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Jude v. 1-16

Par Michel Mazzalongo Publié : Wed. March 9
Dans la première partie de sa lettre, Jude décrit les hommes dangereux et leurs stratégies pour répandre la fausse doctrine.

L'épître de Jude est l'une des lettres les plus courtes du Nouveau Testament mais elle contient proportionnellement une énorme quantité d'enseignements et d'idées. Nous examinerons l'identité de son auteur et les circonstances dans lesquelles elle a été écrite avec le but de résumer sa raison d'être et son message aux gens de l'époque ainsi que son application à la génération actuelle.

Jude – l'homme

Jude se nomme lui-même au premier verset et dit être le frère de Jacques. Le fait même qu'il assume que des lecteurs sauront qui est Jacques suggère qu'il s'agit de Jacques, un des leaders de l'église de Jérusalem et l'auteur de l'épître de Jacques. Il s'agirait donc de Jude un autre frère de Jésus. Matthieu 13.55 nomme les frères terrestres de Jésus : Jacques, Joseph, Simon et Jude.

Tout comme ses autres frères, Jude ne croyait pas en Jésus pendant son ministère et a dû être converti après la résurrection puisqu'il était avec les Apôtres dans la chambre haute le dimanche de la Pentecôte (Actes 1.14).

L'historien Eusèbe a écrit que Jude, le frère de Jésus, souffrit l'arrestation de ses petits-fils pendant la persécution romaine. Ceux-ci auraient dit à l'Empereur qu'ils étaient fermiers et que le royaume de Jésus n'était pas de ce monde mais du monde suivant d'où Il reviendrait pour juger chacun.

À peu près rien d'autre n'est connu de Jude et de son œuvre.

Jude – l'épître

Il y a des similarités entre l'épître de Jude et le deuxième chapitre de la seconde épître de Pierre (voir Jude 6 et 2 Pierre 2.4). On en conclut que Pierre écrivit 2 Pierre afin de réfuter la fausse doctrine des différentes hérésies qui s'infiltraient dans l'Église à l'époque.

Il semble que Jude avait l'intention d'écrire une lettre au thème assez vaste (le salut en Christ, verset 3), mais qu'après avoir reconnu la menace à l'Église à la suite de la seconde lettre de Pierre, il écrivit cette épître courte et peu équivoque sur le même sujet que celle de Pierre. Il n'y a aucun doute quant à la paternité de l'épître de Jude et son sujet suggère qu'elle a été écrite à peu près à la même époque que 2 Pierre ou juste un peu après, vers 67 apr. J.-C.

L'acceptation de cette lettre au canon du Nouveau Testament a pris quelques temps du fait qu'elle était si courte et qu'elle faisait référence à des sources non-inspirées (Énoch, le Livre de Moïse). Éventuellement son authenticité et sa validité furent reconnues et acceptées comme inspirées. Le but de Jude en écrivant cette lettre était d'exhorter l'Église à ne pas s'éloigner des enseignements du Christ et des Apôtres vers les faux enseignements des gnostiques.

De ses écrits, nous concluons qu'il existait au 1er siècle un ensemble de doctrine chrétienne reconnu, autoritaire et complet pour l'évangélisation et l'enseignement, auquel rien ne devait être ajouté ni changé d'aucune manière.

Dans les églises du Christ, nous croyons que cet ensemble de doctrine, ou dogme, est enregistré et préservé dans la Bible et que comme Jude l'écrit dans son épître, nous devons l'enseigner, le préserver et le communiquer avec soin à la génération qui suit, et l'encourager à faire de même jusqu'au retour de Jésus. Cette attitude envers les Écritures nous est unique et nous différencie des autres groupes religieux.

PLAN D'ENSEMBLE

La lettre de Jude est centrée sur le danger d'adhérer à des choses ou à des enseignements qui sont faux et par conséquent son plan suit ce thème.

  1. Salutation – v. 1-2
  2. Le danger imminent – v. 3-4
  3. Les hommes dangereux – v. 5-16
  4. Comment éviter le danger – v. 17-23
  5. Doxologie – v. 24-25

Salutation – v. 1-2

V. 1-2 – 1 Jude, serviteur de Jésus Christ, et frère de Jacques, à ceux qui ont été appelés, qui sont aimés en Dieu le Père, et gardés pour Jésus Christ : 2 que la miséricorde, la paix et la charité vous soient multipliées !

L'auteur se dit « serviteur » ou esclave du Christ et frère de Jacques. C'est là une manière indirecte de faire référence à son autre relation à Jésus comme Son frère terrestre.

Nous savons que Jacques a été tué par les Juifs en 66 apr. J.-C. et supposons que cette lettre était peut-être un effort de Jude le remplacer en tant qu'un des leaders de l'église à Jérusalem.

Il fait référence à l'Église de trois manières :

  1. Les « appelés ». Un terme utilisé à l'origine pour les anciens ou les leaders d'une ville qui étaient « choisis » ou « appelés » à occuper cette position. Jésus appliqua ce terme à ceux qui étaient appelés hors du monde par l'évangile et qui devinrent Son peuple, l'Église. Éventuellement le terme « EKLESIA » fit exclusivement référence à l'Église.
  2. « Aimés en Dieu ». Ceux-ci ont un nouveau statut par rapport à Dieu : ils ne sont plus condamnés et ennemis de Dieu à cause de leur incrédulité. Ils sont désormais aimés, chéris, un groupe spécial et chéri de Dieu.
  3. « Gardés pour Jésus Christ ». La main de Dieu les protège de la seconde mort, de la condamnation et de la punition afin qu'ils puissent être avec Jésus à jamais quand Il reviendra. Leur fin sera différente de celle des autres, ils sont préservés pour le paradis.

Après cette introduction et salutation, il s'adresse directement au sujet présent.

Le danger imminent

V. 3-4 – 3 Bien aimés, comme je désirais vivement vous écrire au sujet de notre salut commun, je me suis senti obligé de le faire afin de vous exhorter à combattre pour la foi qui a été transmise aux saints une fois pour toutes. 4 Car il s'est glissé parmi vous certains hommes, dont la condamnation est écrite depuis longtemps, des impies, qui changent la grâce de notre Dieu en dissolution, et qui renient notre seul maître et Seigneur Jésus Christ.

Il partage d'abord la motivation pour sa lettre. Sa pensée originale était de leur écrire un résumé de la foi chrétienne et de les encourager à la préserver et à la transmettre. Il semble en avoir changé la substance et rediriger la pensée vers certaines questions dont Pierre a parlé dans sa seconde épître : l'influence des enseignants gnostiques et de leur doctrine dans l'Église.

Les personnes qu'il mentionne sont les faux docteurs qui se sont infiltrés dans l'Église. La mention qu'ils sont condamnés depuis longtemps est une référence à l'épître de Pierre et à la dénonciation de ces gens (2 Pierre 2 .1-10)

Ils enseignaient que ce qui est fait dans la chair n'a aucun effet sur l'âme. Ils transformaient ainsi l'idée de la grâce de Dieu en permissivité avec le résultat d'un irrespect flagrant envers la mort de Jésus qui avait sacrifié Son corps afin d'obtenir le pardon pour les actions-mêmes qu'ils promouvaient.

En fin de compte, ces faux docteurs étaient coupables de renier le Christ et ceux qui les suivaient risquaient d'être coupables du même péché.

Les hommes dangereux – v. 5-16

V. 5-6 – 5 Je veux vous rappeler, à vous qui savez fort bien toutes ces choses, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple et l'avoir tiré du pays d'Égypte, fit ensuite périr les incrédules ; 6 qu'il a réservé pour le jugement du grand jour, enchaînés éternellement par les ténèbres, les anges qui n'ont pas gardé leur dignité, mais qui ont abandonné leur propre demeure ;

Jude cite en exemple ce qui est arrivé à différents individus coupables de désobéissance ou d'incrédulité.

  1. Les Israélites – ils étaient le peuple de Dieu, libérés miraculeusement de l'esclavage. Toutefois quand ils désobéirent et se rebellèrent, Dieu les détruisit dans le désert. De cette génération, seuls Josué et Caleb atteignirent dans la Terre Promise.
  2. Les anges – les anges sont des êtres plus puissants que l'homme et pourtant ceux qui se rebellèrent contre Dieu furent punis. Chacun d'eux avait été créé et placé à un certain poste, règne ou domination dans le monde spirituel (Éphésiens 1.21; Colossiens 1.16) et certains d'entre eux, insatisfaits de leur place et désireux d'une position différente furent punis pour leur orgueil.

Les détails de cette rébellion nous sont inconnus ; nous n'en savons que l'occurrence et les résultats. Certains pensent que leur « péché » est relié aux anges qui auraient pris des femmes parmi les humains dont on lit la référence en Genèse 6.

Lorsque les hommes eurent commencé à se multiplier sur la face de la terre, et que des filles leur furent nées, 2 les fils de Dieu virent que les filles des hommes étaient belles, et ils en prirent pour femmes parmi toutes celles qu'ils choisirent. 3 Alors l'Éternel dit : Mon esprit ne restera pas à toujours dans l'homme, car l'homme n'est que chair, et ses jours seront de cent vingt ans. 4 Les géants étaient sur la terre en ces temps-là, après que les fils de Dieu furent venus vers les filles des hommes, et qu'elles leur eurent donné des enfants : ce sont ces héros qui furent fameux dans l'antiquité. (Genèse 6.1-4)

Cette théorie suggère qu'ils auraient ainsi créé une race de « super-humains » qui accélérèrent le mal et la perversité et dont le résultat amena le déluge, un effort de Satan de détruire les humains et d'éviter la venue du Christ.

Les villes de Sodome et Gomorrhe

V. 7 – que Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se livrèrent comme eux à l'impudicité et à des vices contre nature, sont données en exemple, subissant la peine d'un feu éternel.

Les villes de Sodome et Gomorrhe furent aussi détruites cause de leur désobéissance à la loi de Dieu concernant la conduite sexuelle.

Le point de Jude ici est que la désobéissance au commandement de Dieu, le reniement du Sauveur de Dieu ou l'incrédulité à Sa Parole causera punition et destruction, peu importe de quel être il s'agit : quelqu'un de sauvé, comme les Israélites ; un être spirituel, comme un ange ; ou un peuple païen comme les citoyens de Sodome et Gomorrhe ; ou par extension, un chrétien qui renie le Christ.

Jude tourne maintenant son attention vers les faux docteurs et décrit leur manière d'opérer ainsi que les péchés qu'ils commettent dans leur effort de capturer les âmes.

V. 8-10 – 8 Malgré cela, ces hommes aussi, entraînés par leurs rêveries, souillent pareillement leur chair, méprisent l'autorité et injurient les gloires.9 Or, l'archange Michel, lorsqu'il contestait avec le diable et lui disputait le corps de Moïse, n'osa pas porter contre lui un jugement injurieux, mais il dit : Que le Seigneur te réprime!10 Eux, au contraire, ils parlent d'une manière injurieuse de ce qu'ils ignorent, et ils se corrompent dans ce qu'ils savent naturellement comme les brutes.

Ce qu'ils enseignent n'a aucune autorité (contrairement aux enseignements apostoliques ou l'inspiration divine). Leur œuvre n'est que le résultat de leur imagination, de leurs rêveries. Toutefois, les « rêves » ont pour résultats de :

  • Causer les hommes de souiller leur chair (conduite immorale) ;
  • Rejeter l'autorité du Christ et de Sa Parole sur eux-mêmes.
  • Ils injurient les êtres angéliques qui sont plus élevés qu'eux avec leur attitude et leurs enseignements (peut-être même des enseignements incorrects à leur sujet).

Jude cite un exemple inspiré de ce que les anges sont vraiment et de leur manière d'agir quant au respect envers le Christ. Dans une situation où l'archange Michel aurait eu raison de prononcer un jugement sur Satan, il s'en est abstenu, remettant au Christ le jugement.

Ces hommes, ces docteurs, n'ont toutefois pas la même restreinte ni le même respect pour le Seigneur. Ils ne suivent pas la raison ou la révélation mais plutôt leurs sentiments (leur instinct) et finiront comme des animaux inconscients d'être préparés pour le jour du carnage. Dieu permet leur désobéissance et rébellion, et leur punition sera justifiée.

V. 11 – Malheur à eux ! car ils ont suivi la voie de Caïn, ils se sont jetés pour un salaire dans l'égarement de Balaam, ils se sont perdus par la révolte de Coré.

Jude nomme d'autres personnages connus qui, comme les faux docteurs, ont fait face à la condamnation et à la punition pour avoir suivi l'immoralité. Par exemple, Caïn fut rejeté pour son péché ; Balaam était un faux prophète qui mena les Israélites à l'idolâtrie et qui fut plus tard tué pour sa tricherie ; les fils de Coré se rebellèrent contre l'autorité de Moïse et furent engloutis par la terre (Nombres 16.1). Ces faux docteurs seront tous détruits comme leurs prédécesseurs.

V. 12-13 - 12 Ce sont des écueils dans vos agapes, faisant impudemment bonne chère, se repaissant eux-mêmes. Ce sont des nuées sans eau, poussées par les vents ; des arbres d'automne sans fruits, deux fois morts, déracinés ; 13 des vagues furieuses de la mer, rejetant l'écume de leurs impuretés ; des astres errants, auxquels l'obscurité des ténèbres est réservée pour l'éternité.

Jude les réprimande pour leurs péchés et, en fait, il démontre leur nature méprisable :

  1. Des écueils qui mettent en péril, des pièges dans la vie de l'Église.
  2. Des nuages qui ne contiennent pas d'eau, qui promettent sans succès.
  3. Des arbres sans fruits, nécessitant des soins mais n'offrant rien en retour.
  4. Des vagues bruyantes mais dont l'écume est honteuse.
  5. Des étoiles errantes et inutiles qui seront perdues dans les ténèbres.

Jude attaque fortement la valeur et le caractère de ceux qui préconisent ces faux-enseignements et le style de vie immoral et infidèle qu'ils cultivent.

V. 14-15 - 14 C'est aussi pour eux qu'Énoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades, 15 pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d'impiété qu'ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu'ont proférées contre lui des pécheurs impies.

Il utilise ensuite une source peu commune de prophétie contre de telles gens et leur punition. Jusqu'ici il a fait référence à l'Ancien Testament et à l'épître de Pierre, il cite maintenant le livre d'Énoch pour montrer comment Dieu traitera de tels faux enseignants.

N.B. Le livre d'Énoch :

Énoch était de la 7e génération après Adam et comme Genèse 5.21-27 le dit, il était un prophète de Dieu pour sa génération ; il était le père de Métuschélah et il ne vit pas la mort mais fut pris par Dieu.

Les prophéties d'Énoch furent transmises oralement puis écrites, de telle sorte que les Juifs du 1er siècle leur avaient accès de quelque manière. Bien que les paroles d'Énoch ou son livre n'aient pas été suffisamment accessibles ou complètes pour être incluses dans le canon de l'Ancien Testament, il semble que Jude, comme auteur inspiré, utilisa une portion de ces anciennes prophéties, où Énoch parla de la fin des temps quand Dieu jugera tous les méchants, et l'applique à ces hommes en particulier.

Nous ne savons pas pourquoi il utilisa les paroles d'Énoch. Toutefois nous savons que ces paroles convenaient pour l'occasion. (Peut-être pour montrer que cette sorte d'hommes existait et était reconnue même dans l'Antiquité et que leur destin était déjà prédit.)

V. 16 - 16 Ce sont des gens qui murmurent, qui se plaignent de leur sort, qui marchent selon leurs convoitises, qui ont à la bouche des paroles hautaines, qui admirent les personnes par motif d'intérêt.

Le verset 16 sert de pont entre ces commentaires et la section finale de la lettre où Jude s'addresse aux fidèles et les encourage. Dans ce verset il décrit le caractère et le style de ces hommes et poursuivra en les encourageant à ne pas imiter leurs actions.