Assis sur la Rondelle
Je détestais les Toronto Maple Leafs. Dans les années cinquante et soixante, ils étaient les grands rivaux des Canadiens de Montréal lorsque le hockey au Canada ne comptait que six équipes. Mon antipathie envers les Leafs venait moins d'un préjugé local que de leur style de jeu. Vous voyez, Toronto était réputé pour « s'asseoir sur la rondelle ». Dans le langage du hockey de l'époque, ce terme décrivait une équipe qui passait immédiatement en mode défensif après avoir marqué un but.
Contrairement à mes bien-aimés Canadiens, qui déclenchaient l'attaque du début à la fin (qu'ils aient une avance d'un ou de dix buts), les malheureux Leafs essayaient toujours de jouer prudemment dès qu'ils prenaient l'avantage. Inutile de dire que cette stratégie rendait le hockey ennuyeux et, souvent, se retournait contre eux lorsqu'ils perdaient leur mince avance dans les dernières minutes du jeu.
Je ne regarde plus le hockey, mais j'ai gardé mon dégoût pour la mentalité du « rester sur la rondelle ». Rien de grand ne fut jamais accompli avec cette stratégie et rien de grand ne fut jamais soutenu non plus avec elle. Toronto a appris cette leçon à la dure en voyant les Canadiens accumuler 5 victoires consécutives à la Coupe Stanley, un record qui tient encore aujourd'hui.
Je partage mes souvenirs de hockey avec vous pour la raison suivante : les congrégations ne réussissent pas à faire de grandes choses en « restant sur la rondelle ». Elles se lancent dans la foi, osant accomplir des choses qui les dépassent et ce, par la foi. Souvenons-nous donc que la vie chrétienne ressemble beaucoup au hockey... on ne gagne pas les matchs en jouant toujours la sécurité.


