige une « vue d'ensemble » et l'acceptation de notre place en relation aux autres.
  2. La bonne volonté – la soumission biblique n'est pas l'abdication mais plutôt le fait d'accepter volontairement un rôle, une position ou une tâche. La soumission n'est pas l'esclavage (les esclaves n'ont aucun choix) ; la soumission est l'acceptation positive de notre place, que ce soit d'être le premier ou le dernier.

Nous vivons dans un univers dont l'ordre a été créé par Dieu pour rendre possible le plus grand épanouissement et la plus grande joie humaine. Les problèmes ont commencé quand les anges ont refusé de garder leur position; ils ont voulu régner ou ont refusé de servir l'homme, essayant plutôt de le détruire.

Une fois créés, les humains ont aussi voulu quitter leur position (ils ont voulu être à la place de Dieu pour connaître le bien et le mal). Le résultat a été la rébellion spirituelle, le péché et la destruction. Après cette rébellion initiale, Dieu a établi un ordre temporaire à trois niveaux : le gouvernement, la société et la famille, établis pour garantir une certaine forme d'harmonie dans ce monde déchu jusqu'au retour de Jésus où un nouvel ordre serait établi et ne serait plus jamais mis au défi.

Les gens continuent à se rebeller contre cet ordre temporaire de bien des manières, causant ainsi toutes sortes de problèmes. Pierre dit que quand quelqu'un fait l'expérience de la grâce qui sauve, celle-ci neutralise son esprit rebelle et le rend capable…

  1. de reconnaître la vue d'ensemble du plan de Dieu et d'y voir sa place; et
  2. d'accepter volontairement sa place, quelle qu'elle soit, afin de servir et de glorifier Dieu.

Aux chapitres 2 et 3, Pierre examine comment la grâce signifie la soumission aux trois niveaux ordonnés par Dieu.

1. La grâce permet la soumission au gouvernement – 2.11-17

11 Bien-aimés, je vous exhorte, comme étrangers et voyageurs sur la terre, à vous abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l'âme. 12 Ayez au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils vous calomnient comme si vous étiez des malfaiteurs, ils remarquent vos bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera.

Comme chrétiens, les frères auxquels il écrit vivaient dans le même environnement que les païens et étaient donc sujets aux mêmes tentations et pressions. Pierre leur dit qu'ils doivent agir d'une manière correspondant à leur appel, et qu'ils gagneront ainsi le respect des incroyants. Ces chrétiens avaient délaissé leur ancienne vie et étaient critiqués par leur entourage païen pour avoir abandonné leur ancienne religion. Pierre écrit que leur bonne conduite pourra possiblement gagner l'attention des païens et les amener à glorifier Dieu eux aussi.

Il était particulièrement important d'avoir une bonne conduite parce qu'en ces temps-là, la critique et une certaine persécution venaient du gouvernement. Dieu permet l'idée d'un gouvernement humain mais Il ne spécifie ni ne bénit aucune forme particulière de gouvernement (les rois, les gouverneurs, les présidents, les chefs). Pierre leur montre qu'une partie de cette conduite acceptable inclut le respect et l'obéissance à la forme de gouvernement existante à l'époque.

13 Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, 14 soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. 15 Car c'est la volonté de Dieu qu'en pratiquant le bien vous réduisiez au silence les hommes ignorants et insensés, 16 étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu.17 Honorez tout le monde; aimez les frères; craignez Dieu; honorez le roi.

Comment et pourquoi les chrétiens doivent-ils se soumettre à l'autorité civile ?

  • Ils se soumettent à l'autorité civile parce qu'elle a été établie par Dieu pour préserver l'ordre dans la société, peu importe quelle forme ou quel style elle prend.
  • Pierre dit aux chrétiens que de s'y soumettre enlèvera aux incroyants toute occasion de les critiquer.
  • Il dit aussi que le secret pour vivre sous toute forme d'autorité humaine (que ce soit démocratique comme aux É.U. ou despotique comme en Iran) permet de reconnaître 3 choses :
    1. Nous sommes libérés de la condamnation et du sort du pays. Nous sommes vraiment libres.
    2. Notre but est d'établir le royaume des cieux sur terre et non pas un royaume humain. Laissons les païens s'en inquiéter.
    3. Nous sommes esclaves de Dieu ; personne ne peut désormais nous asservir.

La grâce signifie que nous nous soumettons aux dirigeants humains parce qu'en faisant ainsi, nous pouvons mener à bien notre véritable but dans la vie, celui de servir notre Souverain céleste. La grâce signifie la soumission au gouvernement.

2. La grâce permet la soumission dans la société – 2.18-25

À l'époque, l'esclavage était la connexion sociale commune entre employeur et employé. Aujourd'hui, dans la majeure partie du monde, l'esclavage n'existe plus, mais l'enseignement de Pierre est applicable à toute relation où un individu est en charge et un autre doit rendre compte.

18 Serviteurs, soyez soumis en toute crainte à vos maîtres, non seulement à ceux qui sont bons et doux, mais aussi à ceux qui sont d'un caractère difficile.

Ce qui est important, en tant que chrétien, c'est notre attitude et non pas celle de nos supérieurs. Être obéissants et conformes à nos supérieurs est notre choix, parfois rendu plus facile ou plus difficile selon leur attitude, mais cela demeure notre choix.

19 Car c'est une grâce que de supporter des afflictions par motif de conscience envers Dieu, quand on souffre injustement. 20 En effet, quelle gloire y a-t-il à supporter de mauvais traitements pour avoir commis des fautes? Mais si vous supportez la souffrance lorsque vous faites ce qui est bien, c'est une grâce devant Dieu.

Le but de notre attitude à nous est notre foi et notre désir de plaire à Dieu. Si nous endurons l'injustice patiemment, cela Lui plaît. Si nous souffrons à cause de notre propre rébellion, nous obtenons ce que nous méritons.

L'objectif dans les relations entre employé et employeur n'est pas d'obtenir des faveurs, des droits, des concessions, mais de plaire à Dieu, de gagner le respect de notre employeur et ultimement son âme.

21 Et c'est à cela que vous avez été appelés, parce que Christ aussi a souffert pour vous, vous laissant un exemple, afin que vous suiviez ses traces, 22 Lui qui n'a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s'est point trouvé de fraude; 23 lui qui, injurié, ne rendait point d'injures, maltraité, ne faisait point de menaces, mais s'en remettait à celui qui juge justement; 24 lui qui a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois, afin que morts aux péchés nous vivions pour la justice; lui par les meurtrissures duquel vous avez été guéris. 25 Car vous étiez comme des brebis errantes. Mais maintenant vous êtes retournés vers le pasteur et le gardien de vos âmes.

Pierre dit que le but pour lequel nous avons été appelés (à devenir les disciples du Christ) est de continuer à représenter Ses exemples

  • de vie sainte (sans péché) ;
  • de patience dans la souffrance (sans injurier Ses attaquants) ; et
  • de gagner des âmes (par Son exemple nous avons été sauvés).

Le Christ aurait pu vaincre les Juifs et les Romains avec des légions d'anges mais Il a plutôt gagné l'âme de quelques-uns par Sa patience et Sa soumission au Père. Il y a une énorme différence entre gagner la bataille et gagner une âme.

Notre objectif n'est pas de vaincre nos supérieurs, que ce soit à l'école ou au travail, mais de les gagner. C'est là un merveilleux encouragement face à l'irritation du quotidien et la soumission à ceux qui ont autorité sur nous est le premier pas à cette fin..

3. La grâce signifie la soumission dans la famille – 3.1-7

La relation la plus intime est évidemment la famille et Pierre démontre comment l'esprit de soumission y met aussi de l'ordre.

1Femmes, soyez de mêmes soumises à vos maris, afin que, si quelques-uns n'obéissent point à la parole, ils soient gagnés sans parole par la conduite de leurs femmes,

Pierre s'adresse à celles qui sont mariées à des païens. Il semble y avoir eu une question quant au rôle de la femme dans une telle situation. La soumission d'une épouse à son mari était clairement établie dans la culture juive, et Pierre confirme que c'est là le dessein de Dieu pour les relations des gens mariés afin de maintenir l'ordre et la paix. La dimension supplémentaire ici est qu'une telle conduite est la seule par laquelle une femme peut ultimement atteindre son but de sauver son conjoint.

2 en voyant votre manière de vivre chaste et réservée. 3 Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d'or, ou les habits qu'on revêt, 4 mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu. 5 Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, 6 comme Sara, qui obéissait à Abraham et l'appelait son seigneur. C'est d'elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte.

Pierre donne ici des détails du caractère d'une femme soumise :

  1. Elle n'est pas spirituellement autoritaire (v. 1). « Sans parole » c'est-à-dire sans se vanter de sa connaissance spirituelle ni pointer les fautes spirituelles de son mari.
  2. Chaste et réservée (v. 2). Pure sexuellement, un bon témoignage. Réservée dans le sens où sa soumission est sincère.
  3. Confiante : la soumission n'est pas l'esclavage. Le caractère, la force et la paix de la femme chrétienne constituent sa force intérieure. Ce sont-là les choses sur lesquelles elle se concentre plutôt que sur l'apparence extérieure, et ce que son mari remarquera et chérira longtemps après que la beauté extérieure aura flétri.

Sarah était une telle femme, et sa force et sa paix lui permirent de se soumettre à Abraham plutôt que la crainte.

7 Maris, montrer à votre tour de la sagesse dans vos rapports avec vos femmes, comme avec un sexe plus faible; honorez-les, comme devant aussi hériter avec vous de la grâce de la vie. Qu'il en soit ainsi, afin que rien ne vienne faire obstacle à vos prières.

Pierre adresse maintenant le revers de la question pour les maris chrétiens. Les époux païens agiront de leur propre chef avec seulement l'attitude de leurs épouses pour les sauver.

Les chrétiens toutefois, ont la responsabilité de connaître leurs femmes (de les comprendre) ainsi que leurs besoins particuliers en tant que femmes et mères auxquelles Dieu demande de se soumettre à leurs maris. Pour les maris, le fait de ne pas être attentifs et compréhensifs nuit à leurs propres vies spirituelles. Le meilleur compliment d'une femme à son mari est qu'il la connaît tellement bien.

La soumission ne signifie pas l'esclavage et Pierre rappelle aux hommes la valeur égale et les récompenses des femmes devant Dieu. La grâce permet à la femme d'accepter volontairement un rôle qu'elle rejetterait normalement avec intelligence et astuce ; la même grâce permet à l'homme de surveiller sa tendance naturelle à dominer par la force celle qui est plus faible.

La soumission est la manière selon laquelle Dieu garantit l'équilibre et la paix dans la famille jusqu'au retour de Jésus alors qu'il n'y aura plus qu'une seule famille.

Sommaire

Pierre retrace les différents effets de la grâce de Dieu chez celui qui fait l'expérience d'un esprit de soumission.

Un changement qui inclut notre bonne volonté à accepter et à nous soumettre à l'autorité qui a été établie par Dieu dans la société, dans nos carrières et même dans nos foyers.

Cette nouvelle attitude produit un bon témoignage pour le Christ et assure la paix et l'harmonie qui plaisent à Dieu. Le tout premier acte de soumission auquel la grâce de Dieu nous appelle mène aux plus grandes bénédictions éternelles. Dieu appelle chacun à accepter Jésus Christ, Son divin Fils unique et à se soumettre à Lui en confessant Son nom, en se repentant de ses péchés et en étant baptisé (Actes 2.36-38).