Série :   I & II Pierre
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La signification de la grâce

Sécurité

Par Michel Mazzalongo Verset : I Pierre 1.1-12 Publié : Sun. January 3
Cette leçon d'introduction de la première épître de Pierre examine les facettes multiples de la vie de l'Apôtre et commence à explorer les différents sens qu'il attribue à la grâce de Dieu.

L'Apôtre Pierre est un personnage biblique unique en ce que malgré son origine humble, il a eu une vie très variée. On discerne quatre phases importantes dans sa vie :

1. Pierre, un pêcheur accompli

  • Il vivait à Capernaum où Jésus vivait à l'âge adulte (Marc 1.21).
  • Son frère, André, et lui avaient une entreprise de pêche (Matthieu 4.18).
  • Il était marié (et avait des enfants puisqu'il a servi en tant qu'Ancien) (I Pierre 5.1).
  • Sa belle-mère a vécu avec sa famille (Matthieu 8.14).

2. Pierre, un disciple de Jésus

Pierre connaissait Jésus : ils vivaient dans la même ville et il Lui fut présenté par André qui avait été un disciple de Jean Baptiste avant de suivre Jésus. Dans sa vie de disciple, Pierre a eu des hauts et des bas.

Parmi ses hauts points :

Parmi ses moments les plus bas :

  • Il a été réprimandé sévèrement par Jésus pour avoir suggéré qu'Il évite la croix (Matthieu 16.23).
  • Il a renié Jésus trois fois. Cet événement est d'ailleurs enregistré dans les quatre évangiles (Jean 18.13-27).

3. Pierre, un dirigeant dans l'église

Paul dit que Pierre était, avec Jacques et Jean, un des piliers de l'église à ses débuts.

  • Il a été le premier à prêcher l'évangile après la résurrection et l'ascension de Jésus (Actes 2.1-42).
  • Il a tenu tête aux dirigeants juifs qui le menaçaient parce qu'il prêchait Jésus ouvertement à Jérusalem (Actes 4.1-6).
  • Il a tenu tête aux chrétiens juifs qui voulaient renier aux gentils l'entrée dans l'église (Actes 11.1-18).
  • Il était « sans instruction » dans le sens où il n'avait pas reçu l'entraînement des scribes.
  • Son style d'écriture était simple mais ses idées profondes. Certains croient que l'évangile de Marc est en fait le récit des expériences de Pierre avec Jésus.
  • Il a de fait écrit deux lettres (1 et 2 Pierre) adressées au même groupe vers 64-65 après J.-C., vers la fin de sa vie. (Il est mort à Rome, crucifié la tête en bas, en 67 après J.-C. selon la prophétie de Jésus en Jean 21.18).

4. Pierre, l'auteur

Plusieurs étudient les épîtres aux Romains ou aux Galates au sujet de la grâce de Dieu : la théorie et les bénéfices de Sa grâce y sont en effet bien expliqués. C'est toutefois dans la première lettre de Pierre que nous voyons ce que la grâce produit dans la vie de quelqu'un, une vie comme la sienne qui était un mélange de bon et de mauvais, de succès et d'échecs, tout comme la nôtre.

Nous y apprenons les effets de la grâce de Dieu dans notre quotidien. Nous aurons, après cette étude, une meilleure compréhension de ce que la grâce de Dieu signifie, ainsi que ce qu'elle accomplit. Nous devons toutefois commencer par examiner et réfuter certaines conceptions erronées au sujet de la grâce.

Ce que la grâce n'est pas

Beaucoup de gens ont des idées qui ne sont pas bibliques au sujet de la grâce de Dieu. Par exemple :

1. Le libéralisme

Certains croient qu'avoir la grâce signifie que nous pouvons faire ce que nous voulons puisque nous sommes « sauvés » et que Dieu ne nous laissera pas aller à la perdition. Après tout, nous sommes sous la grâce ! Cette idée n'est pas biblique : Paul dit en Romains 6.1-2, « Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! » L'Apôtre dit ici que la grâce n'est pas une excuse pour continuer à pécher sans culpabilité ou sans conséquences. Ceux qui sont sous la grâce ne sont pas libres de continuer à pécher : la Bible dit en effet, « le salaire du péché, c'est la mort. » (Romains 6.23)

2. La permissivité

Il y a aussi ceux qui croient que la grâce signifie que Dieu ne se soucie pas du péché, qu'Il est aveugle à nos péchés à cause de la grâce. Autrement dit, que la grâce transforme Dieu en un grand-père indulgent qui comprend et ignore nos fautes.

La Bible dit toutefois : « Car il nous faut tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps. » (2 Corinthiens 5.10). La grâce ne signifie pas que Dieu ignore ou néglige nos péchés, pas même un seul ; au contraire, elle enseigne que Dieu nous jugera pour chacune de nos fautes.

3. L'attachement aux choses de ce monde

Certains croient que la grâce est une permission spéciale de demeurer mondains. Par la grâce ils iront au paradis, ils peuvent donc demeurer dans le monde en attendant :

  • sans effort à une vie sainte,
  • sans effort à une croissance spirituelle,
  • sans effort à édifier le royaume

Ce sont ceux qui viennent à l'église juste assez pour que leur nom demeure sur la liste de membres. La Bible indique cependant clairement que ceux qui sont sauvés par la grâce sont aussi transformés par la grâce en quelque chose de différent. Paul dit que les chrétiens produisent du fruit spirituel (amour, joie, patience, bonté, fidélité ainsi que contrôle de soi, etc. – Galates 5.22-23).

La grâce ne nous libère pas d'une vie sainte, pure, fructueuse et fidèle, elle la permet et l'encourage.

4. Préméditation

La pire erreur au sujet de la grâce est de croire que nous pouvons l'utiliser à notre avantage. Autrement dit, de penser que nous pouvons continuer dans le péché parce que la grâce de Dieu couvrira nos fautes.

La grâce n'est pas quelque chose que nous utilisons pour profiter du péché. Cela aurait pour effet final l'endurcissement de la conscience au point où le repentir devient impossible, où nous ne savons plus comment : « Car il est impossible que ceux qui ont été une fois éclairés, qui ont goûté le don céleste, qui ont eu part au Saint Esprit, qui ont goûté la bonne parole de Dieu et les puissances du siècle à venir, et qui sont tombés, soient encore renouvelés et amenés à la repentance… » (Hébreux 6.4-8).

Le libéralisme, la permissivité, la mondanité et la préméditation sont des choses qui sont souvent considérées à tort comme des bienfaits de la grâce de Dieu. Examinons donc maintenant la première épître de Pierre pour voir comment il explique le vrai sens de la grâce de Dieu et sa véritable fonction.

Introduction : 1 Pierre 1

1Pierre, apôtre de Jésus Christ, à ceux qui sont étrangers et dispersés dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie,

Pierre commence par se présenter (à l'époque, l'auteur d'une lettre se présentait au début de sa lettre et adressait ses salutations à la fin). Il établit immédiatement sa crédibilité et son autorité non seulement comme n'importe quel apôtre ou messager, mais en tant qu'Apôtre choisi par le Christ Lui-même. La lettre est adressée aux églises répandues à travers l'Asie Mineure (maintenant la Turquie) et sera circulée d'une congrégation à l'autre.

2 et qui sont élus selon la prescience de Dieu le Père, par la sanctification de l'Esprit, afin qu'ils deviennent obéissants, et qu'ils participent à l'aspersion du sang de Jésus Christ : que la grâce et la paix vous soient multipliées !

Il offre aux frères une bénédiction et donne la raison pour cette épître. La bénédiction est que la grâce et la paix leur soient données pleinement.

La raison pour laquelle ils ont accès à ces bienfaits compte quatre points énumérés ci-après en ordre inverse par souci de clarté :

  1. Jésus est mort et a versé Son sang pour laver leurs péchés.
  2. Ils ont obéi à l'évangile par la repentance et le baptême afin d'accéder au sang du Christ.
  3. Le Saint Esprit les a sanctifiés et continue à travailler en eux.
  4. Dieu savait dès le début que tous ceux qui accepteraient le Christ recevraient ces bienfaits.

Il prie que les bénédictions de grâce et de paix qui découlent de leur salut à travers le Christ, connues et promises par Dieu, produisent en eux les joies de ces bienfaits.

Aux versets suivants, il expliquera que l'une des joies et le sens de la grâce qu'il leur souhaite est la sécurité ou l'espérance.

La grâce signifie la sécurité – v. 3-12

Aux versets 3 à 5, Pierre explique que la grâce est sécure puisque le salut et la grâce qui en découlent viennent de Dieu.

3 Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus Christ d'entre les morts,

C'était le plan de Dieu de nous sauver par la mort, l'ensevelissement et la résurrection du Christ. Le salut et la grâce qui l'accompagnent ne sont pas une invention humaine mais une chose divine, née du dessein de Dieu.

4 pour un héritage qui ne se peut ni corrompre, ni souiller, ni flétrir, lequel vous est réservé dans les cieux,

Étant donné que le salut vient de Dieu, il est puissant et certain. L'héritage dont Pierre parle est le corps glorieux et la vie éternelle dont nous qui sommes chrétiens ferons l'expérience après notre résurrection d'entre les morts à la fin du monde, au retour de Jésus. Ce don, à travers la grâce (la faveur de Dieu), est sûr. Il ne sera pas détruit comme un héritage matériel le serait. Il sera révélé à la résurrection quand Jésus reviendra.

6 C'est là ce qui fait votre joie, quoique maintenant, puisqu'il le faut, vous soyez attristés pour un peu de temps par divers épreuves, 7 afin que l'épreuve de votre foi, plus précieuse que l'or périssable (qui cependant est éprouvé par le feu), ait pour résultat la louange, la gloire et l'honneur, lorsque Jésus Christ apparaîtra, 8 lui que vous aimez sans l'avoir vu, en qui vous croyez sans le voir encore, vous réjouissant d'une joie ineffable et glorieuse, 9 parce que vous obtiendrez le salut de vos âmes pour prix de votre foi.

Ce don certain (un corps glorieux, la vie éternelle) est cause de réjouissance et d'anticipation joyeuse. D'ici-là il peut toutefois y avoir de la souffrance. La fidélité dans l'attente de ce don de grâce accomplit plusieurs choses :

  1. Elle confirme que notre foi est véritable. Si quelqu'un endure à travers les difficultés, cela démontre que sa foi est réelle (Jacques 3.18).
  2. Elle honore Jésus Christ. Souffrir avec patience est une démonstration d'amour et de loyauté au Seigneur, et l'honore réellement (Romains 12.1).
  3. Elle génère joie et amour intérieurs. Jésus a dit, « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des cieux est à eux ! » (Matthieu 5.10). Souffrir pour le Seigneur avec vertu produit du bonheur et est une réaction naturelle pour la personne spirituelle.
  4. Elle garantit le salut. La foi testée résulte en une espérance de salut sécure, qui produit paix et joie dans le cœur (Jacques 1.3-4).

Pierre exprime donc à ses lecteurs que la grâce signifie l'assurance du salut même quand la foi est testée. Continuer dans la foi fortifiera cette espérance et augmentera la joie ressentie.

10 Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce qui vous était réservée, ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations, 11 voulant sonder l'époque et les circonstances marquées par l'Esprit de Christ qui était en eux, et qui attestait d'avance les souffrances de Christ et la gloire dont elles seraient suivies. 12 Il leur fut révélé que ce n'était pas pour eux-mêmes, mais pour vous, qu'ils étaient les dispensateurs de ces choses, que vous ont annoncées maintenant ceux qui vous ont prêché l'Évangile par le Saint Esprit envoyé du ciel, et dans lesquelles les anges désirent plonger leurs regards.

Aux trois derniers versets de cette section, Pierre compare ses lecteurs à deux autres groupes pour leur montrer leur sécurité en Christ :

  • Aux prophètes, qui ont parlé de la part de Dieu, qui ont accompli des miracles, qui ont conseillé des rois et sauvé la nation.
  • Aux anges, qui sont des êtres puissants, et qui sont devant le trône de Dieu.

Pierre affirme toutefois que ni les prophètes ni les anges n'ont reçu la révélation du plan de Dieu de sauver les hommes à travers la foi en Jésus Christ et de leur donner des corps glorieux pour vivre éternellement avec le Christ au paradis. Même s'ils étaient des serviteurs puissants et cherchaient des réponses, ils savaient seulement que Dieu avait pour plan de servir les hommes dans le futur. Nous sommes ces hommes et c'est ainsi que nous sommes dans le « Livre de vie. »

La grâce n'est pas une réflexion tardive. Elle avait été planifiée et transmise prudemment à travers les âges jusqu'au moment opportun où elle serait révélée au monde afin que tous puissent en recevoir les bienfaits.

Sommaire

Pierre commence son épître en expliquant que la grâce de Dieu est une chose certaine. Il explique pourquoi nous pouvons en être sûrs :

  1. Elle vient de Dieu. Quand une promesse de bénédiction vient directement de Dieu, nous pouvons être certains que nous la recevrons.
  2. Elle se fortifie à travers l'adversité. La promesse de la grâce elle-même ne peut être diminuée par les tribulations. Plus quelqu'un lutte pour demeurer fidèle, plus Sa grâce est productive en joie, en espérance et en sécurité.
  3. Elle a duré à travers les âges. Il y a longtemps, les anges et les prophètes l'ont transmise. Nous recevons Sa grâce aujourd'hui et elle nous pardonne et nous accorde la vie éternelle. La promesse est pour nous aussi fraîche et motivante qu'elle l'était il y a 4,000 ans quand Dieu l'a annoncée à Abraham.

La grâce signifie la sécurité. Sécurité dans le désir de Dieu et dans sa capacité d'accomplir Ses promesses de nous bénir maintenant et de nous sauver à jamais.

Nous doutons parfois ou nous avons peur du passé ou même d'un futur incertain, mais la grâce de Dieu a effacé le passé avec le sang de Jésus et a garanti le futur par Sa résurrection. Cette connaissance nous rend capables de vivre dans le présent.

Dans les chapitres suivants, nous verrons d'autres significations de la grâce, mais pour l'instant demeurons en sécurité. Si nous avons reçu la grâce de Dieu à travers le Christ, notre salut éternel est certain. Nous ne devrions pas craindre les tribulations qui sont devant nous. Jésus n'a jamais promis une vie facile mais Sa grâce nous assure que ce que nous souffrirons pour demeurer fidèles en vaudra la peine à Son retour.