Une courte histoire de l'église du Christ au Québec

par Michel Mazzalongo   •   17 min

Mac Lynn, l'éditeur de la plus récente édition de l'annuaire des églises du Christ à travers le monde (Churches of Christ Around the World), écrit « la cible d'évangélisation devrait être le Québec. » Cette opinion est accentuée par le fait qu'en documentant l'histoire de l'église au Canada, il ne mentionne pas même le travail fait au Québec. Le lecteur de cet annuaire conclura peut-être qu'aucune congrégation n'y existe, ce qui n'est pas le cas. Bien que petite, l'église a été présente au Québec depuis la fin des années 1800. Voici une courte histoire des gens qui se sont efforcés d'amener le christianisme du Nouveau Testament au Québec et de leurs efforts à cette fin.

La première église du Christ

La toute première assemblée de chrétiens du Nouveau Testament au Québec fut établie à Montréal. Des 1893 le « Montreal Daily Witness » contenait dans son édition du 1er décembre l'annonce d'une réunion de chrétiens chez un certain frère Patterson en vue de former une assemblée. Au début du siècle suivant, le magazine « Christian » (Juin 1902) mentionnait : « W.R. McEwen (de West Gore en Nouvelle-Écosse) a reporté qu'un groupe de vingt et une personnes a commencé à se réunir pendant l'automne 1901 pour partager le repas du Seigneur et une école du dimanche a été formée avec trente-cinq membres. » « Le 10 février 1903, la congrégation votait à l'unanimité de s'organiser en église. » Le même jour, ils déclarèrent :

« Nous, sous-signés, croyants immergés en Christ le divin Fils de Dieu, étant désireux d'établir une église dans la ville de Montréal dont le but sera d'exalter le Christ au-dessus de tout parti et Sa parole au-dessus de tout credo humain, et d'édifier une église du Christ sans nom de dénomination ou autres barrières à l'union chrétienne, nous lions ici, prenant la parole de Dieu comme règle de foi et pratique complète et suffisante, la dite église à être connue comme l'église du Christ et les membres comme disciples du Christ ou par tout autre nom biblique selon lequel notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ est honoré. Nous demandons la bénédiction de Dieu sur ce travail que nous entreprenons maintenant en Son nom. »

En 1906, Dr Philip Pratley, un ingénieur de Liverpool en Angleterre, arrive à Montréal pour travailler à la compagnie Dominion Bridge. Il bâtit plus tard le fameux pont Jacques Cartier (1930) et son fils Hugh, lui aussi ingénieur et membre de l'église, bâtit éventuellement le pont Champlain, l'autre pont principal vers la rive sud de Montréal.

Dr Pratley était membre de l'église en Angleterre et à son arrivée à Montréal rechercha l'église locale.

En 1907, il y eut une division dans l'église à cause d'un désaccord quant à la location d'un nouveau leu de rencontre. Par conséquent, au printemps 1908 Dr Pratley pris la responsabilité de l'enseignement et de la prédication pour l'un des groupes qui se réunit dans l'Est de Montréal et prospéra jusqu'au début

Philip Pratley de la première grande guerre mondiale.

Hugh Pratley se rappelle qu'on lui a dit que la première guerre mondiale (1914-1918) avait dévasté leur assemblée alors que la plupart des membres étaient retourné en Angleterre ou aux États-Unis pour n'en pas revenir et qu'il n'était resté qu'environ dix pourcent de l'église originale. Cela n'arrête toutefois pas le groupe. En 1927, Pratley et d'autres avaient encore déménagé, cette fois au Hall de la légion (Vétérans de la 1ère guerre mondiale) sur l'avenue de Verdun (sud-central de Montréal) dans un effort de rebâtir l'église. Ils ont bientôt une congrégation d'une trentaine de membres avec une centaine d'enfants de ce quartier de classe ouvrière (Verdun) en assistance à leur école du dimanche. Ils continuèrent à se réunir ici jusqu'à ce que l'église soit dispersée en 1959. Légion, Verdun

Hugh Pratley décrit ainsi le développement de l'église :

« Ma mère naquit dans les Midlands mais la famille déménagea peu après à Dorset sur la côte sud puis émigra au Canada en 1906 alors qu'elle n'avait que 16 ans. Son père était actif dans l'église du Christ en Angleterre et trouva rapidement la congrégation à Montréal dont il devint bientôt membre puis ancien.
« Mon père était né dans le Nord de l'Angleterre où son père était déjà actif dans l'église locale, y prêchant même de temps en tramps. Mon père vint au Canada presque un an avant ma mère et était déjà actif dans l'église de Montréal. C'est là qu'ils se rencontrèrent.
« La congrégation était surtout formée de membres d'origine anglaise. Ils avaient apporté avec eux le nom 'église du Christ' et c'est le nom que cette assemblée utilisa jusqu'en 1959. En règle générale, le piano servait pendant l'école du dimanche mais pas pendant l'adoration, non pas par conviction mais surtout afin que les nombreux visiteurs estivaux puissent adorer confortablement, qu'ils soient de l'église du Christ ou des églises chrétiennes aux États-Unis ou au Canada. J'ai encore en ma possession l'enseigne qui était accrochée au mur du hall de la légion où on lit 'L'église du Christ se réunit ici à chaque Jour du Seigneur.'

Pendant ce temps et presque jusqu'à sa mort en 1958, Philip Pratley fît le plus gros de la prédication, suivi de son fils Hugh. Parmi ceux qui assistaient alors se trouvaient Philip Goatcher et sa famille, la famille McKerlie, Hilda Robinson, la famille Simpson et Jack Thompson (qui prêchait parfois). Ces quelques fidèles établirent et maintinrent la première église de la restauration dans le bastion catholique qu'était alors le Québec.

Le premier missionnaire américain

Il est intéressant de noter que la première église du Christ « officielle » de la Province fut incorporée le 25 mai 1957 comme congrégation anglophone.

En 1954, Dr Charles Branch et sa famille s'installent à Montréal en provenance du Tennessee, afin qu'il complète sa résidence en chirurgie neurologique sous le Dr Wilder Penfield au prestigieux Institut neurologique de Montréal. Il se joint au petit groupe qui se réunit à Verdun avec la famille Pratley.

À l'automne 1956, les missionnaires américains Alvin et Ellen Jennings arrivent d'un effort missionnaire dans la province de Saskatchewan avec l'intention d'établir une congrégation à Montréal, la plus grande ville du Québec. Ils se réunissent brièvement avec le groupe à Verdun puis décident de former une nouvelle congrégation portant le nom d'église du Christ à Montréal.

Le 23 septembre 1956, ils se réunissent pour la première fois dans une salle louée dans l'immeuble du YMCA situé au 5550 Avenue du Parc. Seize personnes sont présentes et ramassent comme première offrande la somme princière de 42,14$. Charles Branch, Roger Olson et Alvin Jennings signent la première charte accordée à l'église au printemps de l'année suivante.

À l'automne 1957, la jeune église lance le plan audacieux de prêcher publiquement au Carré Dominion, en plein centre-ville de Montréal. Pour l'occasion, on place des annonces dans le journal local, on distribue des dépliants et affiche des bannières. Plusieurs prédicateurs y participent parmi lesquels Jennings lui-même, Jimmy Jividen du Texas, Winston Atkinson aussi du Texas, Roy Merritt et Bethel Bailey qui sont canadiens et aussi les frères américains Floyd Davis et Farrell Till qui parlent français.

Jimmy Jividen, Dominion Square, 1957

Jimmy Jividen, Carré Dominion, 1957

La foule monte jusqu'à 300 alors que beaucoup de passants s'arrêtent pour observer. Il en résulte plusieurs conversions dont les familles Baddeley et Soderkvist. La jeune église grandit bientôt de quelques familles de plus (Hicks, Weber, Paterson) et reçoit aussi la prédication d'autres ministres dont Stephen Bilak.

En 1958 l'église acquiert sa première propriété au 103 boulevard Graham à Ville Mont-Royal au coût de 16,000$ dans l'espoir de la transformer en lieu de réunion mais la Ville en refuse le permis. En 1959 l'assistance régulière est de trente-cinq personnes et la collecte hebdomadaire est en moyenne de 70$.

La fin des années '50 voit des changements importants pour les églises à Montréal alors que la vieille congrégation de Verdun ferme définitivement ses portes et que la famille Jennings quitte Montréal pour un nouveau ministère à Burlington au Vermont. La décade suivante sera toutefois une des périodes les plus productives dans l'histoire de l'église au Québec.

Les années '60 amènent deux autres ministres à Montréal. Jerry Davidson et Maurice Hall continuent la prédication « dans le parc » commencée par Alvin Jennings et convertissent éventuellement la famille Kolesnikow dont le patriarche, Ivan, deviendra par la suite un des premiers prédicateurs russes à radiodiffuser l'évangile derrière le 'rideau de fer' par ondes courtes. Il enregistre ses leçons et sermons dans son studio de Montréal et les expédie aux États-Unis d'où ils seront diffusés à travers la Russie.

Pendant ce temps, la maison sur le boulevard Graham est revendue et une propriété achetée dans Lachine, portion de Montréal à prédominance anglophone. Plusieurs autres commencent leur travail à Lachine pendant ce temps dont S.F. Timmerman et Owen Aikins. En 1964 on démolit la vieille maison de ferme sise sur L'église du Christ à Lachine la propriété à Lachine et entreprend puis complète la construction d'un nouveau lieu de réunion en 1965 à travers les efforts de levée de fonds du Dr Charles Branch. L'église du Christ à Lachine allait devenir le centre d'évangélisation de Montréal pour les 30 années suivantes et aussi le point de départ du nouvel effort missionnaire francophone.

Évangélisation francophone au Québec

Jusqu'à 1965 le travail à Montréal fut effectué surtout en anglais. La mission francophone prend toutefois de l'élan avec l'arrivée du missionnaire américain S.F. Timmerman et de son épouse Maxine qui avaient préalablement travaillé en Belgique.

Après quelques campagnes et efforts en français, les Davidson et Timmerman joignent forces et établissent une congrégation francophone dans la bâtisse de l'église de Lachine. La nouvelle congrégation reçoit sa charte officielle par la Province le 11 novembre 1966, celle-ci est signée par Timmerman, Davidson et Ray Fillion.

Un ancien lieu de réunion de l'armée du salut est acheté en 1969 et bientôt deux congrégations de l'église se réunissent à Lachine, une anglophone avec Ray Miller qui vint remplacer Jerry Davidson, et une francophone où Timmerman et Davidson travaillent ensemble. Les deux congrégations servent côte à côte avec une succession de travailleurs. À la congrégation anglophone, frère Miller est suivi par Harold Mobley (1971 à 1973) qui sera à son tour remplacé par Norris Shelton (de 1973 à 1975) puis par James Meador de 1975 à 1979. Jerry Davidson laisse le travail francophone en 1972 et est remplacé par Donald Taylor qui lui aussi a travaillé en Belgique avant de venir au Canada.

Il y eut pendant cette période un effort d'expansion du travail anglophone hors de la partie à prédominance anglophone de l'Ouest de l'île de Montréal. Dennis Dilley commence avec un certain succès un travail à Pierrefonds en 1972, baptisant quelques personnes mais le travail s'efface et il s,en va en 1973.

Pendant ce temps un nouvel effort francophone est établi dans la ville de Québec, la capitale provinciale, par Owen Aikins qui avait auparavant passé une courte période de temps à Montréal. En 1966 une bâtisse est érigée à Ste-Foy en banlieue de Québec. En 1970 Ken page et Jerrell Rowden se joignent à Aikins dans le travail puis Rowden y demeure seul et continue le ministère d'imprimerie déjà établi à Ste-Foy. La congrégation devient un centre important pour la production de matériel imprimé en français distribué à travers le monde francophone, et contribue à la formation de prédicateurs locaux (Jean Grenier, Yvon Beaudoin) qui établiront et serviront plus tard des congrégations dans d'autres régions du Québec.

De retour à Montréal, la congrégation francophone qui se réunissait dans l'ancienne bâtisse de l'Armée du salut à Lachine vend cette propriété en 1976 et emménage dans des locaux loués sur la rue Ste-Catherine au cœur du centre-ville. Pendant cette période, un autre missionnaire américain ayant auparavant servi dans l'ouest de l'Afrique, Bill Bonner et sa femme Leslie, se joignent aux Timmerman. Les Bonner travailleront éventuellement avec différentes congrégations francophones à Montréal.

Évangélisation multiculturelle

Montréal étant tellement multiculturelle, il y eut des efforts d'évangéliser d'autres groupes en plus des populations francophones et anglophones. En 1971, Ivan Kolesnikow, le prédicateur russe, joint ses efforts à un dissident polonais nouveau-venu, Henry Ciszek, qui avait été emprisonné en Pologne pour sa foi. Ensemble ils établissent une petite congrégation russe qui se réunit surtout dans des maisons privées. Pendant ce temps, Harold Mobley, qui avait travaillé à Lachine après avoir passé du temps en Italie, commence un effort en italien dans la partie nord de Montréal. Un prédicateur italien, Silvio Caddeo, et sa femme Luciana sont amenés d'Italie pour diriger cet effort en 1973 et une propriété est louée pour cette assemblée.

En 1976 un prédicateur baptiste chinois nommé Samuel Ma est converti et commence à travailler parmi la communauté chinoise dans le district du Chinatown de Montréal. John Chan se joint à lui puis prend charge de cet effort, assisté plus tard par David Hung.

20 ans après l'arrivée de la famille Jennings, il y a maintenant six congrégations qu Québec : Lachine (anglophone), centre-ville (francophone), Rue Charland (italienne), Montréal (russe), Montréal-Chinatown(chinoise), Ste-Foy (francophone). Les années qui suivent montreront encore de la croissance et ces efforts seront dirigés par une nouvelle génération de prédicateurs natifs du Québec.

Prédicateurs québécois

Le 4 novembre 1979, la congrégation de Lachine ordonne Michel Mazzalongo dans le ministère par l'imposition des mains. Michel et son épouse deviennent le premier couple né et converti qu Québec à y travailler à plein temps avec une église du Christ. Mazzalongo prêchera pour l'église à Lachine jusqu'en 1982 quand il partira poursuivre des études à l'université d'Oklahoma Christian (alors Collège), à Oklahoma City.

En son absence, le travail à Lachine continue avec Jerry et Kathy Cox, missionnaires américains, qui étaient d'abord venus à Montréal pour assister S.F. Timmerman à la congrégation de la rue Ste-Catherine.

Le 14 février 1982, cette congrégation du centre-ville vota de se fusionner avec la congrégation dirigée par Silvio Caddeo, rue Charland, dans le nord de Montréal. L'église de la rue Charland avait commencé comme une mission italienne mais se transforme graduellement en une congrégation francophone. La motion d'unir les 2 groupes est supportée à 18 contre 1. Il est noté dans les minutes de la réunion :

« La congrégation du centre-ville accepte d'acheter la bâtisse au 2510 rue Charland pour la somme de 40,000$. Ce prix ainsi que l'offrande des deux assemblées aidera les congrégations à devenir viables financièrement. » …Bill Bonner, secrétaire (Minutes de la réunion, 2ème église du Christ, district de Montréal.)

Peu après que la fusion des deux congrégations soit complétée, S.F. et Maxine Timmerman quittent Montréal pour un travail en Ontario après 17 ans de ministère au Québec. Silvio Caddeo continue alors le travail avec l'église rue Charland avec Bill Bonner. Cette congrégation sera la Congrégation Rue Charland première au Québec à nommer des anciens. Après 30 années de travail missionnaire, Silvio Caddeo se retire du travail local pour écrire et se dévouer aux voyages missionnaires en Ukraine et en Europe. En 2003 il est remplacé à Charland par Frédérick Féruzi, un prédicateur africain entraîné en Suisse pour le travail francophone.

Un autre élément de la mission à Montréal-Nord a été et demeure le ministère de Luciana Soave-Caddeo, l'épouse de Silvio, avec les immigrants handicapés, travail pour lequel elle a reçu plusieurs mentions dont le trophée Life-style du Canada.

En 1984 les Mazzalongo reviennent à Montréal et commencent une congrégation francophone dans la bâtisse à Lachine, tout comme frère Timmerman avait fait plusieurs années plus tôt. Bill et Leslie Bonner quittent bientôt la rue Charland et viennent aider cet effort. Cette petite congrégation produira un programme intitulé 'Télé-Bible' qui sera télédiffusé à travers la Province.

C'est alors un temps de grande coopération entre les congrégations à Montréal; celles-ci travaillent ensemble pour des colloques, retraites et efforts d'évangélisation. Le 2 décembre 1985, la congrégation francophone de Lachine reçoit son statut du gouvernement provincial puis en février 1987, ayant grandit au-delà des locaux qu'ils louaient à Lachine, les frères francophones emménagent dans le nouveau lieu de réunion qu'ils ont acquis à Verdun, à trois coins de rue de la Légion où l'église se réunissait à ses débuts de 1927 à 1957.

Tout comme la congrégation à Lachine avait été un centre pour les efforts anglophones et l'entraînement de missionnaires (Michael Toby, Christopher Blackwell, Andy Bacic), l'église à Verdun commença à cultiver des frères francophones pour le ministère. Plusieurs prédicateurs francophones commencèrent ou furent en partie entraînés à Verdun, dont Roger Saumur (Verdun), Sylvain Arseneault (Laval), Luc Fortin (Sherbrooke), Jean Grenier (Jonquière), Albert Charrette (Sherbrooke) et Paul Gauthier (Longueuil). Les années '70 et '80 furent une période fructueuse pour la croissance de l'église au Québec et pour le développement de prédicateurs natifs du Québec qui aidèrent à établir plusieurs congrégations en dehors de la métropole en apportant l'évangile à des régions plus rurales. La décennie suivante en sera toutefois une de défi et de changements.

Les années '90

Le 10 avril 1994, des vandales mettent le feu à l'édifice de Verdun. À part les murs de brique extérieurs, la structure de trois étages est entièrement consumée. Cet événement semble refléter les nombreuses luttes auxquelles l'église fait alors face à travers la Province.


Incendie, église de Verdun, 10 avril 1994

Les années '90 marquent une perte radicale de travailleurs alors que les missionnaires Cox, Bonner et Rowden (à Québec) partent pour d'autres lieux. Yvon Beaudoin, un autre natif, remplace Jerrell Rowden pour la prédication à Ste-Foy ainsi qu'à d'autres petites congrégations de cette région. Mazzalongo part aussi du Québec pour l'Ontario en 1989 pour prêcher à St.Catharines puis ira ensuite servir à l'université d'Oklahoma Christian en tant que doyen. Il demeurera aux États-Unis jusqu'en 2003 alors que le départ de Christopher Blackwell, évangéliste anglais, le rappelle à Verdun.

Pendant ce temps, il y a de nouveaux travailleurs à Lachine ainsi qu'un effort d'établir officiellement une congrégation de l'église internationale (ICOC) à Montréal. Le mouvement de Boston y avait été actif depuis 1985 sous les efforts de Darrell Johnson et de Glen Dupont mais leur première congrégation permanente est plantée par Toronto en 1992 avec pour évangéliste Kelly Petrie, suivi par Dominique DeMougin en 1994, Michael Luzine en 1997 et Danny Brisebois en 2001. L'église internationale compte environ 125 membres de prédominance francophone et se réunit jusqu'à maintenant dans les locaux loués.

Entre-temps, la congrégation anglophone de Lachine, qui avait été la base d'efforts d'évangélisation à travers Montréal, subit des changements radicaux. Plusieurs ministres s'y succèdent (Ike Étienne de 1989 à 1990; Ralph Wharton de 1990 à 1992; Ron Brown de 1992 à 1999; James Bell de 2000 à 2002; Leonard Amanatey de 2003 jusqu'à maintenant) et pendant ce temps l'assemblée vend sa bâtisse ainsi que la maison du prédicateur pour essayer d'établir une congrégation multilingue au cœur de Montréal. Cet effort fait échec et après quelques déménagements, la majorité des membres de retrouvent dans l'ancienne bâtisse de l'Armée du salut que S.F. Timmerman avait utilisée pour son travail francophone à Lachine, et quelques-uns tentent d'établir de nouvelles congrégations, dont l'église hispanique.

C'est aussi à cette époque (1996) qu'un autre prédicateur natif du Québec, Sylvain Arseneault, converti et enseigné à Verdun, revient à Montréal après ses études à IBC (International Bible College) en Alabama (maintenant 'Heritage'). Il commence aussitôt une congrégation chez-lui sur la rive nord de Montréal, à Laval. Le groupe y fera plus tard l'acquisition d'un lieu de rencontre où il se réunira jusqu'en 2005 alors que le déclin de son nombre et les dettes accrues le forcera à s'en défaire et à retourner aux réunions dans leurs foyers ou lieux loués.

Au sud-central de Montréal, la congrégation de Verdun reconstruit sa bâtisse sous les efforts héroïques de Roger Saumur qui y avait été converti et entraîné et qui avait pris la relève après le départ des Mazzalongo. La reconstruction est complétée et quatorze mois après l'incendie qui avait complètement détruit leur lieu de réunion, le 2 juin 1995, soizante-et-onze membres se réunissent et dédient leur nouvelle bâtisse au travail du Seigneur. En 1997 l'église de Verdun devient officiellement une congrégation bilingue alors que Christopher Blackwell, un prédicateur qui avait grandit à Lachine mais avait été entraîné au British Bible School en Angleterre, y commence un travail anglophone.

L'église au Québec en 2005

Le mouvement de restauration a fait du chemin depuis ses débuts avec quelques immigrants anglais qui se réunissaient pour 'briser le pain' dans leurs foyers à la fin du 19ème siècle. Aujourd'hui l'église est établie en plusieurs langues. Le travail est douloureusement lent, comme dans d'autres parties du Canada, mais il compte plusieurs congrégations qui croissent à Montréal et à travers la Province.

  • 1956 – Lachine (ouest de Montréal) Anglophone et Ashanti
  • 1966 – Ste-Foy (ville de Québec) Francophone
  • 1973 – Rue Charland (nord de Montréal) Francophone
  • 1982 – Plessisville (est de Québec) Francophone*
  • 1985 – Verdun (sud-central de Montréal) Bilingue (français et anglais)
  • 1991 – Sherbrooke (est du Québec) Francophone*
  • 1992 – Rosemont (est de Montréal) ICOC – Francophone
  • 1994 – Jonquière (nord du Québec) Francophone
  • 1996 – Laval (rive nord de Montréal) Francophone*
  • 1999 – Lévis (près de Québec) Francophone*
  • 2003 – Ahuntsic (centre-nord de Montréal) Espagnole
  • 2004 – Longueuil (rive sud de Montréal) Francophone*
  • 2004 – Baie-Comeau (Nord du Québec) Francophone*

*congrégations se réunissant dans des maisons.

À mesure que le travail grandit et se diversifie, puisse le mouvement de restauration établir de solides églises du Nouveau Testament sur la fondation établie par tous ceux qui ont tant sacrifié avant nous.

Mise à jour, juillet 2016

Roger Saumur, l'évangéliste pour l'Église du Christ à Ville-Émard, rapporte que pendant les onze années qui suivirent la publication originale de cet historique, la situation est demeurée statique à Montréal, qui est la plus grande ville au Québec. L'assemblée de Ville-Émard continue à se réunir dans la partie sud-centrale de la ville avec environ 60 personnes présentes.

Aucune nouvelle congrégation n'a été établie depuis 2005 et les congrégations existantes continuent avec bien peu de changements de personnel sinon le remplacement de missionnaires étrangers qui ont quitté. En autant que nous le savons, il n'y a pas de plans d'établir de nouvelles assemblées ni de nouvelles équipes missionnaires en préparation pour l'œuvre à Montréal. Roger remarque toutefois que l'incapacité des différents ministres et missionnaires à travailler ensemble pour une cause commune a entravé la croissance de l'Église dans cette métropole de 3.5 million d'âmes.

Au début des années 2000, quelques assemblées de l'Église sont établies dans le centre et dans l'est du Québec. Ces assemblées, qui se réuniront chacune dans des maisons, demeureront petites en nombres, soit de 2 à 10 membres tout au plus jusqu'en 2016. Voici la liste de ces assemblées : La Tuque, Montmorency , La Pocatière, Rimouski, Baie-Comeau et la Gaspésie. Celles-ci seront établies pour la plupart par Yvon Beaudoin et Jean Grenier.

En mai 2005, un changement important se produira pour l'assemblée de Jonquière où Jean Grenier sert : d'un commun accord elle déménagera dans la ville de Saint-Ambroise (région du Saguenay-Lac-Saint-Jean) et se réunira dans la maison de la famille Grenier puis, pendant l'été 2006, dans leur ancienne étable. En effet, les Grenier, de concours avec leurs supporteurs, font don de leur étable et d'une partie de leur terrain à l'assemblée de Jonquière en vue de les transformer en lieu de réunion, en Colonie de Vacances et en Centre de Formation de Leadership pour l'ensemble des assemblées du Québec.

Il faudra toutefois 10 ans pour terminer la partie principale du projet, le lieu de réunion (la chapelle), puisque les travaux seront faits en grande partie par Jean Grenier lui-même avec l'aide de l'assemblée de St-Ambroise et de plusieurs autres frères et sœurs du Québec et des États-Unis.

En 2016, les travaux pour la Colonie de Vacances et le Centre de Formation de leadership progressent mais ne sont pas encore terminés.


Bibliographie

  1. Butchard, Rueben. History of the Disciples of Christ in Canada Since 1830. Canadian Headquarters Publishers, 1949.
  2. Davidson, Jerry. "The Church in French Canada." Gospel Advocate (April 1964): 267.
  3. French World Missions 10 (October 1992) : 1, 3.
  4. The STAR, Vol. 6.10-12; 7.3-7; 8.4; 7-1957-1959.
  5. Star Bible Publications, A. Jennings, Fort Worth, TX.
  6. Arseneault., Sylvain. A Brief History of Mission in Quebec
  7. Lynn, Mac, Churches of Christ Around the World, 2003 Ed.
  8. Pratley, Hugh, Échanges, 2005 5 Thornhill, Montréal, QC H3Y 2E1