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L'ancien: qualifications spécifiques

Dans cette leçon, nous passons des caractéristiques générales aux qualifications spécifiques des anciens.
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Nous révisons les différents rôles qui comportent des responsabilités particulières dans l'Église. Les anciens exercent le leadership du Christ dans l'assemblée locale. Nous avons noté certaines caractéristiques générales des anciens à travers le Nouveau Testament :

  • Ils n'acceptent que la Bible comme Parole de Dieu.
  • Ils aiment l'Église.
  • Ils savent adorer publiquement aussi bien qu'en privé.
  • Ils travaillent bien avec d'autres.
  • Ils saisissent le concept de prendre des décisions.
  • Ils sont fiables.
  • Ils sont aptes à partager leurs sentiments avec la congrégation.

Ce sont là les qualités générales de la sorte d'hommes qui devraient être encouragés à servir en tant qu'anciens.

Examinons maintenant certaines des qualités plus spécifiques exigées pour ce rôle de leadership.

Qualifications spécifiques

Éternel et culturel

En discutant des particularités concernant les anciens, il est utile de faire la différence entre ce qui, dans la Bible, est culturel et ce qui est éternel. Certaines choses décrites dans la Bible appartenaient au domaine culturel : le vêtement, le langage, certaines coutumes comme le fait de laver les pieds d'un visiteur et le port du voile.

La Bible commente sur ces choses et on y voit les gens en faire l'expérience mais elles faisaient partie de leur culture et n'avaient pas à être perpétuées au-delà du contexte culturel.

Par exemple, le lavage des pieds était un signe d'hospitalité. C'était la coutume pour l'hôte de faire laver les pieds des visiteurs par un serviteur à leur arrivée. C'était nécessaire à l'époque parce que les routes étaient poussiéreuses et que les gens portaient des sandales. Aussi longtemps que cette coutume était nécessaire, elle était faite en signe de courtoisie et de service mutuel. Elle n'est plus nécessaire de nos jours ; maintenant nous prenons plutôt les manteaux de nos visiteurs ou offrons un breuvage. En signe de service nous pouvons offrir un repas pour quelqu'un qui est malade, etc.

Par contre, certaines choses sont éternelles. Elles peuvent avoir fait partie de la culture juive ou avoir été initiées à l'époque mais elles sont devenues par l'enseignement, le commandement et l'exemple des éléments perpétuels de la foi chrétienne.

Par exemple, le baptême était utilisé à la fois par les Juifs et les païens mais Jésus en a fait une partie nécessaire de la foi chrétienne (Matthieu 28.18-20 ; Actes 2.38)

Les rôles différents pour les hommes et les femmes dans l'église sont un autre exemple d'éléments de nature éternelle et ne sont pas sujets aux changements de coutumes ou de culture. Plusieurs font l'argument que le leadership masculin dans l'église et au foyer était une chose unique aux coutumes du premier siècle. Ils disent que ces modèles bibliques des femmes soumises à leurs maris et limitées dans leur rôle de leadership dans l'Église sont dépassés dans la culture actuelle. Mais la Bible enseigne que c'est là un modèle éternel établi dans la Genèse et renforcé dans le Nouveau Testament (1 Corinthiens 11.2 et suivants ; Éphésiens 5.22).

La Bible mentionne certaines choses qui étaient culturelles. Elle rend aussi d'autres choses permanentes par l'enseignement et l'exemple.

Par exemple, certains font l'argument que le leadership de l'église assigné exclusivement à des hommes était une chose culturelle et devrait être abolie aujourd'hui pour permettre à des femmes d'assumer les différents rôles de leadership.

La réponse bien sûr est que chaque commandement dans le Nouveau Testament, chaque exemple et chaque référence au leadership de l'église fait référence à des hommes.

  • Le mot « ancien » signifie un homme plus âgé.
  • Cette personne doit être un époux, un père.
  • Toutes les références qui ont comme sujet des anciens dans le Nouveau Testament décrivent des hommes.

S'il s'agissait seulement d'une chose culturelle, la Bible aurait laissé la porte ouverte au changement mais elle ne le fait pas!

Par exemple, c'était une coutume juive que les femmes n'avaient pas la liberté de choisir leur époux, mais le Nouveau Testament en n'offrant aucun commentaire à ce sujet permet à cette coutume de s'éteindre d'elle-même et accorde aux femmes cette liberté sans interférence religieuse. Paul commente à ce sujet en 1 Corinthiens 7 mais il ne commande pas de perpétuer cette coutume. Pour ce qui a trait aux anciens, toutefois, c'est différent.

Les instructions claires et spécifiques pour former le leadership dans l'Église s'adresse aux hommes et non pas aux femmes. Nous concluons par la nature spécifique de cet enseignement qu'il s'agissait là d'un domaine éternel et non culturel.

Rappelons-nous de la règle de base pour l'interprétation exacte de la Bible : parler, enseigner et insister là où la Bible le fait, et demeurer silencieux là où elle l'est. Quand il en vient aux anciens, la Bible parle, commande et explique selon ce qui suit.

Des qualifications spécifiques

Il y a deux endroits dans le Nouveau Testament où Paul parle spécifiquement au sujet des anciens et de leurs qualifications.

I Timothée 3.1-7

Paul donne des instructions à Timothée au sujet de l'Église en général et de la conduite des membres ; puis au troisième chapitre il liste certaines qualifications spécifiques concernant les leaders de l'Église.

1Cette parole est certaine : Si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire une œuvre excellente.

Le désir de servir en tant qu'ancien est une bonne chose et ne devrait pas être interprétée négativement par les autres. Il ne s'agit pas là d'un signe d'orgueil.

Il affirme aussi que c'est un rôle d'homme et que c'est une « charge ».

Paul dit que c'est là une « œuvre » excellente. Cela n'est pas un honneur accordé à un individu mais plutôt une charge, un travail, un ministère. C'est bon mais c'est essentiellement une tâche.

L'homme désire cette tâche. Il n'est pas recruté, convaincu ou poussé à le faire, il aspire à ce travail parce qu'il ena le désir.

2Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seul femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement. 3Il faut qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. 4Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et qu'il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté ; 5car si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Église de Dieu ? 6Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, de peur qu'enflé d'orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. 7Il faut aussi qu'il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l'opprobre et dans les pièges du diable.

Paul liste une variété de qualifications.

  • Irréprochable. Un caractère irrépréhensible sans aucune charge retenue contre lui.
  • Le mari d'une seule femme. C'est la seule référence à la conduite sexuelle. Paul dit deux choses au sujet de cet homme :
    • Il dit que cet homme n'a qu'une femme. Il n'est pas sexuellement immoral comme beaucoup de païens qui se convertissaient. Plusieurs avaient des relations sexuelles avec les prostituées du temple et les esclaves bien qu'ils soient mariés.
    • Il exclue les polygames. La polygamie culturelle existait aux débuts de l'église puis s'éteignit graduellement.
  • Sobre. Modéré, non extrémiste.
  • Réglé dans sa conduite. Prudent en paroles et en actions.
  • Respectable. Digne et ordonné.
  • Hospitalier. Qui aime non seulement sa maisonnée mais aussi les étrangers.
  • Pas adonné au vin. Pas quelqu'un qui aime les boissons fortes.
  • Pas pugnace. Non combattif, qui n'aime pas la lutte.
  • Indulgent et pacifique. Accommodant, sans polémique et aimant la paix.
  • Désintéressé. Qui n'a pas l'amour de l'argent, pas avaricieux ni matérialiste.
  • Qui dirige bien sa propre maison. Qui sait reconnaître les besoins de sa famille (émotionnels, physiques, spirituels) et la diriger.
  • Pas un nouveau converti mais un homme qui a de l'expérience dans l'église et dans la lutte contre le péché.
  • Qu'il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors. De bonne réputation et digne de représenter l'église.

Paul dit ici que ceux qui aspirent à la charge d'anciens doivent être irrépréhensibles. C'est là une référence au caractère et les versets suivants expliquent davantage les traits de caractère nécessaires. « Mari d'une seule femme » fait donc référence au caractère de l'homme en question et non seulement à son statut légal (c'est-à-dire marié une seule fois, veuf, veuf et remarié).

Tite 1.5-9

Paul répète certaines des mêmes idées en utilisant des mots différents et ajoute quelques qualifications supplémentaires dans sa lettre à Tite :

5Je t'ai laissé en Crète, afin que tu mettes en ordre ce qui reste à régler, et que, selon mes instructions, tu établisses des anciens dans chaque ville,

Tite établit les anciens locaux là où il n'y en a pas.

6s'il s'y trouve quelque homme irréprochable, mari d'une seule femme, ayant des enfants fidèles, qui ne soient ni accusés de débauche ni rebelles. 7Car il faut que l'évêque soit irréprochable, comme économe de Dieu ; qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête ; 8mais qu'il soit hospitalier, ami des gens de bien, modéré, juste, saint, tempérant, 9attaché à la vraie parole telle qu'elle a été enseignée, afin d'être capable d'exhorter selon la saine doctrine et de réfuter les contradicteurs.

Irréprochable et mari d'une seule femme, tout comme en I Timothée. Ayant des enfants qui croient et ne sont pas accusés de débauche ni rebelles, faisant référence aux enfants de cet homme. Il dit à Tite de ne pas choisir un homme dont les enfants ne croient pas ou qui vivent en païens ou en rébellion contre leur père.

Cela explique davantage le passage qui parlait de bien diriger sa propre maison. Si les enfants vivent comme des païens et sont rebelles sous la tutelle de leurs parents, le père n'est pas un bon candidat pour le rôle d'ancien.

Irréprochable, comme économe de Dieu. Fidèle dans les choses de l'église, qu'il ne soit ni arrogant, ni colère, ni adonné au vin, ni violent, ni porté à un gain déshonnête mais qu'il soit hospitalier. Ces caractéristiques sont les mêmes qu'en I Timothée.

  • Ami des gens de bien. Qui aime le bien.
  • Modéré, juste, saint, tempérant,
  • Dévoué. Attaché à la vraie parole, pieux, qui attache de l'importance aux choses spirituelles. Fidèle à la Parole de Dieu et capable de l'utiliser pour édifier et défendre l'église.

Plusieurs de ces qualifications découragent souvent les anciens existants et donne à ceux qui seraient des candidats possibles un sens d'insuffisance à assumer un rôle de leader du peuple de Dieu. Il faut se rappeler de certaines choses à leur sujet :

  1. Ces qualifications sont éternelles (ce qui signifie que dans chaque génération Dieu désire de telles personnes) mais elles ne sont pas impossibles. Ce sont là des qualités humaines que chacun possède à un certain degré. L'église a besoin d'hommes voient ces qualités en eux-mêmes et sont disposés à servir.
  2. Elles sont de nature très subjective. Excepté pour le fait que l'homme doit être marié et avoir des enfants croyants, ces qualifications ne sont pas des absolus. Comment mesurer le degré d'hospitalité, de modération ou de tempérance nécessaire pour un ancien ?

    Dieu sait que les candidats ne peuvent posséder toutes ces qualités parfaitement. Ils devraient toutefois les démontrer à un certain degré. Autrement dit, ces qualifications devraient être présentes au moins au point d'être reconnues par les autres comme des éléments positifs de leurs caractères. Un frère ne se sent peut-être pas assez « bon » ou assez « juste », mais si les autres dans l'église voient ces choses en lui, elles existent à un degré suffisant pour lui permettre de servir comme ancien. C'est pour cela que Dieu a décidé que l'ancien ne se choisit pas lui-même mais que les autres le choisissent.
  3. Ces qualifications fournissent un cadre pour la croissance. Il y a beaucoup d'autres adjectifs applicables à un chrétien qui ne sont pas mentionnés dans cette liste (zélé, bon, plein d'espoir, etc.) mais les choses mentionnées spécifiquement sont nécessaires et doivent être cultivées pour réussir dans la charge d'ancien et éviter certaines accusations auxquelles ils seront facilement sujets.

Les anciens ont besoin d'un patron pour leur croissance personnelle et le Seigneur le leur donne ici en I Timothée et Tite.