Chaos en Israël
Les Conséquences du Déclin Moral
Les chapitres 17 à 21 des Juges décrivent une période troublante dans l'histoire d'Israël, mettant en lumière le déclin moral et spirituel de la nation en l'absence d'un leadership fort. Ces chapitres s'éloignent des récits des juges individuels pour se concentrer sur deux épisodes inquiétants : l'idolâtrie de Michée et de la tribu de Dan (Juges 17-18), et la guerre civile horrible déclenchée par le crime brutal commis à Guibea (Juges 19-21).
Ces événements soulignent le chaos et l'anarchie qui régnèrent parce que « en ces jours-là, il n'y avait point de roi en Israël; chacun faisait ce qui lui semblait droit » (Juges 17.6; Juges 21.25). Les derniers chapitres des Juges dressent le portrait d'une nation en chute morale, montrant les conséquences de l'abandon de l'alliance de Dieu et la nécessité d'un leadership juste pour rétablir l'ordre et la justice.
I. L’idolâtrie de Michée et la corruption du culte – Juges 17.1-6
Dans Juges 17.1-5, nous sommes introduits à Michée, un homme de la région montagneuse d'Éphraïm, dont les actions démontrent le déclin moral et spirituel généralisé en Israël durant cette période. Ce passage reflète à quel point les Israélites s'étaient éloignés des commandements de Dieu, particulièrement en ce qui concerne le culte et la dévotion.
1. Le Vol et la Confession (Juges 17.1-2)
Le Vol de Michée
Le récit commence avec Michée volant 1 100 pièces d'argent à sa propre mère. Cet acte seul révèle une rupture dans les relations familiales et l'intégrité personnelle. Le fait qu'un fils vole sa mère montre la confusion morale de l'époque, où même les liens familiaux étaient méprisés.
La Malédiction et la Confession
Après que l'argent a été volé, la mère de Michée maudit le voleur, sans savoir que son propre fils en est le coupable. Craignant la malédiction, Michée avoue le vol. Sa confession semble être motivée davantage par la peur de la malédiction que par un véritable repentir ou une conviction morale.
2. La consécration mal orientée (Juges 17.3)
Dédicace de l’Argent au Seigneur
En réponse à la confession de Michée, sa mère déclare qu'elle consacrera une partie de l'argent retrouvé (200 pièces) au Seigneur. Cela semble, à première vue, un acte pieux, mais ses actions révèlent rapidement une méprise sur la véritable dévotion envers Dieu.
Création d'une idole
Au lieu d'utiliser l'argent pour quelque chose de saint ou conforme à la loi de Dieu, la mère de Michée l'emploie pour fabriquer une image taillée et une idole. Selon les commandements de Dieu, l'idolâtrie est strictement interdite (Exode 20.4-5). Sa décision de créer une idole met en lumière la confusion spirituelle répandue en Israël, où les gens mêlaient le vrai culte du Seigneur à des pratiques païennes.
3. Le sanctuaire de Michée et les dieux domestiques (Juges 17.4-5)
Le Sanctuaire
Michée prend l'idole et sculpte d'autres dieux domestiques (teraphim), établissant un sanctuaire privé dans sa maison. Cet acte viole la loi de Dieu, qui désignait le tabernacle comme le seul lieu légitime de culte (Deutéronome 12.5-14). Au lieu de suivre la forme de culte prescrite par Dieu, Michée crée sa propre version, mêlant des éléments de la tradition israélite à des pratiques païennes.
L’Éphod
Michée fabrique aussi un éphod, qui était un vêtement porté par le grand prêtre dans le cadre du culte (Exode 28). En créant son propre éphod et en le combinant avec son sanctuaire et ses idoles, Michée tente d'établir une forme de culte contrefaite, semblable à ce qui s'était produit plus tôt dans l'histoire d'Israël (par exemple, l'incident du veau d'or dans Exode 32).
Consécration de Son Fils
Comme une violation supplémentaire des commandements de Dieu, Michée consacre un de ses fils comme prêtre pour servir à son sanctuaire. Selon la loi, seuls les Lévites étaient autorisés à servir comme prêtres (Nombres 3.5-10), et tout culte devait avoir lieu au sanctuaire central. Michée, cependant, établit sa propre sacerdoce familiale, ignorant entièrement la loi de Dieu.
4. Violer les lois de Dieu concernant le culte
Idolâtrie
Les premier et deuxième commandements interdisent explicitement la création et l'adoration d'idoles (Exode 20.3-5). En érigeant une image taillée et d'autres dieux domestiques, Michée et sa famille ont non seulement violé ces commandements, mais ont aussi entraîné d'autres dans l'idolâtrie. Cela montre à quel point les pratiques païennes étaient profondément enracinées en Israël, même parmi ceux qui prétendaient adorer le Seigneur.
Rôle sacerdotal non autorisé
En consacrant son fils comme prêtre, Michée usurpe le rôle ordonné par Dieu du sacerdoce lévitique. Cela reflète en outre l'approche individualiste et « fais-le toi-même » du culte qui devenait courante en Israël, où les gens ignoraient les normes de Dieu et faisaient plutôt « ce qui était droit à leurs yeux » (Juges 17.6).
Sanctuaires privés
La loi de Dieu était claire : le culte devait être centralisé dans le tabernacle (plus tard le temple), où les sacrifices et les offrandes devaient être faits. La création par Michée d'un sanctuaire privé avec des dieux domestiques était une violation directe de Deutéronome 12.13-14, qui interdisait l'établissement de lieux de culte privés.
Signification spirituelle et morale des actions de Michée
Estomper les frontières entre l’adoration de Dieu et le paganisme
Michée et sa mère semblent croire qu'ils honorent le Seigneur par leurs actions. Cependant, leur mélange d'idolâtrie avec le culte de Yahweh montre à quel point Israël était tombé dans le syncrétisme, mêlant des éléments de la vraie foi à des pratiques païennes.
Cela a conduit à une confusion spirituelle généralisée et à une décadence morale, car les gens ne suivaient plus les instructions claires de Dieu.
Religion personnalisée
La création d'un sanctuaire privé et d'un sacerdoce personnel met en lumière l'approche individualiste du culte qui s'était développée en Israël.
Au lieu de respecter les lois de l'alliance qui unissaient la nation sous l'autorité de Dieu, Michée crée son propre système religieux, démontrant le manque de respect pour l'ordre établi par Dieu.
Un reflet du déclin national
Les actions de Michée sont un microcosme du déclin spirituel et moral plus large en Israël pendant la période des juges. L'expression « chacun faisait ce qui était droit à ses yeux » (Juges 17.6) résume le chaos et le désordre qui survenaient lorsque les commandements de Dieu étaient ignorés, et que les hommes cherchaient à établir leurs propres règles.
II. Le rôle du Lévite dans le culte idolâtre de Michée – Juges 17.7-13
Dans Juges 17.7-13, l'histoire de l'idolâtrie de Mica prend un tournant important lorsqu'un jeune Lévite de Bethléem en Juda arrive en Éphraïm et s'implique dans le sanctuaire domestique de Mica. Ce récit souligne davantage la confusion spirituelle et la désobéissance généralisée en Israël à l'époque des juges.
L'engagement de Michée du Lévite comme prêtre et sa croyance que cela apportera la faveur de Dieu démontrent sa profonde méprise sur le vrai culte et le rôle du sacerdoce lévitique.
1. L’arrivée du Lévite (Juges 17.7-9)
Un Lévite errant
Le Lévite, qui reste non nommé, vient de Bethléem en Juda. Bethléem n'était pas l'une des villes lévitiques désignées, donc sa présence là-bas et son errance suggèrent que ce Lévite, comme beaucoup d'autres durant cette période, ne remplissait pas le rôle traditionnel assigné à sa tribu.
Les Lévites étaient mis à part pour servir dans le sanctuaire et pour enseigner la loi de Dieu, mais dans la société désordonnée des Juges, ce jeune Lévite voyageait sans but, cherchant peut-être un emploi ou un lieu où s'établir.
Rencontre avec Michée
Le Lévite arrive à la maison de Micaë à Éphraïm, où Micaë l'invite à entrer et lui demande d'où il vient. En apprenant qu'il est Lévite, Micaë voit une occasion. Bien que Micaë ait déjà établi son fils comme prêtre (Juges 17.5), l'arrivée d'un Lévite offre à Micaë une opportunité de légitimer apparemment son sanctuaire privé.
2. La proposition de Michée et l’acceptation du Lévite (Juges 17.10-11)
L'Offrande de Michée
Michée offre au jeune Lévite un emploi comme son prêtre personnel, proposant un salaire annuel de dix pièces d'argent, des vêtements et de la nourriture. Cet arrangement transforme le Lévite d'un individu errant en un « prêtre » établi dans le sanctuaire domestique de Michée.
La disposition du Lévite
Le Lévite accepte l'offre de Mica et s'installe dans la maison de Mica. Le texte mentionne que le Lévite « se plut à demeurer chez cet homme » (Juges 17.11). Cela indique que le Lévite a privilégié la sécurité matérielle plutôt que son véritable rôle de serviteur de Dieu. Le fait que le Lévite, qui aurait dû connaître la loi, accepte de servir dans un sanctuaire idolâtre révèle la corruption qui s'était infiltrée même dans la prêtrise lévitique.
3. Le malentendu de Michée sur le culte (Juges 17.12-13)
Consacrer le Lévite
Michée consacre le Lévite comme son prêtre personnel. Cet acte brouille davantage les frontières entre le culte légitime et l'idolâtrie. Dans la loi de Moïse, les Lévites étaient désignés pour servir dans le tabernacle sous le grand prêtre, et leurs fonctions étaient explicitement liées à la forme de culte prescrite par Dieu.
Cependant, Michée prend sur lui de nommer un Lévite dans son sanctuaire personnel non autorisé, croyant que cela rend son culte valable aux yeux de Dieu.
La fausse confiance de Michée
Michée déclare, « Maintenant je sais que l'Éternel me fera du bien, car j'ai un Lévite pour sacrificateur » (Juges 17.13). Cette déclaration révèle la profonde méprise de Michée sur le vrai culte et sa croyance que le simple fait d'avoir un Lévite présent garantirait la bénédiction de Dieu.
Michée associe la présence du Lévite à la faveur divine, ne reconnaissant pas que tout son système de culte—centré autour des idoles et des pratiques non autorisées—était une violation des commandements de Dieu.
4. Mauvaise utilisation du sacerdoce lévitique
Corruption du Lévite
Les Lévites étaient mis à part par Dieu pour assister les prêtres et servir dans le tabernacle (Nombres 3.5-10). Leur fonction principale était d'aider à maintenir la pureté du culte en Israël, en veillant à ce que les sacrifices et les offrandes soient accomplis selon la loi.
Cependant, ce jeune Lévite, au lieu de maintenir son devoir sacré, compromet son appel en acceptant une position dans une maison idolâtre. Ses actions reflètent le déclin spirituel plus large en Israël, où même ceux à qui l'on a confié la direction du culte sont prêts à s'engager dans des pratiques infidèles.
La superstition de Michée
Le raisonnement de Michée reflète une méprise courante sur la religion – croire que posséder simplement des objets sacrés ou des personnes associées à Dieu garantirait la faveur divine. Son hypothèse selon laquelle engager un Lévite lui apporterait la prospérité réduit la foi à une forme de superstition, où les apparences extérieures comptent plus que la véritable obéissance à la Parole de Dieu.
5. Les implications plus larges de ce récit
L’individualisme dans le culte
Les actions de Michée reflètent l'état d'esprit dominant de l'époque, où chacun « faisait ce qui était droit à ses yeux » (Juges 17.6). Au lieu de suivre les formes appropriées de culte telles qu'énoncées dans la loi, Michée établit son propre système religieux, avec des idoles, un sanctuaire privé, et maintenant, un prêtre lévite.
Cet individualisme dans le culte est un rejet direct de l'alliance de Dieu avec Israël, qui exigeait l'unité dans le culte au sanctuaire central (le tabernacle).
Syncrétisme religieux
Le mélange de la tradition israélite (engager un Lévite) avec des pratiques païennes (idolâtrie) chez Michée démontre le syncrétisme qui a affligé Israël à l'époque des juges.
Plutôt que de rester fidèles à l'alliance avec Yahweh, le peuple d'Israël commença à mêler le vrai culte aux pratiques des nations païennes environnantes, diluant ainsi leur foi et conduisant à une confusion spirituelle.
Les Conséquences du Déclin Spirituel
La volonté du Lévite de participer au culte faux de Michée met en lumière la détérioration du sacerdoce lévitique. Les Lévites étaient censés être les gardiens de la loi de Dieu, mais les actions du jeune Lévite montrent que même ceux chargés d'enseigner et de maintenir la loi étaient tombés dans le compromis et la corruption.
III. La migration de la tribu de Dan et une nouvelle idolâtrie - Juges 18.1-31
Ce chapitre explique comment la tribu de Dan abandonne l'héritage que Dieu lui a donné et se tourne vers l'idolâtrie, et comment cela reflète la rupture de l'intégrité tribale en Israël.
Nous voyons aussi comment l'idolâtrie et le compromis moral au niveau familial conduisent à la corruption nationale.
Points clés
1. Dan cherche une nouvelle héritage (Juges 18.1-6)
La tribu de Dan, peinant à conquérir le pays qui leur est attribué, envoie des espions pour chercher un nouveau territoire. Ils arrivent à la maison de Michée et à son sanctuaire idolâtre, cherchant conseil auprès de son prêtre.
2. La conquête de Dan et le vol de l’idole de Michée (Juges 18.7-26)
Les Danites, impressionnés par la terre de Laish, décident de la conquérir. En chemin, ils volent les idoles de Michée et convainquent le Lévite de les rejoindre, corrompant cette fois le culte d'une tribu entière.
3. L’idolâtrie institutionnalisée (Juges 18.27-31)
Après avoir conquis Laish, les Danites installèrent l'idole de Michée dans leur nouvelle ville, établissant l'idolâtrie au niveau tribal, ce qui continua pendant de nombreuses générations.
Ils dressèrent pour eux l'image taillée; et Jonathan, fils de Guerschom, fils de Manassé, lui et ses fils, furent prêtres pour la tribu des Danites, jusqu'à l'époque de la captivité du pays.
- Juges 18.30
IV. Le crime à Guibea et l’appel à la guerre - Juges 19-20
Le récit dans Juges 19 est l'une des histoires les plus horribles et troublantes de la Bible, illustrant la profondeur de la décadence morale et spirituelle en Israël à l'époque des juges. Ce passage fait écho aux événements de Sodome et Gomorrhe, révélant l'étendue de l'anarchie et de l'effondrement moral en Israël. L'histoire tourne autour d'un Lévite, de sa concubine, et du crime choquant qui se déroule à Guibea, une ville de la tribu de Benjamin.
1. Le Lévite et sa concubine - Juges 19.1-9
Contexte du Lévite
Le Lévite, de la région montagneuse d'Éphraïm, avait pris une concubine de Bethléem en Juda. Une concubine était une épouse secondaire, souvent avec moins de droits qu'une épouse mais faisant néanmoins partie du foyer. La concubine avait quitté le Lévite et était retournée dans la maison de son père. Après quatre mois, le Lévite se rendit à Bethléem pour se réconcilier avec elle.
Hospitalité et Retard
Le Lévite arrive à Bethléhem, où le père de sa concubine l'accueille chaleureusement et le persuade de rester plusieurs jours. La coutume de l'hospitalité est un thème récurrent dans cette histoire, le père de la concubine puis un homme de Guibea offrant l'hospitalité, en contraste marqué avec le comportement des hommes de Guibea.
2. Arrivée à Guibea et l’échec de l’hospitalité - Juges 19.10-15
Voyage à Guibea
Après avoir quitté Bethléem, le Lévite et sa concubine se mirent en route pour chez eux, ayant l'intention de passer la nuit dans une ville voisine. Ils décidèrent de s'arrêter à Guibea, une ville de la tribu de Benjamin, plutôt que de rester à Jébus (Jérusalem), une ville encore contrôlée par les Jébuséens. Cette décision fut prise sous l'hypothèse que des compatriotes israélites offriraient l'hospitalité.
Manque d’hospitalité
Lorsqu'ils arrivent à Guibea, personne ne leur offre d'hospitalité au début, ce qui constitue une violation importante des coutumes anciennes. L'hospitalité était une pratique culturelle profondément enracinée, et le fait de ne pas l'accorder indiquait une rupture de la responsabilité morale.
3. Le crime à Guibea - Juges 19.16-26
L’hospitalité d’un vieil homme
Enfin, un vieil homme de la campagne, qui séjourne temporairement à Guibea, invite le Lévite et sa concubine à demeurer chez lui. Le vieil homme leur montre l'hospitalité qu'ils n'avaient pas reçue des autres habitants de la ville.
La méchanceté des hommes de Guibea
Durant la nuit, des hommes méchants de la ville entourent la maison et exigent que le vieil homme envoie le Lévite afin qu'ils puissent l'abuser sexuellement. Cela reflète l'histoire de Sodome dans Genèse 19, où les hommes de Sodome demandaient à abuser sexuellement des invités de Lot.
Offrir la concubine
Dans une réponse choquante et lâche, le Lévite et le vieil homme offrent la concubine à la foule pour protéger le Lévite. Les hommes de Guibea prennent la concubine, et elle est brutalement violée et maltraitée toute la nuit. Cet acte reflète la dépravation morale qui avait envahi Israël, où même les femmes, qui devaient être protégées, étaient traitées comme des objets jetables.
4. La réponse du Lévite - Juges 19.27-30
La Mort de la Concubine
Le matin, le Lévite trouve sa concubine effondrée à la porte de la maison, les mains sur le seuil. Elle meurt des suites de l'agression brutale.
Démembrer le Corps
Dans un acte qui choque la nation, le Lévite prend le corps de sa concubine, le coupe en douze morceaux, et envoie chaque morceau aux différentes tribus d'Israël. Cet acte grotesque a pour but d'attirer l'attention sur l'atrocité commise à Guibea et de rallier les tribus d'Israël à l'action.
5. L’indignation nationale - Juges 20.1-7
Le Cri d'Israël
Le message du Lévite suscite l'indignation dans tout Israël. Toute la nation est consternée par le crime et la mutilation de la concubine, reconnaissant qu'une telle atrocité n'avait jamais été vue depuis leur entrée dans la Terre promise. La nature horrible des actes du Lévite pousse les tribus d'Israël à se rassembler à Mispa pour décider comment répondre au crime.
Demande de justice
Le Lévite raconte les événements à l'assemblée d'Israël, détaillant l'abus de sa concubine et le manquement des hommes de Guibea à respecter les lois de l'hospitalité et de la décence. Les Israélites, horrifiés par le récit, se préparent à agir contre la tribu de Benjamin, qui refuse de livrer les hommes coupables.
L'Indignation et l'Appel à la Guerre - Juges 20.1-17
Les tribus d'Israël exigent justice des Bénjamites, mais la tribu de Benjamin refuse de livrer les hommes coupables, ce qui conduit à une guerre civile.
La guerre civile et la défaite de Benjamin - Juges 20.18-48
La guerre conduit à un effusion massive de sang, la tribu de Benjamin étant presque anéantie. Malgré des pertes initiales, le reste d'Israël finit par vaincre Benjamin.
V. Les suites de la guerre civile et la préservation de Benjamin – Juges 21.1-25
Dans ce chapitre, nous voyons les conséquences de la guerre civile, y compris la quasi-extinction de la tribu de Benjamin et les mesures prises pour préserver la tribu.
Points clés
1. Deuil pour Benjamin - Juges 21.1-7
Après la guerre, les Israélites pleurent la quasi-extinction de la tribu de Benjamin. Ils avaient juré de ne pas donner leurs filles en mariage aux Benjaminites, mais maintenant ils cherchent un moyen de préserver la tribu.
2. La préservation de Benjamin - Juges 21.8-24
Les Israélites trouvent un moyen de fournir des femmes aux Benjamites survivants en prenant quelques femmes de Jabès-Galaad et en permettant plus tard aux Benjamites de capturer d'autres femmes lors d'une fête à Silo afin de fournir des épouses à la tribu gravement réduite.
3. Réflexion finale sur l’illégalité - Juges 21.25
Le livre se conclut par une déclaration sobre : « En ces jours-là, il n'y avait point de roi en Israël; chacun faisait ce qui lui semblait droit. » Ce verset souligne la nature chaotique et sans loi d'Israël à cette époque.
Conclusion : Ces chapitres illustrent la profondeur de la décadence morale d'Israël en l'absence d'un leadership fort et d'un engagement envers la loi de Dieu. L'idolâtrie, l'injustice et les conflits tribaux sont tous issus d'un manquement à suivre les commandements de Dieu, démontrant la nécessité d'un leadership juste et les conséquences de faire ce qui est « droit aux yeux de chacun ».
Leçons
Voici trois leçons clés que le livre des Juges enseigne à la société, à l'Église et au chrétien individuel :
1. Leçon pour la société :
Les dangers du relativisme moral
Leçon : La phrase répétée dans le livre des Juges, « En ces jours-là, il n'y avait point de roi en Israël; chacun faisait ce qui lui semblait droit » (Juges 17.6, Juges 21.25), souligne les dangers du relativisme moral, où les individus ou les sociétés suivent leurs propres désirs plutôt que la loi de Dieu. Tout au long du livre, le déclin d'Israël dans le chaos, l'idolâtrie et la violence est directement lié à leur rejet de l'autorité de Dieu. Sans une norme commune de vérité, la société est tombée dans le désordre, l'injustice et l'anarchie.
Application : Pour la société moderne, c'est une leçon d'avertissement sur les conséquences de l'abandon des normes morales absolues. Lorsque des individus ou des sociétés fondent leurs valeurs uniquement sur des préférences personnelles ou des normes culturelles, cela conduit à la confusion morale, à la division et à la décadence sociale. Le respect de la loi morale de Dieu constitue le fondement de la justice, de l'ordre et de la paix dans la société.
2. Leçon pour l'Église :
Le besoin d'un leadership fidèle
Leçon : Le livre des Juges montre l'importance d'un leadership fort et craignant Dieu pour guider le peuple de Dieu. Pendant les périodes de leadership fort (par exemple, Gédéon, Débora), Israël connaît la délivrance et la paix, mais lorsqu'il n'y a pas de chef ou lorsque le peuple rejette l'autorité de Dieu, il tombe dans l'idolâtrie et l'oppression. Juges met en lumière le rôle des dirigeants fidèles pour ramener la communauté à Dieu et l'éloigner du compromis.
Application : Pour l'Église, cela enseigne l'importance d'un leadership fidèle et pieux qui cherche à suivre la Parole de Dieu et à diriger les gens vers le vrai culte et l'obéissance. Les Églises ont besoin de dirigeants capables de les guider à travers les défis spirituels, de les orienter vers Christ, et de les aider à éviter le compromis spirituel. Sans un tel leadership, les Églises peuvent facilement tomber dans la division, la confusion, et même l'enseignement erroné.
3. Leçon pour chaque chrétien :
Dieu est fidèle malgré la faiblesse humaine
Leçon : Le livre des Juges est un puissant rappel de la fidélité de Dieu, même lorsque son peuple est infidèle. Tout au long du livre, Israël tombe à plusieurs reprises dans le péché, se tournant vers des idoles et désobéissant aux commandements de Dieu. Malgré leurs échecs, Dieu suscite des libérateurs (juges) pour les sauver lorsqu'ils crient en repentance. Ce schéma de péché, de jugement, de repentance et de délivrance montre que la miséricorde et la grâce de Dieu sont plus grandes que la défaillance humaine.
Application : Pour le chrétien individuel, cela enseigne que peu importe combien de fois nous échouons ou tombons dans le péché, Dieu reste fidèle. Lorsque nous nous repentons et revenons à Lui, Il est toujours prêt à pardonner et à nous restaurer. Cela devrait encourager les croyants à s'appuyer sur la grâce et la miséricorde de Dieu, sachant que Sa fidélité perdure même dans nos faiblesses. En même temps, c'est un appel à poursuivre la sainteté et à éviter les cycles destructeurs du péché qui caractérisaient Israël pendant la période des juges.
Ces leçons soulignent la nécessité d'une intégrité morale, d'un leadership fidèle et de la confiance dans la miséricorde infaillible de Dieu. Elles servent de rappels intemporels pour la société, l'Église et les individus afin d'aligner leur vie sur la vérité de Dieu et de dépendre de Sa grâce pour la transformation et la direction.
Sources d'information
1. La Sainte Bible
- Texte principal : Les chapitres 17-21 du livre des Juges dans diverses traductions, telles que la Nouvelle Version Internationale (NIV), la Version Standard Anglaise (ESV) et la Nouvelle Bible Américaine Standard (NASB), fournissent le texte fondamental pour comprendre ces chapitres et leur signification.
2. Commentaires bibliques
- The Expositor's Bible Commentary: Juges et Ruth
- Référence : Gaebelein, Frank E., éd. The Expositor's Bible Commentary: Juges et Ruth. Zondervan, 1992.
- Juges : Une introduction et un commentaire par Barry G. Webb
- Référence : Webb, Barry G. Juges : Une introduction et un commentaire. IVP Academic, 2012.
- Juges : Un commentaire par Trent C. Butler
- Référence : Butler, Trent C. Juges : Un commentaire. Wipf & Stock Publishers, 2009.
3. Dictionnaires et encyclopédies bibliques
- The Anchor Yale Bible Dictionary
- Référence : Freedman, David Noel, éd. The Anchor Yale Bible Dictionary. Yale University Press, 1992.
- Eerdmans Dictionary of the Bible
- Référence : Freedman, David Noel, éd. Eerdmans Dictionary of the Bible. Eerdmans Publishing Co., 2000.
- The New Bible Dictionary
- Référence : Douglas, J.D., éd. The New Bible Dictionary. InterVarsity Press, 1996.
4. Études théologiques et historiques
- L’Ancien Testament : Une introduction historique et littéraire aux Écritures hébraïques par Michael D. Coogan
- Référence : Coogan, Michael D. L’Ancien Testament : Une introduction historique et littéraire aux Écritures hébraïques. Oxford University Press, 2017.
- La théologie du livre des Juges par Marc S. Smith
- Référence : Smith, Marc S. La théologie du livre des Juges. Cambridge University Press, 2010.
5. Études archéologiques et culturelles
- L’archéologie de l’Israël ancien sous la direction d’Amnon Ben-Tor
- Référence : Ben-Tor, Amnon, éd. L’archéologie de l’Israël ancien. Yale University Press, 1992.


